C’est dimanche et je n’y suis pour rien de Carole Fives

Tout, chez Carole Fives, m’interpelle. Son écriture à la fois cynique et drôle (dont nous avons déjà parlé ici), son goût pour l’art (n’hésitez pas à lire Camille Claudel, la vie jeune où Carole anime des personnages autour d’une sculpture). Dans C’est dimanche et je n’y suis pour rien, c’est par le titre et la photo de couverture que l’auteur m’a attirée : une femme, représentée de profil, le visage caché par un nuage de plumes, semble attendre que ce nuage s’éloigne de lui-même.

Cette femme pourrait bien être Léonore, la narratrice de ce roman. Elle ne pête pas la forme Léonore. Enseignante ayant abandonné sa passion de la peinture, elle n’arrive pas à construire une vie de couple, à être heureuse. Sa vie est restée bloquée sur un amour de jeunesse, José, jeune Portugais décédé alors qu’il n’avait pas vingt ans. Léonore porte en elle, depuis son adolescence, la mort de José. Elle décide d’aller au Portugal pour retrouver sa tombe.

Tu es resté l’amour de ma vie puisque tu es mort. Un mort ne quitte pas, ne trahit pas, sa patience est illimitée. Le mort est le compagnon idéal, jamais jaloux, jamais hargneux ou mal luné, le mort ne déçoit pas. Il se laisse tranquillement tailler son costume de héros…

Ce périple du côté de Porto, c’est aussi un moyen d’aborder la vie des immigrés portugais des années 70 à nos jours. L’arrivée en France, à l’époque dans des conditions misérables, les enfants qu’on laissait chez une tante au pays en attendant de devenir riche. Ces enfants qui arrivaient en France un peu perdus, dont les copains moquaient l’accent et qui ne savaient plus à quel sein se vouer. Celui de leur mère qu’ils n’avaient pas vue pendant des années ou celui de la tante qui les avait adoptés. Des enfants pas tout à fait français et plus vraiment portugais.

Comme beaucoup, j’ai de la famille d’origine portugaise. Parce que la France c’est aussi ça, ces mélanges qui font notre richesse. J’ai aimé sentir les odeurs de la vallée du Douro, revivre un peu, à travers ce roman, l’histoire du Portugal, sa révolution et voir évoluer les Portugais d’aujourd’hui. C’est surtout un roman qui nous parle de la mort, de « l’amort » et de l’amour. Je laisse Carole Fives vous en dire plus. Lisez-la.

Isa G., mars 2017

 

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