Lire en Poche ! Rencontre avec Michel Bussi

Lors de ce café littéraire avec Michel Bussi, les questions des participants tournaient autour de son métier de géographe et du processus d’écriture de ces romans policiers.

C’est particulièrement sur ses derniers romans que Michel Bussi a décidé d’intégrer, au sein de ses intrigues, des éléments de géographie et des thèmes qui lui tenaient à cœur. Cela demande plus de recherches historiques. Aujourd’hui, il s’autorise davantage à aborder des sujets plus sérieux comme il a pu le faire dans Les ombres du monde en parlant de géopolitique au Rwanda. Mais il a toujours aimé se documenter. Déjà dans son roman Nymphéas noirs, l’un de ses premiers romans (sorti en 2011), Michel Bussi s’intéressait à la protection du paysage, à l’urbanisme, et apportait des éléments biographiques sur Claude Monet.

Quelques secrets de fabrication ? Michel Bussi cherche d’abord l’intrigue puis il met en place ses personnages, réfléchit ensuite à un twist, et enfin il insère la partie historique et documentaire qui va permettre au lecteur d’apprendre des choses. Il est important pour lui que son histoire soit crédible et de doser les informations sur un lieu et ses coutumes afin d’avoir le bon équilibre. Le fait d’être géographe lui permet de trouver le juste milieu. Il aime, quand c’est possible, aller sur les lieux qui serviront à son intrigue afin de mettre en place une véritable mise en scène. La dernière étape dans son processus d’écriture concerne les descriptions. Les écrire tout en bloc lui permet d’avoir une vision globale de l’immersion, son but étant toujours de chercher un équilibre. Cela lui permet de ne pas faire trop court ou trop long, d’éviter les répétitions, d’anticiper ce que le lecteur peut imaginer. Cela demande beaucoup de précision.

Michel Bussi nous apprend qu’il écrit toujours de façon linéaire car il a besoin de se mettre dans la peau du lecteur qui va lire le roman. Son scénario est construit à l’avance. Il sait à quel moment les révélations vont tomber et à quel moment il va entraîner le lecteur dans un tourbillon d’intrigue. Lorsqu’il finit un roman, il aime que l’on connaisse le destin des personnages afin de pouvoir passer à une autre histoire.

Michel Bussi est un romancier très à l’écoute des attentes de son lectorat, cette attitude était manifeste pendant les échanges de ce café littéraire. Ce fut un moment agréable pour toutes les personnes présentes.

Babeth, octobre 2026

Couverture du livre

Mais que fait ce sang sur le pull de Jennifer, de Lucie Rico

Un titre qui ne passe pas inaperçu et qui m’a fait penser à un titre de polar. Or oui, ce roman peut être considéré comme un thriller, d’un genre un peu particulier, il est vrai : il s’agit une enquête qui s’appuie sur le langage et la mémoire.

Jennifer, la narratrice, est une trentenaire célibataire qui habite la capitale, elle semble satisfaite de son existence.
Un jour, la jeune femme, assise à son ordinateur, a une mauvaise surprise : la touche point de son clavier ne répond plus. Impossible donc d’achever ses phrases, sans ligne d’arrivée incapables de s’arrêter d’elles-mêmes. D’autant plus que bientôt le u et le a manquent aussi à l’appel. Tout ce qu’elle écrit se disloque; ici et là se forme encore parfois quelque chose d’impromptu qui ressemble à du sens … Puis plus rien.

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Rentrée littéraire : Debout dans tes rêves, de Abdellah Taïa

Dans ce roman de la rentrée, Abdellah Taïa met en scène Majid, babysitter d’un jeune garçon appartenant à une famille bourgeoise, à Paris. Se noue entre eux et avec la mère de l’enfant une relation de confiance et d’affection qui sera comme un havre de paix dans la vie mouvementée de Majid. Car celui-ci, jeune boursier marocain, engagé dans l’écriture d’une thèse sur Fragonard (son professeur lui trouvant d’ailleurs peu de crédibilité dans ce choix) vit dans la crainte répétée d’une OQTF s’il n’obtient pas de l’administration française un titre de séjour renouvelable tous les trois mois.

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