Jean Baptiste Andrea : un homme épris de liberté

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On ne pouvait pas mieux commencer cette édition de Lire en Poche 2019.
L’auteur, Jean-Baptiste Andrea, comme ses romans, cultive ce besoin de liberté.
C’est avec une centaine de lycéens que je l’ai rencontré, pour parler de son roman Ma reine, sélectionné pour le prix Folio des lycéens.
Déjà auréolé de 12 prix littéraires, ce roman raconte l’histoire de Shell, un jeune garçon déscolarisé car différent des autres. Il vit avec ses parents âgés et un peu débordés par cet enfant qui demande tant d’attention.
Un jour, Shell décide de partir à la guerre (si elle est dans la télé c’est qu’elle ne doit pas être très loin), mais son périple s’arrêtera non loin de chez lui, dans la vallée de l’Asse. C’est ici qu’il fera la connaissance de Viviane qui va bouleverser sa vie. Elle va l’aider à se cacher et ces deux êtres fragiles seront liés à jamais. Viviane devient sa reine et grâce à elle, Shell aura le sentiment de devenir enfin quelqu’un d’important.
C’est un roman où la nature tient une place prépondérante. Elle est mise en valeur par ce personnage qui ressent les choses de façon primitive, sans codes sociaux, ce qui le rend plus proche de ses sens.

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Tu retrouves, je découvre… Houellebecq

Conversation entre Yves Kafka et Isabelle à propos de Sérotonine.

Isabelle : Yves, tu es un fidèle lecteur de Michel Houellebecq. De roman en roman, pourquoi y reviens-tu ?

Yves : Pourquoi Houellebecq ? Parce qu’il agit sur moi comme une sorte de baume anesthésiant de toute volonté de souhaiter un monde idéal. Houellebecq a quelque chose de rassurant, en ce sens qu’il pratique un lâcher-prise total, par rapport au bien penser et au politiquement correct. Avec lui, c’est comme si on était déchargé de toute la noirceur de l’âme, de toutes les idées limites que l’on peut avoir à certains moments, parce qu’il ose absolument tout, et avec un bonheur qui est réjouissant. C’est ce que j’aime chez Houellebecq. Par ailleurs, je trouve que l’aspect désespéré de toutes les histoires qu’il nous raconte et de tous les personnages qu’il met en scène n’est absolument pas désespérant, au contraire, pour moi, il est vivifiant. J’aime ce qu’il raconte, j’aime cet homme. Lire la suite

Conversation autour du dernier Philippe Besson

Edith et Babeth ont beaucoup aimé le dernier Philippe Besson, Arrête avec tes mensonges paru en janvier chez Julliard. Elles nous livrent leurs impressions…

Babeth : Edith tu ne m’avais pas menti, ce roman est bouleversant. Les mots de Philippe Besson nous accrochent les tripes. L’auteur croise à Bordeaux un jeune homme qui ressemble à son premier amour : Thomas. Rien de plus normal puisqu’il s’agit du fils de ce dernier, Lucas. Philippe Besson nous raconte son adolescence dans une petite ville de province, Barbezieux, où il a vécu un amour inachevé avec Thomas. Philippe Besson a une vie publique, mais Thomas lui, qu’est-il devenu ? Cette histoire d’amour l’a-t-elle bouleversé aussi ? J’ai aimé cette narration qui avance comme une intrigue.
Et toi Edith, pourquoi as-tu aimé cette autofiction ? 

Edith : Ce qui me touche d’abord ce sont ces deux garçons ordinaires que l’on a tous connus au lycée ! L’intello et le beau gosse qui vivent dans deux univers différents mais qui partagent secrètement une histoire d’amour intense qui va les marquer à vie. Le personnage de Thomas est encore plus attachant car il gâche au fond sa vie en n’assumant pas l’attirance qu’il a pour les garçons et en se pliant aux exigences de sa condition.
Ensuite, je trouve très touchant que Philippe Besson nous rende compte, au fur et à mesure des pages, combien cette relation courte a influencé ses différents livres
« Un jour, j’écrirai sur les bateaux qui s’en vont, et sur les adieux qu’ils lancent quand ils prennent le large, j’écrirai l’histoire d’une femme sur le quai du port de Livourne qui regarde les bateaux partir. Je me remémorerai précisément le bruit mat de la sirène, dans mon oreille, quand fini l’été 1984. un vrombissement qui meurt peu à peu. »
Enfin, je trouve son écriture tellement fluide qu’elle met en valeur les protagonistes et qu’on oublie totalement que l’écrivain nous livre sa propre histoire.
Babeth et Edith, mai 2017

Un été à quatre mains

 

Le 23 mars dernier, les Ateliers Henry Dougier ont lancé une nouvelle collection consacrée à la littérature française, proposant pour premier titre un roman de Gaëlle Josse, Un été à quatre mains.

Résumé éditeur : Parfois, il suffit de quelques jours pour dire toute une vie… Franz Schubert, compositeur déjà reconnu mais désargenté, a été invité comme maître de musique de deux jeunes filles de la haute aristocratie viennoise, dans leur somptueuse résidence d’été en Hongrie. Franz reconnaît bientôt en l’une des deux comtesses, Caroline, la plus jeune et la plus talentueuse, son âme sœur. Cet amour, cependant, va se briser sur les conventions et les interdits de caste. Cette passion fut-elle partagée ? Certains gestes, même les plus ténus, ne sont-ils pas, parfois, des aveux ? Un été à quatre mains explore les invisibles mouvements du cœur, et le mystère d’une histoire entre deux êtres qui rêvent d’un monde où ils trouveraient enfin leur place.

Notre avis : Lire Gaëlle Josse est une expérience à la fois poétique et reposante. Bercée par la musique de Schubert depuis son plus jeune âge, l’auteure nous livre un récit au phrasé délicat. La musicalité de son texte rappelle d’ailleurs l’œuvre du compositeur viennois : sobriété élégante, beauté discrète, sans fioriture inutile.

« Schubert parle au coeur, en accompagnant les plus ténus, les plus impalpables de nos états émotionnels intérieurs, sa musique nous atteint avec une désarmante simplicité, comme la main d’un ami posée sur notre épaule. »

Malgré sa brièveté, ce texte constitue une belle plongée dans l’univers de Schubert.

Marisa, 9/4/2017

 

Le nuage d’obsidienne d’Eric McCormack

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Dans Le nuage d’obsidienne, j’ai retrouvé avec bonheur l’univers bien particulier des romans d’Eric McCormack, auteur écossais que j’ai découvert il y a quelques années avec L’épouse hollandaise, un roman singulier et captivant.

C’est la découverte d’un vieux livre du 19e siècle dans une petite librairie d’une ville mexicaine qui constitue le point de départ de ce roman. Cet ouvrage intrigue le héros – et narrateur – du roman de McCormack, Harry Steen : il le renvoie à une époque reculée de sa vie, lorsque, très jeune homme et amoureux, il vivait dans une petite localité des Uplands en Ecosse, Duncairn, se préparant à exercer le métier d’enseignant. Harry a été marqué précocement par la mort accidentelle de ses parents, il le sera encore plus à Duncairn par le rejet inexplicable de la part de la jeune fille qu’il aime.

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