Cécile Pin, pour son premier roman, livre un récit profondément émouvant et d’une grande justesse, centré sur le destin d’une famille en exil. L’histoire suit une adolescente de 16 ans, Anh, et ses deux jeunes frères, contraints de fuir leur Vietnam natal dans l’espoir de rejoindre les États-Unis. Mais la traversée, loin de se dérouler comme prévu, devient une épreuve longue et éprouvante. D’obstacle en obstacle, ils transitent pendant deux années à travers différents camps avant de trouver refuge dans un pays prêt à les accueillir : l’Angleterre.
J’ai découvert il y a peu de temps l’auteur irlandais Colm Toibin. Son roman LongIsland dont la jaquette a attiré mon regard, estle dernier opus d’une importante production littéraire. Dès la page 3, l’intrigue est lancée : quelques paroles adressées par un inconnu à Eilis, le personnage principal de l’histoire, vont jeter un pavé dans la mare de la vie bien ordonnée d’une famille américaine de Long Island.
Il a tout réparé chez nous. Il a même fait un peu plus que ce qui était précisé dans le devis. A vrai dire, il est revenu régulièrement à des moments où il savait que la maîtresse de maison serait là et pas moi. Et il a fait un boulot de plomberie si efficace qu’elle va avoir un bébé en août.
Les organisateurs de Lire en poche nous ont fait un très beau cadeau : accompagnée de quatre instagrameuses, j’ai pu discuter avec 5 des auteurs nominés pour le prix de littérature française : Avril Bénard (A ceux qui ont tout perdu, J’ai lu), Fanta Dramé (Ajar-Paris, Harper Collins), Guillaume Lebrun (Fantaisies guerrillères, Christian Bourgois), Hadrien Bels (Tibi la blanche, Proche), Feurat Alani (Je me souviens de Faloujah, Le livre de poche). Pour plusieurs d’entre eux, ils présentaient leur premier roman. Une rencontre intimiste et détendue où chacun nous a livré des éléments sur son processus d’écriture. Comment ils en sont arrivés à écrire leur roman mais également leurs doutes. Ce moment était bien trop riche pour le garder pour moi, j’avais envie de le partager avec vous et d’en garder une empreinte écrite.
Je viens de finir de lire « à ceux qui ont tout perdu ». Comme une pelote de laine, je tire sur la ficelle mais je n’en vois pas le bout.
D’abord j’ai lu : une histoire d’exode, de guerre et de fuite urgente. Des soldats sont dans la rue, il faut partir pour fuir les massacres et les bombardements. On découvre les habitants d’un immeuble, chapitre après chapitre nous découvrons des habitants du quartier. Chacun est décrit avec précision, son intimité et ses préoccupations. Le bon et le mauvais de chaque individu se révèle. La première personne à laquelle je me suis attachée, c’est la femme de Paul. C’est terrible quand même…On ne connait pas son prénom. Elle semble invisible et pourtant elle a occupé une grande place dans ma lecture. Je continue à l’imaginer dans ce bus qui l’emmène on ne sait où…
Il s’est lassé de cette femme. Il avait perdu son alliance. Il avait pris un chien.
Il s’était lassé du chien aussi.
Elle, cette femme, on ne l’entend jamais. Elle est la pudeur même. Elle vient de cette époque où la féminité doit se taire ou dire oui. Une larme d’elle, il faut aller la puiser. Une larme, pas plus, mais énorme, et qu’elle essuie très vite comme si ça n’avait pas eu lieu. Du revers de la main, et ce revers est alors mouillé à la place de la joue. Elle essuie ce revers sur sa jupe. C’est comme de voir pleurer un oiseau, c’est rare.