Marx et la poupée

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Marx et la poupée est un roman autobiographique. C’est aussi le premier roman de Maryam Madjidi, une jeune auteure iranienne arrivée en France avec sa mère à l’âge de 6 ans pour retrouver son père en exil politique à Paris.

Marx et la poupée, donc. Une association pour le moins incongrue. Pourquoi Marx ? C’est au nom du communisme que les parents militants de Maryam ont combattu les différents régimes : celui du shah et celui des ayatollahs. Quant à la poupée, elle symbolise la perte des repères affectifs qui balaya la vie de la petite fille lorsque sa famille fut réduite à l’exil. Avant de quitter l’Iran, elle dut se séparer de tous ses jouets, distribués aux enfants du quartier. La famille a pu échapper à ses adversaires mais les ouvrages politiques des parents et la poupée de l’enfant conservent une vie souterraine : enterrés quelque part dans le jardin de Téhéran, ils hantent la mémoire de chacun. Lire la suite

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Comment j’ai appris à lire d’Agnès Desarthe

Voilà un petit livre amusant et instructif, sur lequel je suis tombée un peu par hasard…
Si vous vous intéressez aux processus qui nourrissent le plaisir et l’apprentissage de la lecture, ce récit, bien singulier, vous intéressera sans doute !

Agnès Desarthe nous raconte une part un peu cachée d’elle-même, que les préjugés habituels ne nous laisseraient imaginer…

Comment une auteure dont on perçoit autant la jouissance de l’écriture et celle des mots a-t-elle pu résister aussi longtemps au plaisir de la lecture ?  Lire la suite

Juste la lumière de Pascale Dewambrechies

Juste la lumière de Pascale Dewambrechies dresse le portrait d’une femme face à son destin. Croqueuse d’hommes, libre et indépendante : voici Eva avant qu’elle ne rencontre Dimitri. Lui est son « double masculin ». Metteur en scène, cultivé, libre : il est l’homme de sa vie. Elle l’aime passionnément au point d’être débordée par cette passion dont elle ne sait que faire et semble se ranger à ses côtés. Sa relation fusionnelle avec Dimitri est d’ailleurs sa faille : elle se laisse mener par cet homme narcissique et alcoolique qui la pousse au bout d’elle-même. Lire la suite

C’est dimanche et je n’y suis pour rien de Carole Fives

Tout, chez Carole Fives, m’interpelle. Son écriture à la fois cynique et drôle (dont nous avons déjà parlé ici), son goût pour l’art (n’hésitez pas à lire Camille Claudel, la vie jeune où Carole anime des personnages autour d’une sculpture). Dans C’est dimanche et je n’y suis pour rien, c’est par le titre et la photo de couverture que l’auteur m’a attirée : une femme, représentée de profil, le visage caché par un nuage de plumes, semble attendre que ce nuage s’éloigne de lui-même. Lire la suite

Nous serons des héros de Brigitte Giraud

brigitte-giraud-nous-serons-des-heros-liseuses-de-bordeauxNous nous situons dans les années soixante, dans un milieu populaire en banlieue lyonnaise, à la croisée de plusieurs histoires.

Tout d’abord celle intime d’une mère et de son jeune fils contraints à l’exil après l’arrestation et la mort d’un père engagé dans la résistance contre la dictature de Salazar.
Olivio immigre en France avec sa mère, avec pour seul bagage quelques valises, un chat, et leurs souvenirs. A présent il faut apprendre la langue, les codes, le froid du ciel et d’un appartement presque vide. Il faut assumer la dette vis-à-vis de ceux qui ont aidé, il faut travailler, subir parfois la discrétion et les renoncements obligés pour trouver sa place. Il faut encore espérer un foyer qui protège et la bascule de la révolution dans le pays qu’on a douloureusement quitté. Lire la suite