Manger moins (et mieux) de viande, de Gilles Daveau

Avec la nouvelle année, arrivent les bonnes résolutions.

Et si on mangeait moins de viande ? Mais pourquoi me direz-vous. On apprend dans ce livre de Gilles Daveau que « l’élevage émet 14,5 % de gaz à effet de serre : plus que le secteur de transport. Et il faut 10 à 12 fois plus d’eau, de surface agricole et de pétrole pour produire des protéines bovines en système intensif que pour obtenir autant de protéines végétales… S’attaquer de front à la viande rend le sujet obsessionnel, comme lorsqu’on demande de ne pas penser à un éléphant rose : l’image s’impose instantanément. Encore une injonction morale et alimentaire de plus ! »

Ici pas question de culpabiliser mais d’expliquer avec des illustrations d’Etienne Friess humoristiques qui viennent alléger les nombreuses références à des études scientifiques.
Après avoir expliqué le pourquoi, l’auteur propose : de s’entourer, s’équiper, se lancer et tenir bon. Chaque chapitre apporte des méthodes avec bienveillance pour manger moins et mieux de viande. Faire appel à nos souvenirs d’enfance, chercher des recettes de tous pays, en finir avec les clichés, découvrir toute la variété de légumes et féculents qui peuvent être mangés de multiples façons : en bâtonnet, à croquer, en tajine, à la vapeur, grillé au four, avec curry et lait de coco, en crumble, en jardinière, au wok…Et plutôt que de manger des viandes premier prix qui sont souvent des produits d’assemblage, de malaxage (comme c’est souvent le cas dans un burger ou dans les nuggets), aller sur un marché acheter un bon poulet fermier du coin.
L’auteur nous donne des conseils simples. Ce livre regorge d’idées, voire même de recettes faciles en quelques mots. C’est le graphisme de la couverture et des débuts de chapitre qui m’a attiré. 

La collection Je passe à l’acte chez Actes Sud et Kaizen réunit sous ce même graphisme plusieurs documentaires d’actualité : (Re)devenir paysan ou Changer l’école de l’intérieur ou encore Déplastifier sa vie… Une collection à petits prix à découvrir.

Babeth, le 2 février 2023

Collection Je passe à l’acte, Actes Sud et Kaizen

La Quincaillerie : une nouvelle médiathèque à Langon

Le 1er septembre 2022, a été inaugurée la Quincaillerie à Langon. Drôle de nom, me direz-vous, pour une médiathèque. C’est qu’au 33 rue Malbec se trouvait un bâtiment datant de la Renaissance où fut installée en 1806 la Quincaillerie Biros. C’est suite à un appel à la population qu’il a été décidé de rendre honneur à ce lieu en conservant son ancienne activité pour nommer la nouvelle médiathèque de Langon. Extrêmement bien située dans la rue piétonne, elle participe avec les commerces alentour à dynamiser le centre-ville. Il n’y a pas moins de 11 espaces sur 3 niveaux.

Au sous-sol, un espace atelier pour créer avec de grandes tables et une balançoire au milieu d’un puit de lumière traversant les trois étages. Au rez-de-chaussée, l’accueil, des espaces dédiés à l’informatique (l’Etabli), un espace pour les jeux vidéos nommé Le labo (chaque espace porte un nom en rapport avec la quincaillerie), un espace détente et un espace animation pour accueillir des groupes.  Au 1er étage, une partie ludique pour les plus jeunes et l’espace acoustique qui donne envie de flâner. De l’autre côté, on trouve l’univers jeunesse, les BD, les premiers romans, les mangas et la partie adulte. 

Au 2e étage, il y a les bureaux du personnel où sont réalisées diverses tâches, comme par exemple la préparation des commandes, la réception des ouvrages (pour les 12 bibliothèques du réseau), le catalogage, l’équipement des documents (mettre les côtes et couvrir les livres). 

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Un voisin trop discret, de Iain Levison

Quelle chance nous avons eu de découvrir Iain Levison au festival Lire en poche de Gradignan. Après avoir tant ri en lisant Un petit boulot, c’est avec joie que je me suis rendue au grand entretien animé par Christine Ferniot où l’auteur nous parlait de « l’Amérique et ses travers ». C’est à partir des personnages de son roman Un voisin trop discret que Iain Levison a, avec toute sa modestie, abordé ce sujet. Jim vit seul dans un appartement de Philadelphie et part travailler comme chauffeur Uber de façon mécanique avant de s’enfermer chez lui. Les relations sociales, ce n’est pas du tout son truc. Pourtant, les choses vont changer lorsque Corina va s’installer dans l’appartement voisin. Souvent en galère, elle élève, la plupart du temps, son fils de 4 ans seule. Il faut dire que son mari, Grolsch, est snipper en Afghanistan.

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Petit déjeuner littéraire avec Florence Aubenas

Florence Aubenas était la présidente du salon Lire en Poche 2022. Et j’ai eu la chance d’animer le petit-déjeuner littéraire auquel elle participait. Souriante, très à l’écoute, on sent que c’est une femme qui sait ce qu’elle veut. C’est la curiosité qui la fait avancer. « C’est plus fort que moi » dit-elle. Florence Aubenas a besoin d’être là où se trouve l’actualité. Que ce soit en Ukraine ou à Montréal la Cluse (L’inconnu de la poste), elle va au cœur des problématiques. Elle nous parle de la responsabilité du journaliste. Où se trouve la vérité ?

Ça dépend où l’on regarde. On me pose beaucoup cette question pour l’Ukraine : la guerre ça doit être compliqué. C’est vrai quand on est au front, et 20 km à côté où il n’y a pas de bombe, tout va bien. Ce qui est difficile dans notre métier, c’est de ne regarder qu’à un seul endroit, et de ne regarder que d’un point de vue idéologique. On ne ment pas en donnant un seul aspect, mais on ne donne qu’un aspect, et la difficulté c’est de ne pas montrer un événement hors contexte. Pour les gilets jaunes, les forces de l’ordre en ont bavé, mais si on ne parle que des forces de l’ordre on est à côté de la plaque. Le grand danger de notre profession, c’est d’aller chercher ce qu’on trouve.
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