Rentrée littéraire avec Le petit cosmonaute de Franck Courtès

Après avoir lu ce roman, je me suis interrogée sur ce choix de titre par Franck Courtès « Le petit cosmonaute ». Est-ce parce que ce costume porté enfant, protégeait le héros du manque d’amour maternel, lui permettant d’avoir un regard sur l’extérieur sans jamais interagir avec lui ?

De son enfance à l’adulte qu’il est devenu, Aurélien partage avec nous des instants de sa vie. Il nous parle de sa mère qui s’est trouvée dépassée par la responsabilité d’élever des enfants.

« Ma présence a tout fait déborder chez ma mère, sa mauvaise humeur, sa rancœur, tout me dégouline dessus. ça me bave sur les épaules, dans la bouche, dans les oreilles. Ses 3 kilos en trop qu’elle aurait voulu voir disparaître, c’était moi. »

Quant à son père, il a fait en sorte que le quotidien de sa femme soit simple mais il ne l’écoutait pas, ne la comprenait pas, et ne s’intéressait pas à ses enfants. Aurélien grandit dans un sentiment de solitude, attend indéfiniment un amour maternel qui ne se montre jamais et l’empêche de vivre sereinement. La moindre contrariété le met dans des colères ingérables. Même adulte, il cherche constamment la bagarre ne sachant pas interagir avec les autres.

C’est un roman sur les liens qui se tissent entre un fils et sa mère. Des liens destructeurs autant pour l’un que pour l’autre.

Une histoire extrêmement touchante d’un homme en quête d’anéantissement de la violence qui est en lui.

Babeth, août 2026

Le petit cosmonaute, Franck Courtès, Editions Julliard, sortie le 27 août 2026

Mille choses, de Juan Tallon

Roman de la vie moderne par excellence, roman de la vie où il y a toujours mille choses à faire, où tout s’enchaîne sans répit possible, où la vie quotidienne est devenue une liste infinie de tâches à exécuter, de choses à maintenir, entretenir, de messages à consulter… Ce roman narre comme nul autre l’esclavagisme qu’est devenu le nôtre, esclaves de notre travail, de nos vies professionnelle et personnelle, de l’équilibre à tenter de créer entre les deux, de notre téléphone portable, de ce qu’il faudrait avoir vu, avoir fait, de ce que l’on pourrait voir ou faire si l’on était plus performants. Car là est le problème, pour être heureux, il faut a priori savoir être performant. Or, la performance avec toutes les exigences qu’elle impose à chaque minute de notre vie nous laisse exsangues et nous tue peu à peu…

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Le livre des souterrains, de Phoebe Hadjimarkos Clarke

Il s’agit de l’auteure du très remarqué Aliène publié en 2024, auquel a été décerné le prix France Inter, qui revient avec un roman à paraître le 20 août, habité comme le précédent par le souci du dérèglement climatique et de ses conséquences sur le vivant, par la question du genre, de la porosité entre les genres mais également, entre les espèces. Phoebe Hadjimarkos Clarke sait ainsi faire exister comme nulle autre des personnages humains comportant des caractéristiques animales ou végétales, et réciproquement. Son écriture est marquée par la volonté « d’individuer » ses personnages au-delà de la question du genre et de l’espèce. Dans cette histoire, il est également question de morts et de la frontière entre vie et mort qui, à son tour, devient poreuse.

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