Retour sur le petit déjeuner littéraire avec Agnès Ledig, ce 10 octobre 2021 au salon Lire en poche

Il émane d’Agnès Ledig une grande douceur. Son regard, sa façon de parler, son attention aux personnes qui l’entourent, tout donne envie d’engager la conversation avec elle. Les femmes qui sont venues aujourd’hui (mais où sont les hommes?) vont l’une après l’autre, dire ce qu’elles aiment dans ses livres : « On s’y retrouve » dit l’une ; « Vos personnages sont humains » dit une autre. Agnès Ledig aime raconter des histoires « pour faire sa part« . Consciente que son rêve d’enfant de changer le monde est irréalisable, elle utilise l’écriture pour faire passer des messages : toucher le cœur et la réflexion des gens. Humble quant à son métier d’écrivain, elle nous a raconté comment se fabriquaient ses romans.

Quand elle a trouvé un thème, elle se répète un pitch dans sa tête (début, milieu, fin de l’histoire, personnages de base, temporalité, lieu). Ce pitch l’accompagne dans sa vie quotidienne : en faisant ses courses, en se promenant, au sport, en se couchant… Puis elle rajoute de la matière, elle amende avec chaque idée nouvelle, utilise ce qu’elle voit, ce qu’elle entend. Cela peut être un tableau qui l’inspire, une conversation ou une citation. Quand sa « broderie » est assez conséquente, elle commence à écrire.

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Huit crimes parfaits, de Peter Swanson

Le narrateur, Malcolm Kershaw, est propriétaire du Old Devils Bookstore, une librairie spécialisée dans les romans policiers, située à Boston. Un jour d’hiver, une tempête de neige fait rage, l’image est importante. En effet, elle nous transporte dans une série américaine policière classique, où le temps donne la mesure de l’action en cours. Malcolm Kershaw voit débarquer dans sa boutique, l’agente spéciale du FBI Gwen Mulvey.

Au grand étonnement du narrateur, cette dernière lui fait part de son enquête en cours reliant plusieurs meurtres. Merle Callahan, présentatrice du journal télévisé local a été assassinée par balles. Jay Bradshaw est mort, roué de coups, dans son garage. Ethan Byrd, était étudiant. Il avait disparu depuis un an et son corps a été découvert, enterré dans un parc à Ashland, sa ville d’origine.

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Petit déjeuner avec Jean Teulé

Dix personnes ont assisté samedi matin à un petit déjeuner avec Jean Teulé, le parrain de la 17ème édition de Lire en Poche qui vient de fermer ses portes.


La discussion a commencé autour des adaptations des romans de l’écrivain. Lorsqu’un de ses livres est porté à l’écran, Jean Teulé déclare « ficher une paix totale au réalisateur et à l’équipe du film« . Il en va de même pour les adaptations BD ou théâtrales : « Dans la mesure où des personnes ont acheté les droits, les droits sont à eux, ils peuvent créer en toute liberté », estime-t-il. Il est parfois déçu, mais parfois surpris et content, comme lorsqu’il a assisté à la première représentation de la pièce de théâtre tirée de son roman Mangez-le si vous voulez, une adaptation qu’il a jugée meilleure que son roman. Connu aussi pour être un auteur de bandes dessinées, Jean Teulé estime que l’adaptation de ses romans en BD est souvent une réussite.
Une question sur son dernier livre, Crénom, Baudelaire ! amène l’écrivain à évoquer les poètes : Baudelaire, Rimbaud, Verlaine, Villon, Aragon… Tous les poètes auxquels il a consacré un livre étaient de sales types. Baudelaire ne fait pas exception : c’était un être infect, misogyne, sadique et pervers. Jean Teulé revient sur l’enfance du poète, sur sa relation fusionnelle avec sa mère et son chagrin lors du deuxième mariage de cette dernière. Il explique le rapport du poète aux femmes et évoque aussi quelques poèmes qui en sont le reflet, dont le cruel « Une charogne », et un autre qu’il trouve de toute beauté, « Les petites vieilles ». Il cite les six poèmes de Baudelaire tombés sous la censure, interdits de lecture en France pendant 95 ans.
Ce qui fascine Jean Teulé au point d’écrire la vie de ces poètes, c’est la différence entre ce qu’ils écrivent et leur vie. C’est par un artiste qu’il vient à la poésie et aux poètes : Léo Ferré, dont il a vu une trentaine de concerts avant de faire sa connaissance et d’être profondément déçu de leur unique rencontre. Le personnage est hautain et terriblement pédant. « Il ne faut pas connaître les grands artistes. Les artistes doivent être connus dans leur art, et seulement là » conclue-t-il.
Une chose est sûre, un petit déjeuner avec Jean Teulé suffit à contredire ce propos. Ce ne sont pas les convives qui nous diront le contraire…

Marisa, 12 octobre 2021

La 17ème édition de Lire en Poche commence vendredi… et nous y sommes !

Le festival littéraire Lire en Poche à Gradignan, ce sont des rencontres avec une centaine d’auteurs, des dédicaces, des spectacles vivants et des animations. Les Liseuses de Bordeaux, associées depuis plusieurs années, y assureront plusieurs médiations.

Les petits-déjeuners littéraires :

Samedi, avec Jean Teulé, avec Alain Mabanckou, avec Agnès Martin-Lugand

Dimanche, avec Sorj Chalandon, avec Agnès Ledig, avec Virginie Grimaldi

Un grand entretien avec Sorj Chalandon, « Joie solidaire, liberté féroce et passé trouble » Samedi, 14h-14h50

Une rencontre Négar Djavadi / Emmanuelle Bayamack-Tam (Rebecca Lighieri) « Dramaturgies urbaines » Dimanche, 14h-14h50

Lire en Poche, du 8 au 10 octobre 2021

Le cœur et la chair, d’Ambrose Parry

Dans l’Ecosse Victorienne, Will Raven, jeune étudiant en médecine à Edimbourg, entre comme apprenti chez le Pr Simpson, médecin renommé en obstétrique à la pointe de la recherche sur les anesthésiants. Chez le professeur, il fait la connaissance de Sarah, jeune femme de chambre et accessoirement assistante du professeur. Au même moment, plusieurs femmes de milieu modeste sont retrouvées mortes dans des circonstances suspectes. Face à l’indifférence de la police, Will qui était proche d’une des victimes, va mener sa propre enquête avec l’aide de Sarah.

En parallèle, il va suivre le Professeur qui intervient auprès de toutes les catégories sociales, pour l’épauler pendant les accouchements. La mortalité des femmes en couche est encore très élevée. Le professeur est à la pointe de la recherche de médicaments permettant d’accoucher sans douleur. L’époque est marquée par une compétition scientifique effrénée mêlée à une grande réticence religieuse.

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