Dans la jungle, d’Adeline Dieudonné

Dans son dernier roman, Adeline Dieudonné nous plonge au cœur d’un féminicide doublé d’un infanticide. Dans un style direct et nerveux, où la tension est palpable de la première à la dernière ligne, l’autrice explore un thème majeur dans son œuvre : la violence. Elle nous entraîne ici dans le quotidien d’Arnaud et Aurélie, un couple en apparence ordinaire, mais au sein duquel règne un climat de tension qui ne cesse de s’intensifier au fil du récit.

Le roman retrace l’histoire de ce couple depuis sa naissance : les premiers instants partagés, les premières disputes, l’engagement, l’installation commune, puis l’arrivée des enfants. À chaque étape de leur vie, une tension sourde s’installe et monte crescendo, révélant progressivement l’inégalité profonde qui structure leur relation.

Le lecteur pourrait presque se laisser berner par Arnaud, homme parfois irritable mais en apparence irréprochable. Pourtant, une part d’ombre survient peu à peu chez ce personnage : une noirceur qu’il nourrit au fil des années, jusqu’à devenir un véritable prédateur, jouissant de la vulnérabilité et de l’emprise qu’il exerce sur sa victime.

Dans ce texte d’utilité publique, qui m’a fait penser à L’amour et les forêts d’Eric Reinhardt, tous les mécanismes de l’emprise sont mis en lumière : la manipulation, la culpabilisation, l’isolement, la surveillance, les humiliations, la peur, ainsi que les violences physiques et psychologiques.

Adeline Dieudonné accorde également une place importante à l’entourage dans ce texte. Celui-ci est bien présent, gravitant autour du couple, mais demeure démuni et passif face à une façade idyllique qui dissimule la réalité des violences.

Le lecteur ne peut refermer ce roman troublant et dérangeant sans s’interroger sur l’origine du drame. Est-il la conséquence d’un traumatisme d’enfance ? L’insécurité affective et la séparation parentale ont-elles contribué à façonner une personnalité manipulatrice et destructrice ? Et surtout, comment prévenir un tel basculement vers l’irréparable ?

Merci aux éditions L’Iconoclaste

Pauline, mai 2026

Dans la jungle, Adeline Dieudonné, L’Iconoclaste, 2026

Les âmes errantes, de Cécile Pin

Cécile Pin, pour son premier roman, livre un récit profondément émouvant et d’une grande justesse, centré sur le destin d’une famille en exil. L’histoire suit une adolescente de 16 ans, Anh, et ses deux jeunes frères, contraints de fuir leur Vietnam natal dans l’espoir de rejoindre les États-Unis. Mais la traversée, loin de se dérouler comme prévu, devient une épreuve longue et éprouvante. D’obstacle en obstacle, ils transitent pendant deux années à travers différents camps avant de trouver refuge dans un pays prêt à les accueillir : l’Angleterre.

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Mexico Médée, de Dahlia de la Cerda

Dahlia de la Cerda revient avec une nouvelle œuvre, Mexico Médée, après le très remarqué Chiennes de garde, publié en 2022. Ce recueil de nouvelles dénonçait déjà le narcotrafic ainsi que la condition des femmes dans un pays marqué par l’oppression et la violence.
Aujourd’hui, sa voix se fait plus brûlante encore pour le plus grand plaisir du lecteur. Elle façonne des récits où la douleur se mue en résistance. Militante et activiste engagée, elle donne corps aux existences invisibilisées de femmes, enfants et autres laissés pour compte, pris dans les mailles d’un Mexique gangrené par un pouvoir souterrain qui dicte ses lois.

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