Rentrée littéraire : Heures sauvages, de Marie Petitcuénot

Ce court roman ne vous prendra pas beaucoup de temps à lire, mais il restera dans votre esprit, soyez-en sûrs. Il vous questionnera sur votre rapport à l’art et sur la perception que l’on en a. Mais surtout, il vous entraînera dans un huis clos obsédant, au cœur de la nature humaine et de ses profondeurs.
Inspiré par la célèbre performance de l’artiste Marina Abramović, réalisée à Naples en 1974 et restée gravée dans la mémoire du monde artistique, Heures sauvages est une œuvre percutante, à vif et incendiaire, dans laquelle Marie Petitcuénot nous plonge avec une intensité saisissante.

Qu’est-ce que l’être humain est réellement capable de faire à autrui lorsque plus rien ne lui interdit d’agir ? Lorsque toutes les limites s’effacent, lorsque tout lui est offert sur un plateau et qu’il a le choix des armes…
Que devient l’homme lorsqu’il se retrouve affranchi des règles, libéré du jugement des autres et du regard de la société ? Jusqu’où peut-il aller ? Et surtout, quelle part de lui-même choisira-t-il de laisser surgir ?

Cette expérience, cette performance – comme le souligne le roman – nous confronte finalement à l’essentiel : le bien et le mal. Deux forces qui cohabitent en chacun de nous. Mais lorsque les frontières disparaissent, laquelle prend le dessus ?
Heures sauvages est de ces romans troublants, bouleversants et même dérangeants qui ne se referment pas tout à fait une fois la dernière page tournée. Un texte à lire, à partager et à faire circuler, tant il résonne avec notre époque : une société divisée, ambivalente, et où la frontière entre le bien et le mal semble parfois bien plus fragile qu’on ne voudrait l’admettre.

Pauline, août 2026

Heures sauvages, Marie Petitcuénot, Editions Héloïse d’Ormesson, 20 août 2026

Rentrée littéraire avec Le petit cosmonaute de Franck Courtès

Après avoir lu ce roman, je me suis interrogée sur ce choix de titre par Franck Courtès « Le petit cosmonaute ». Est-ce parce que ce costume porté enfant, protégeait le héros du manque d’amour maternel, lui permettant d’avoir un regard sur l’extérieur sans jamais interagir avec lui ?

De son enfance à l’adulte qu’il est devenu, Aurélien partage avec nous des instants de sa vie. Il nous parle de sa mère qui s’est trouvée dépassée par la responsabilité d’élever des enfants.

« Ma présence a tout fait déborder chez ma mère, sa mauvaise humeur, sa rancœur, tout me dégouline dessus. ça me bave sur les épaules, dans la bouche, dans les oreilles. Ses 3 kilos en trop qu’elle aurait voulu voir disparaître, c’était moi. »

Quant à son père, il a fait en sorte que le quotidien de sa femme soit simple mais il ne l’écoutait pas, ne la comprenait pas, et ne s’intéressait pas à ses enfants. Aurélien grandit dans un sentiment de solitude, attend indéfiniment un amour maternel qui ne se montre jamais et l’empêche de vivre sereinement. La moindre contrariété le met dans des colères ingérables. Même adulte, il cherche constamment la bagarre ne sachant pas interagir avec les autres.

C’est un roman sur les liens qui se tissent entre un fils et sa mère. Des liens destructeurs autant pour l’un que pour l’autre.

Une histoire extrêmement touchante d’un homme en quête d’anéantissement de la violence qui est en lui.

Babeth, août 2026

Le petit cosmonaute, Franck Courtès, Editions Julliard, sortie le 27 août 2026

Mille choses, de Juan Tallon

Roman de la vie moderne par excellence, roman de la vie où il y a toujours mille choses à faire, où tout s’enchaîne sans répit possible, où la vie quotidienne est devenue une liste infinie de tâches à exécuter, de choses à maintenir, entretenir, de messages à consulter… Ce roman narre comme nul autre l’esclavagisme qu’est devenu le nôtre, esclaves de notre travail, de nos vies professionnelle et personnelle, de l’équilibre à tenter de créer entre les deux, de notre téléphone portable, de ce qu’il faudrait avoir vu, avoir fait, de ce que l’on pourrait voir ou faire si l’on était plus performants. Car là est le problème, pour être heureux, il faut a priori savoir être performant. Or, la performance avec toutes les exigences qu’elle impose à chaque minute de notre vie nous laisse exsangues et nous tue peu à peu…

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