Une sélection pour l’été

Qu’emporter dans votre valise cet été? Les Liseuses vous ont sélectionné quelques pépites à déguster sur la plage, en montagne, à une table de café...

Marie-France : « Puisqu’en vacances, on est censé avoir du temps pour soi, je vous recommanderais les deux tomes de L’esclave islandaise de Steinunn Johannesdottir parus chez Gaïa. S’appuyant sur une histoire vraie, l’autrice nous entraîne dans le sillage douloureux d’une modeste femme de pêcheur islandaise, victime d’une razzia turque et emmenée en esclavage à Alger.
Au détour du voyage, nous faisons même une courte halte dans le Bordeaux du 17e siècle avant de rallier la riche Copenhague des marchands danois. A lire paresseusement allongé sur la plage, l’esprit tenu en éveil par les multiples et poignantes aventures de l’héroïne islandaise et de ses compagnons. »

Marisa vous conseille la lecture de Simetierre de Stephen King : « Dès les premières pages, Stephen King tisse un récit à l’atmosphère envoûtante, peuplé de vieilles croyances indiennes. Un thriller au goût de terre et de sang que l’on dévore sans états d’âme. » Et également ce bon polar de Colin Niel, Les Hamacs de carton, une enquête qui se déroule en Amazonie française.

Isabelle : « Polar ? Roman noir ? Dans les angles morts d’Elizabeth Brundage est avant tout un bon roman américain, aux personnages fouillés, à la construction intelligente. Un soir d’hiver, un homme frappe chez ses voisins, sa petite fille endormie dans les bras : il vient de découvrir sa femme tuée d’un coup de hache. Le roman est un long flash-back qui nous amènera à découvrir qui lui a donné la mort. Connaissez-vous le syndrome du Titanic ? On sait qu’elle va mourir mais, tout au long du livre, on espère qu’elle s’en sortira… Une lecture très prenante. »

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Personne n’a peur des gens qui sourient

Le dernier roman de Véronique Ovaldé Personne n’a peur des gens qui sourient, édité chez Flammarion, se lit comme un thriller psychologique dans lequel l’autrice a su habilement ménager le suspense jusqu’à la fin.

Le premier chapitre est à ce titre remarquable, la tension y est à son paroxysme. Après avoir en toute hâte rassemblé le strict nécessaire – le Beretta de son défunt mari, les passeports, les peluches de la benjamine et des livres pour l’aînée – Gloria, l’héroïne, embarque ses deux filles à la sortie de l’école et leur fait parcourir la France sans aucune explication, des rivages de la Méditerranée à un petit bourg alsacien où la jeune femme possède une maison héritée de sa grand-mère. Gloria agit avec détermination et sang froid, apparemment prête à tout pour aménager « une zone de sauvetage » à ses filles et les mettre à l’abri du danger.

Mais de quel danger s’agit-il ? Lire la suite

Le cas Eduard Einstein

Tout le monde connaît Albert Einstein. Mais beaucoup ignorent que dans l’ombre du génie vivaient sa femme et leurs deux fils, dont le cadet, Eduard, souffrant de schizophrénie.

« Avoir pour père le génie du siècle ne m’a jamais servi à rien. »

Interné à l’âge de vingt ans dans une institution psychiatrique à Zurich, Eduard n’apparaît presque jamais dans les biographies consacrés au physicien. Albert se confie peu sur sa famille, et encore moins sur son fils cadet, sa douleur et sa faille. Lui qui a défié les lois de l’univers et révolutionné notre conception de l’espace et du temps disait d’Eduard :

« Mon fils est le seul problème qui demeure sans solution. »

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Pour Noël, offrez des livres !

Noël approche, il est temps de choisir des cadeaux pour vos proches ou vous-mêmes. Pas de panique : les Liseuses sont là et avec elles leurs idées de livres…

Notre wishlist littéraire concoctée exprès pour vous, amis followers :

Le blues du boxeur de Michael Enggaard est un roman sympathique et plein d’humour, idéal en cette fin d’année. On y suit Franck qui a du mal à se défaire de ses échecs passés et doit composer avec un père très présent, et Ellen, infirmière à la fois terre à terre et grande rêveuse. L’idylle se noue subtilement entre Franck et Ellen avec comme toile de fond le quartier populaire de Versterbro à Copenhague. La traduction du danois est excellente car elle a su garder le tutoiement de mise au Danemark et restituer l’humour de la langue. Un roman agréable à lire, une jolie lecture d’hiver à mettre sous le sapin sans hésiter.

La femme à part de Vivian Gornick. Parce qu’elle arpente New York, ville-monde. En se promenant dans New York, Vivian Gornick raconte sa ville et se raconte. La femme à part n’est pas un roman autobiographique classique mais plutôt un pèle-mêle d’anecdotes, d’instants de vie. Vous pouvez aussi préférer le premier volet de cette entreprise biographique : Attachement féroce...

Une bien étrange attraction est l’un des premiers romans de Tom Robbins. En ces temps froids et tumultueux, il nous faut de la fantaisie et la magie du cirque pour nous donner l’énergie nécessaire et le sourire pour finir cette année. À consommer sans modération !

 

Comment, vous ne connaissez pas encore Cookie Mueller ? Figure incontournable du New York underground des années 70-80, Cookie est une conteuse des temps modernesDans Traversée en eau claire dans une piscine peinte en noir, elle nous régale avec des histoires qui ont jalonné sa vie, des anecdotes racontées sans fard, avec un naturel irrésistible et une simplicité attachante. Une écriture libre et hors norme à découvrir de toute urgence.

Les Liseuses, 18 décembre 2018

Auletris d’Anaïs Nin

Auletris est un recueil de deux nouvelles érotiques inédites d’Anaïs Nin qui mêlent agréablement désir, imagination et érotisme féminins dans une ambiance joyeuse et élégante.

Ce recueil a été retrouvé en 1985 dans une vente aux enchères à Baltimore, alors que les spécialistes d’Anaïs Nin pensaient tout connaître de sa production érotique. Il aura fallu attendre plus de trente ans pour qu’un éditeur américain le publie en 2016, et deux ans de plus pour que les éditions Finitude nous le fassent découvrir en français.

La première nouvelle d’Auletris est une version inédite de «Marcel», un texte que l’on retrouve en version abrégée dans Vénus Erotica, lui aussi recueil de textes érotiques d’Anaïs Nin. L’on y suit les hésitations paralysantes d’un homme fasciné par une femme libre. De fil en aiguille, l’auteure dresse le portrait d’hommes d’après leur vie sexuelle. Dans «La vie à Provincetown», seconde nouvelle du recueil, elle raconte une ville à travers la vie sexuelle de certains de ses habitants. Le point de vue est insolent ce qui n’est pas déplaisant. Lire la suite