La dernière femme de Monique Lachaux

Voilà publié un premier roman de Monique Lachaux, Bordelaise qui s’est beaucoup exercée à la poésie. Elle vient nous offrir une riche histoire, dans le champ d’une science-fiction pas très lointaine de ce que l’on pourrait imaginer de nos vies, dans une futur très proche…

Plus utopiste que dystopique, le récit nous plonge dans un univers pensé et construit par des hommes, univers dicté par les règles de la consommation, du profit, de la technologie et au mépris du vivant.

L’histoire se déplie sur treize journées, opération de survie suite à une catastrophe planétaire sans précédent…. Eva, chercheur en biologie, a longtemps cultivé un jardin secret, « son île », petit recoin de terre où elle veille sur la biodiversité autant que sur sa propre échappée d’un monde noirci par les pollutions humaines.

Eva pourrait-elle être la dernière femme de cette planète ? Comment la vie et une petite communauté se tissent-elles à partir de valeurs de partage, de respect, de fraternité, et d’une veille attentive sur l’équilibre entre l’homme et la nature ?

On peut lire cette histoire comme un conte poétique, féministe et écologique.

Un beau roman, fluide, une aventure comme une robinsonnade, que vous ne lâcherez pas… une fois le livre commencé.

Laetitia, septembre 2019

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Miss Islande

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Un vent de liberté souffle dans les romans d’Auður Ava Ólafsdóttir. 

Dans Rosa candida, Arnljotur quittait l’Islande pour consacrer sa vie à l’horticulture. Dans Miss Islande, la jeune Hekla abandonne sa campagne natale pour s’établir à Reykjavik afin d’accomplir son rêve, devenir écrivain.

Elle emporte Ulysse de James Joyce en langue originale, ses manuscrits et sa machine à écrire, et se laisse porter par la volonté farouche d’accomplir sa destinée.

Va-t-elle y parvenir ?

Situer son histoire dans les années 60 permet à l’auteur de s’interroger sur la place de la femme dans la société islandaise de l’époque. Mais rassurez-vous, comme à chaque fois qu’un sujet lui tient à coeur, Auður Ava Ólafsdóttir l’aborde avec délicatesse, l’air de rien, avec humour, légèreté et poésie.

Ce roman est ouvertement féministe et nous offre un magnifique portrait de femme éprise de liberté, ainsi qu’un vibrant hommage à l’écriture et aux livres. Un roman à lire et à offrir.

Marisa, 5 septembre 2019

Ce roman fait écho aux propos que nous avions échangés avec Auður Ava Ólafsdóttir à Lire en Poche, en 2014. Nous avions alors évoqué les femmes et la littérature… (ici)

L’homme semence

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Voilà quelques pages qui sont un véritable minuscule trésor… A vous offrir à vous-mêmes, comme à celles (ou ceux) avec lesquelles (lesquels) vous voudriez partager ce récit poétique sur la maternité, l’amour, les liens entre les hommes et les femmes pour perpétuer la vie, leur désir.

Voilà une singulière histoire écrite en 1919 par Violette Ailhaud, restée au secret d’un office notarial pendant plus de trente ans, pour être enfin dévoilée, et transmise.

A cette période de l’histoire, son village des Basses-Alpes est soudain privé de ses hommes, mobilisés pour réprimer un mouvement républicain. Pendant plus de deux ans, le village est plongé dans l’isolement.
Il en va de la survie, les femmes organisent la vie au village, reprenant à leur compte les travaux des champs.

Mais il n’y a plus que des femmes, nombre d’elles n’ont pas encore porté en elles la vie, chacune se questionne…. Comment pourront-elles vivre la maternité, comment le village pourra perpétuer la vie ? Alors elles se réunissent et tissent ensemble un pacte : lorsque le premier homme entrera dans le village, il deviendra leur homme à toutes.

C’est alors que le serment devient réalité. L’homme se laisse apercevoir à la lisière du village, alors que les femmes sont occupées aux fenaisons. Elles se souviennent, glacées d’effroi et de désir, le serment qui les lient. Elles offrent le gîte et le couvert contre menus travaux, et peu à peu il entrera dans la vie de ces femmes. Il accomplit sa besogne avec l’amour du travail bien fait. Il aime et engendre. La vie retrouve ses droits, mais aussi le désir charnel… C’est Violette Ailhaud qui nous le conte.

Laissez vous aller à cette magnifique histoire, et la poésie et la simplicité de sa langue….

Laetitia, 27 août 2019

Une sélection pour l’été

Qu’emporter dans votre valise cet été? Les Liseuses vous ont sélectionné quelques pépites à déguster sur la plage, en montagne, à une table de café...

Marie-France : « Puisqu’en vacances, on est censé avoir du temps pour soi, je vous recommanderais les deux tomes de L’esclave islandaise de Steinunn Johannesdottir parus chez Gaïa. S’appuyant sur une histoire vraie, l’autrice nous entraîne dans le sillage douloureux d’une modeste femme de pêcheur islandaise, victime d’une razzia turque et emmenée en esclavage à Alger.
Au détour du voyage, nous faisons même une courte halte dans le Bordeaux du 17e siècle avant de rallier la riche Copenhague des marchands danois. A lire paresseusement allongé sur la plage, l’esprit tenu en éveil par les multiples et poignantes aventures de l’héroïne islandaise et de ses compagnons. »

Marisa vous conseille la lecture de Simetierre de Stephen King : « Dès les premières pages, Stephen King tisse un récit à l’atmosphère envoûtante, peuplé de vieilles croyances indiennes. Un thriller au goût de terre et de sang que l’on dévore sans états d’âme. » Et également ce bon polar de Colin Niel, Les Hamacs de carton, une enquête qui se déroule en Amazonie française.

Isabelle : « Polar ? Roman noir ? Dans les angles morts d’Elizabeth Brundage est avant tout un bon roman américain, aux personnages fouillés, à la construction intelligente. Un soir d’hiver, un homme frappe chez ses voisins, sa petite fille endormie dans les bras : il vient de découvrir sa femme tuée d’un coup de hache. Le roman est un long flash-back qui nous amènera à découvrir qui lui a donné la mort. Connaissez-vous le syndrome du Titanic ? On sait qu’elle va mourir mais, tout au long du livre, on espère qu’elle s’en sortira… Une lecture très prenante. »

Personne n’a peur des gens qui sourient

Le dernier roman de Véronique Ovaldé Personne n’a peur des gens qui sourient, édité chez Flammarion, se lit comme un thriller psychologique dans lequel l’autrice a su habilement ménager le suspense jusqu’à la fin.

Le premier chapitre est à ce titre remarquable, la tension y est à son paroxysme. Après avoir en toute hâte rassemblé le strict nécessaire – le Beretta de son défunt mari, les passeports, les peluches de la benjamine et des livres pour l’aînée – Gloria, l’héroïne, embarque ses deux filles à la sortie de l’école et leur fait parcourir la France sans aucune explication, des rivages de la Méditerranée à un petit bourg alsacien où la jeune femme possède une maison héritée de sa grand-mère. Gloria agit avec détermination et sang froid, apparemment prête à tout pour aménager « une zone de sauvetage » à ses filles et les mettre à l’abri du danger.

Mais de quel danger s’agit-il ? Lire la suite