Les invités du rendez-vous

Lire en Poche ! Rencontre avec Djaïli Amadou Amal

En petit comité ce dimanche, nous avons eu l’occasion de prolonger le grand entretien qui avait eu lieu la veille dans la grande salle du théâtre qui était comble ! Un petit nombre de chanceux réunis autour de l’écrivaine pour comprendre où l’écriture de Djaïli Amadou Amal prend sa source, pour revenir au commencement, au caractère complètement déraisonnable du courage qu’il lui aura fallu pour abattre des murs avec des mots. 

Raconteuse d’histoires, elle sait le pouvoir de la fiction sur le réel et à quel point la curiosité intellectuelle permet de s’émanciper d’une destinée toute tracée : «Si je n’avais pas lu, je me serais résignée comme tout le monde». Dans un monde dont les murs n’ont fait que se resserrer à mesure que le moment de vivre sa vie de femme approchait, elle a tenu grâce à la lecture, embarquement immédiat pour ailleurs, antidote qui permet de savoir et de croire que l’on peut vivre autrement que sous le joug de règles iniques. 

La lecture pour tenir, l’écriture pour s’émanciper. Quelle émotion au récit de cet agenda vide qui croisa son chemin et dans lequel elle se mit à narrer sa vie sans plus s’arrêter pour conjurer le sort, le sort qui lui était réservé à elle mais aussi à ses filles, à toutes les filles. Djaïli Amadou Amal commença son récit par ces mots : «Je suis née dans une maison peule, une maison semblable à toutes les autres à Maroua», là était la clé pour que son destin ne ressemble à nul autre et qu’elle ouvre une voie à tant de femmes derrière elle.

Pour en prendre la mesure, rendez-vous sur femmesdusahel.org

France, octobre 2026

L’invention d’Eva, de Alessandro Barbaglia

C’est l’histoire de l’improbable découverte de l’improbable vie d’Hedy Lamarr (Hedwig Eva Maria Kiesler), un nom qui résonne encore pour certains, plus du tout pour d’autres. Née en 1914, elle est décédée en 2000 et l’époque de sa gloire ne s’est pas étendue au-delà des années 60. C’est l’histoire donc de celle dont il fut dit qu’elle était la plus belle femme du monde et qui s’est avérée être une inventeuse géniale dotée d’une intelligence également hors normes. Mais de ça, l’Histoire ne retiendra pratiquement rien tant cette histoire-là ne cadre pas avec l’idée que l’époque voulait se faire d’une femme à la beauté sulfureuse et d’une femme, tout court.

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Le livre des souterrains, de Phoebe Hadjimarkos Clarke

Il s’agit de l’auteure du très remarqué Aliène publié en 2024, auquel a été décerné le prix France Inter, qui revient avec un roman à paraître le 20 août, habité comme le précédent par le souci du dérèglement climatique et de ses conséquences sur le vivant, par la question du genre, de la porosité entre les genres mais également, entre les espèces. Phoebe Hadjimarkos Clarke sait ainsi faire exister comme nulle autre des personnages humains comportant des caractéristiques animales ou végétales, et réciproquement. Son écriture est marquée par la volonté « d’individuer » ses personnages au-delà de la question du genre et de l’espèce. Dans cette histoire, il est également question de morts et de la frontière entre vie et mort qui, à son tour, devient poreuse.

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Le livre de Joan, de Paul Thurin

Dans ce premier roman, l’auteur s’inspire d’un fait historique pour nous raconter l’histoire de Joan. Cette jeune noble, confiée à une abbaye dès sa plus tendre enfance, décide de s’en échapper en simulant sa mort avec l’aide de ses amies religieuses.
Ce roman m’a transportée dans l’Angleterre du XIVᵉ siècle, au cœur d’une atmosphère médiévale profondément marquée par la religion. L’immersion est réussie et l’on se laisse facilement entraîner dans cette époque fascinante.

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