Chère Virginie Grimaldi

                       
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C’est du fin fond de l’île de Crès en Croatie que je t’écris.
J’ai voulu me mettre dans la peau de ton personnage principal. Je suis donc partie avec ton livre Il est grand temps de rallumer les étoiles, dans un roadtrip pour retrouver ma fille (je blague…enfin, si peu !).
Je me suis dit que ça ne devait pas être facile le boulot d’écrivain quand on est comme toi, la star montante du roman feel good. Ne pas décevoir le public, leur donner encore du bonheur tout en se faisant plaisir.
Alors voilà, je l’ai lu et comme les précédents : j’ai été accrochée. On ne tombe pas dans le pathos et en plus on voyage gratos. Tu vas faire exploser la fréquentation touristique dans les pays nordiques !

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Nous avons toujours vécu au château

Nous avons toujours vécu au château est un roman insolite dont « l’inquiétante étrangeté » m’a immédiatement captivée. Shirley Jackson, spécialiste du roman fantastique, l’a écrit en 1965.

D’emblée, le lecteur est plongé dans une atmosphère étrange, quelque peu anxiogène. On y voit la jeune narratrice, Mary Katherine Blackwood, effectuer sa sortie hebdomadaire au village pour se ravitailler à l’épicerie. Elle est en butte à l’hostilité plus ou moins déclarée des gens du village. Mais sa condition sociale ( très assumée par ailleurs) – elle est issue d’une famille de hobereaux et habite le manoir qui jouxte le village – peut-elle à elle seule expliquer certaines remarques ? En tout cas, la demoiselle n’est pas dépourvue d’imagination et sait opposer à l’inimitié des villageois un masque imperturbable sans rien dévoiler des sentiments violents qui l’animent. Lire la suite

Paroles d’une résiliente

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Le parfum du bonheur est plus fort sous la pluie de Virginie Grimaldi
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Virginie Grimaldi a ce don de nous faire passer du rire aux larmes. Son humour me rappelle celui de Margaux Motin. C’est vif, percutant et ça sent le vécu. On l’entendrait presque parler !

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Ma mère conduit aussi bien qu’elle cuisine. Au deuxième virage, j’ai envie de vomir. Au troisième rond-point, j’ai envie de sauter. A la cinquième tentative de créneau, j’ai envie d’être adoptée.
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Si nous sommes émus par ses mots, c’est certainement parce que Virginie Grimaldi nous renvoie à des situations que nous avons vécues, que ce soit dans nos vies ou celles de nos proches : un deuil, une séparation, un conflit familial ou des non-dits.
Ben n’aime plus Pauline. Quoi de plus banal ! Ce qui est embêtant c’est que Pauline aime toujours Ben. Alors elle décide de lui envoyer des lettres tous les jours pour lui rappeler tous les bons moments passés ensemble. Non, ne partez pas ! En effet, c’est encore une histoire qui raconte le refus d’accepter une séparation, mais avec Virginie on est dans le vrai. Parce qu’elle appuie là où ça fait mal. C’est bien beau de ne regarder que la moitié du verre plein, de se remémorer que les bons souvenirs d’une histoire d’amour, mais parfois il faut regarder ce que l’on tente d’oublier.
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Ce n’est pas parce que cela ne se termine pas comme vous le voulez que cela ne se termine pas bien.
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Derrière cette histoire de couple, il y a tout au long du roman une relation mère-fille douloureuse. J’ai trouvé intéressant cette double écriture sur l’histoire d’amour et l’histoire familiale. On sent chez Pauline une blessure profonde, et honnêtement je ne m’attendais pas aux révélations faites dans la dernière partie du roman.
A mettre dans votre valise pour cet été.
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Babeth, 29 mai 2017

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Pour en savoir plus sur Virginie Grimaldi, vous pouvez relire cet interview.
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Marx et la poupée

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Marx et la poupée est un roman autobiographique. C’est aussi le premier roman de Maryam Madjidi, une jeune auteure iranienne arrivée en France avec sa mère à l’âge de 6 ans pour retrouver son père en exil politique à Paris.

Marx et la poupée, donc. Une association pour le moins incongrue. Pourquoi Marx ? C’est au nom du communisme que les parents militants de Maryam ont combattu les différents régimes : celui du shah et celui des ayatollahs. Quant à la poupée, elle symbolise la perte des repères affectifs qui balaya la vie de la petite fille lorsque sa famille fut réduite à l’exil. Avant de quitter l’Iran, elle dut se séparer de tous ses jouets, distribués aux enfants du quartier. La famille a pu échapper à ses adversaires mais les ouvrages politiques des parents et la poupée de l’enfant conservent une vie souterraine : enterrés quelque part dans le jardin de Téhéran, ils hantent la mémoire de chacun. Lire la suite

Olga et le colonel

olga-et-le-colonel-liseuses-de-bordeauxDans ce troisième roman de Marie-Françoise Raillard, Olga et le colonel, édité aux éditions La fontaine secrète, deux histoires s’imbriquent l’une dans l’autre, deux voix s’entremêlent : celle d’Olga, jeune Polonaise victime de la barbarie nazie, échouée pendant la guerre, on ne sait trop comment, dans la bourgeoise ville de Pau, celle de la narratrice, Marie-Claire Labastide, elle-même originaire de Pau, qui découvre après la mort d’Olga, en lisant les cahiers écrits par celle-ci dès le début de l’Occupation, un aspect  peu reluisant de l’histoire de la famille Labastide.

Deux époques se chevauchent donc, la période de la guerre et de l’après-guerre et la période actuelle. Par contre, il y a dans la majeure partie du roman une quasi unité de lieu puisque l’essentiel de la vie d’Olga, de son arrivée à Pau jusqu’à sa mort, se déroule dans  l’immeuble dont la famille paternelle de la narratrice est propriétaire, où celle-ci est née, a grandi et retourne de temps à autre pour rendre visite à ses parents. Lire la suite