Fenêtre sur crime

Fenêtre sur crime, de Linwood BarcayRay est illustrateur. A la mort de son père, il revient dans la maison familiale où vit Thomas, son frère schizophrène qui est persuadé de travailler pour la CIA.
En effet, Thomas est convaincu qu’une menace terroriste imminente plane sur les Etats-Unis et que Bill Clinton lui a confié la délicate mission de sauver son pays. Durant cette attaque, le système informatique sera anéanti et toutes les données stockées sur la Toile détruites.

Le temps presse.

Il lui faut mémoriser le plus vite possible les plans de tous les espaces terrestres, du plus petit village à la plus grande mégalopole. Jour après jour, devant son ordinateur, il parcourt la planète, s’appuyant sur les prises de vues du logiciel Whirl 360.

Mais sa mission se complique lorsque, au cours d’une de ses déambulations virtuelles, son regard est attiré par une silhouette, au deuxième étage d’un immeuble new-yorkais. Une tête humaine tournée vers la fenêtre est enfermée dans un sac plastique. De quand date cette image ? Thomas est-il témoin d’un crime ? Faut-il avertir la CIA ? Peut-il en parler à son frère Ray ?

Toutes les réponses sont dans ce livre, un roman que vous ne pourrez plus lâcher.

Marisa, 27 mars 2020

Les revenants de Laura Kasischke

« La scène de l’accident était exempte de sang et empreinte d’une grande beauté.
Telle fut la première pensée qui vient à l’esprit de Shelly au moment où elle arrêtait sa voiture. 
Une grande beauté. 
La pleine lune était accrochée dans la ramure humide et nue d’un frêne. L’astre déversait ses rayons sur la fille, dont les cheveux blonds étaient déployés en éventail autour du visage. Elle gisait sur le côté, jambes jointes, genoux fléchis. »

Les revenants de Laura KasischkeProfesseur de musique à l’université, Shelly est le seul témoin d’un accident de voiture impliquant deux jeunes gens, Craig et Nicole. A l’arrivée des secours, elle laisse derrière elle les deux accidentés, miraculeusement vivants.
Or le lendemain, en lisant l’article consacré à l’accident dans la presse locale, Shelly apprend avec stupeur que Nicole est morte dans une mare de sang, et que Craig s’est enfui.
Que s’est-il réellement passé ce soir-là ? Pourquoi personne ne veut prendre en compte le témoignage de Shelly ?

Ce roman a pour décor le campus d’une université du Midwest américain, microcosme puritain et élitiste, où professeurs, étudiants et quelques fantômes se côtoient, chacun transportant ses problèmes, ses névroses et ses croyances.

Car Laura Kasischke aime gratter le vernis de l’apparence : reflet de la société dans son ensemble, ce campus universitaire est le décor de bien des secrets inavouables, à commencer par ceux que cache la pure et sage Nicole… 

Un thriller teinté de fantastique… et une subtile analyse de la société américaine.

Marisa, 21 mars 2020

Le réveil des sorcières

Aujourd’hui, Bérengère partage son dernier coup de coeur pour Le réveil des sorcières de Stéphanie Janicot, paru en janvier dernier chez Albin Michel.

Que transmettons-nous à nos enfants ? Existe-t-il une transmission spécifique entre femmes ? Où est la frontière entre la vie et la mort ?
Stéphanie Janicot tente de répondre à ces questions dans son roman Le réveil des sorcières.

Le réveil des sorcières, de Stéphanie Janicot

Une jeune adolescente, Soann, perd sa mère dans un accident de voiture et se retrouve seule avec sa grande sœur. Elle appelle une amie de sa mère, la narratrice, et lui confie ses doutes. La jeune fille est persuadée que sa mère a été assassinée. Les deux protagonistes vont partir sur les traces de cette femme, Diane, guérisseuse. Elle était de celles qu’on appelait sorcières, il n’y a pas si longtemps, et qu’on brûlait vives.

L’auteur interroge ainsi le rôle d’une telle femme dans les campagnes bretonnes et le regard admiratif, mêlé de crainte, posé sur elles. J’ai aimé ce livre car Stéphanie Janicot cherche à comprendre ce besoin de magie qui peut nous animer pour comprendre ce qui ne peut pas toujours l’être, comme la mort. De plus, elle laisse la place au doute tout en restant pragmatique, ce qui rend l’histoire humaine et touchante.

Bérengère, 18 mars 2020

11h14 de Glendon Swarthout

11h14 de Glendon SwarthoutQuand un auteur de livres pour enfants, on ne peut plus new-yorkais, débarque à Harding, au Nouveau-Mexique, le décalage est… déconcertant, surprenant, truculent…

Jimmy est fou de Tyler, son ex-femme, et ne peut rien lui refuser. Quand elle lui demande d’enquêter sur la mort de son amoureux du moment, survenue dans sa ville natale, il y va, sans trop hésiter. En effet, le courage est loin d’être une de ses qualités premières.

Pour tout dire, Tyler avait déjà demandé à son amoureux d’enquêter sur les différents drames qui sont survenus dans sa famille, depuis le début du siècle. Ce dernier, revenant dans un cercueil, ne rassure en rien notre narrateur.

Celui-ci va devoir résoudre plusieurs mystères : pourquoi son successeur auprès de Tyler est mort ? Que s’est-il passé dans sa famille pour qu’elle y envoie les hommes de sa vie, les uns après les autres ? Quel est le lien entres ces mystères ? Compliqué ! C’est ce qui attise à la fois la curiosité et le plaisir de la lecture.

Enfin, on se délecte de l’écriture de l’auteur. Celui-ci commence son récit en respectant les codes du polar et y insuffle une bonne dose de western, décoiffant au passage quelques chapeaux de cow-boy ! Ou encore, il réunit des clichés comme celui de la femme fatale et celui de la bibliothécaire, totalement à l’opposé l’un de l’autre.

Après avoir lu de nombreux romans de Tom Robbins, je cherchais un autre écrivain habitué des récits fantasques et plein d’humour, j’ai trouvé Glendon Swarthout!

Bérengère, 16 mars 2020

Les enfants des autres de Pierric Bailly

Les enfants des autres, de Pierric Bailly« Mon truc à moi c’est plutôt la fuite, la fuite en forêt. C’est comme ça que je réagis quand la situation me dépasse, quand je craque, quand ça déborde. Je sors de la maison et pars marcher une heure ou deux dans les bois. Une heure ou deux… ou bien la nuit entière. Une fois je suis même revenu avec des croissants et du pain frais. »

Bobby vit avec Julie dans une petite ville de province. Il travaille sur des chantiers. Il aime marcher dans la forêt qu’il connaît bien où une découverte macabre vient d’avoir lieu : le corps d’une femme assassinée. Bobby aime rendre visite à sa grand-mère et aime ses enfants. Ses enfants ? Mais ce sont les enfants de leurs amis Max et Alexa, prétend Julie quand Bobby les cherche partout dans la maison. Et Bobby ne sait plus très bien surtout depuis qu’il a surpris, croit-il, Julie avec Max, son meilleur ami, dans une scène sans équivoque. (Résumé éditeur)

Bobby traverse une mauvaise passe. Que se passe-t-il dans sa tête ? Pourquoi tout le monde semble lui dissimuler la vérité ?
Les enfants des autres est un roman à rebondissement, rythmé et haletant, servi par un style fluide et sobre, proche de la langue parlée. L’auteur prend un malin plaisir à déstabiliser le lecteur en disséminant les indices (s’agit-il vraiment d’indices ?) et multipliant les fausses pistes, pour l’emmener dans un récit où vérité et fantasme se mêlent et se confondent.
A travers Bobby et Max, tous deux en proie au doute, Pierric Bailly interroge le désir de paternité, analyse les craintes qui s’emparent des jeunes pères et les regrets éprouvés parfois à l’égard de la vie d’avant.
Sait-on vraiment qui est Bobby et qui est vraiment Max ? Et lequel des deux a l’existence la plus enviable ? Et Julie, pourquoi personne ne semble se préoccuper de sa disparition ? Si vous aimez jouer et perdre pied, vous adorerez ce livre que vous ne pourrez plus lâcher.

Marisa, 14 mars 2020