Kouplan : le détective sans-papiers de Stockholm

Cela paraît assez improbable : un enquêteur tout chétif qui a peur de croiser les flics et qui se fait nourrir par ses clientes, parce qu’il n’a pas de quoi manger à sa faim. Et pourtant, ça fonctionne bien. L’auteure Sara Lövestam a créé un héros peu commun mais nécessaire pour évoquer les demandeurs d’asile dans les pays scandinaves.
Elle les connaît bien puisqu’elle a donné des cours de suédois aux migrants pendant des années, avant de devenir écrivain.
Kouplan est iranien, il vit dans la rue en Suède bien qu’il ait un niveau d’éducation élevé lié à une enfance protégée dans son pays d’origine. Mais le contexte politique l’a amené à s’enfuir. Pour survivre, il propose ses services de détective privé à des personnes qui préfèrent éviter la police. Ça leur fait un point en commun ! Il est malin et analyse les comportements des individus de façon très perspicace, se basant sur l’idée que chacun agit en fonction d’un certain nombre d’éléments déterminants que Kouplan cherche à découvrir.

Cette tétralogie d’enquêtes commence avec Chacun sa vérité qui a reçu le prix de l’Academie suédoise des auteurs de polar en 2015.

Dans ce premier volet, Kouplan doit retrouver une petite fille enlevée. Sa mère ne l’a pas déclarée à la naissance et ne peut pas se tourner vers les autorités suédoises. Kouplan utilise ses qualités de psychologue (qui lui viennent de sa mère) ainsi que ses réseaux de sans-papiers pour mener cette enquête. Il cherche à cacher des éléments sur sa véritable identité mais tout s’éclaire à la lecture du second volet Ça ne coûte rien de demander.

Cette fois-ci c’est une femme politique très en vue qui s’est fait arnaquer par sa maîtresse et qui souhaite retrouver son argent et se venger.
Dans le troisième volume Libre comme l’air (qui vient juste de sortir dans sa version française en mars 2019), Kouplan va devoir suivre un mari infidèle.
Lorsque Sara Lövestam a commencé cette série, elle ne savait pas que cela deviendrait un policier. Elle avait déjà écrit des romans mais jamais de polar. Le genre était nouveau pour elle, mais les thèmes abordés restent les mêmes que dans ses précédents ouvrages : elle parle du respect des différences, des violences faites aux enfants, de l’identité sexuelle et du regard des autres sur nos choix de vie. Des enquêtes au cœur de l’actualité et un héro très attachant.
Babeth, 7 mai 2019

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