My absolute darling

My absolute darling est assurément le roman à lire en ce moment : il est remarquablement écrit, bouleversant et effrayant.

L’histoire, c’est celle de Turtle, jeune fille de quatorze ans, élevée seule par son père, Martin, depuis la mort de sa mère dans des conditions obscures.

Martin est un tyran, un pervers, un type malsain : il viole sa fille et exerce sur elle une emprise psychologique oppressante. Il est obsédé par l’idée d’apprendre à sa fille à survivre dans la forêt qui entoure leur maison – en fait, un taudis crasseux – et use de tout type de manipulations psychologiques pour contraindre sa fille à lui obéir.

Résultat : à quatorze ans, elle est réduite à un sobriquet ridicule – Turtle – quand son prénom est Julia, elle est en difficulté scolaire et isolée. En revanche, elle sait démonter et remonter des fusils, chasser des animaux et les dépecer, survivre seule en forêt pendant plusieurs jours.

Ce que je viens de décrire, c’est le premier chapitre. Brutal. Oppressant. Malsain.

La suite du roman, c’est l’émancipation de Julia. L’espoir arrive avec Jacob, jeune garçon du même âge que Julia, immature, drôle, sympathique et avec Anna, une de ses enseignantes qui comprend l’horreur imposée à Julia par son père et qui tente d’agir avec les moyens dont elle dispose. Ces rencontres permettent à Julia une prise de conscience, préalable à son émancipation. Mais la prise de conscience ne va pas de soi, elle est accompagnée de doutes, d’hésitations qui sont autant d’éléments utilisés par Gabriel Tallent comme ressort de l’angoisse.

L’atmosphère est oppressante, certaines scènes à la limite du soutenable. La forêt, entourant la maison et la vie de Julia, est tour à tour inquiétante et libératrice. Et muette. Personne ne viendra sauver Julia, son salut ne viendra que d’elle-même. En ville, tout le monde sait que Martin abuse de sa fille, mais personne ne dit ni ne fait rien…

Gabriel Tallent réussit à mettre Julia sous le nez du lecteur : on ne peut pas dire qu’on ne comprend pas ce qu’il se passe, qu’on ne comprend pas cette jeune fille. Le portait et les faits sont clairs, précis, réalistes. Le lecteur sait. La réalité est brutale et violente. My absolute darling est remarquablement construit et écrit. Fort. Eprouvant, aussi.

Florence, 30 juillet 2018

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