Le fer et le feu de Brian Van Reet

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La tragédie du 11 septembre a poussé de nombreux jeunes Américains à s’engager dans l’armée, traumatisés par ce que venait de vivre leur pays, ressentant l’urgence d’agir pour défendre les Etats-Unis et l’Occident.
Parmi eux figurait Brian Van Reet, 20 ans, originaire de Houston. Il s’engage en novembre 2001 et part se battre en Irak. Il y restera quatre ans.

« Je n’avais jamais vraiment songé à rejoindre l’armée en temps de paix, mais j’ai été assez fou pour le faire quand la guerre a éclaté. Ce n’était pas tant pour venger les attentats que par inconscience. C’était une sorte d’acte autodestructeur, je voulais voir le côté sombre de la nature humaine, sentir la mort de près. Je viens d’une famille de militaires : mes deux grands-parents paternels étaient dans l’armée. »

Revenu au pays, le jeune vétéran reprend ses études et écrit un premier roman prometteur, Le fer et le feu, paru en France en mars dernier.

Dans ce roman, Brian Van Reet choisit de mettre en scène trois personnages présents à Bagdad au moment où la ville tombe sous l’assaut de l’armée américaine (avril 2003) : deux soldats américains, Cassandra, 19 ans, et Sleed, son frère d’armes, et Abou al-Houl, moudjahid, vétéran de la guerre d’Afghanistan.
En croisant leurs destinées, l’auteur marque une volonté significative de montrer le conflit sous des angles différents et refuse de présenter une lecture manichéenne de la guerre : pas de patriotisme, pas de guide de bonne conduite à l’usage du combattant.

Par sa parfaite connaissance du terrain et des combats au sol, l’auteur nous offre un récit palpitant où chaque minute est une victoire sur la mort.

« Dans le roman, je parle d’une guerre de territoires qui se passe au sol et qui n’a rien à voir avec un jeu vidéo. Pour les scènes de combats urbains, je me suis inspiré de mon vécu. C’est une expérience physique, on est au milieu du chaos, des explosions, des tirs de mitraillette assourdissants… J’en ai retiré un sentiment d’intense fragilité. Quand on a 20 ans, on se sent fort, invincible. Mon expérience de soldat m’a fait comprendre que ce n’était pas le cas. »

Plaçant ses personnages dans des situations extrêmes, dans un pays qui n’est pas le leur, dans un contexte de violence quotidienne, l’auteur met à nu l’humain qui est en chacun d’eux, un être humain en proie au doute, à la peur, confronté à ses choix et à leurs conséquences.

Une claque.

A lire de toute urgence.

Marisa, 21 mai 2018

Les citations sont extraites d’un entretien paru dans l’Humanité, 12 avril 2018.

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