Je pensais que mon père était Dieu

je-pensais-que-mon-pere-etait-dieu-paul-auster-liseuses-de-bordeauxEn septembre 1999, sur les ondes d’une radio nationale, Paul Auster demande aux auditeurs américains de lui envoyer des récits qui ont marqué leur vie.
« Ce qui m’intéressait le plus, ai-je précisé, c’étaient des histoires non conformes à ce que nous attendons de l’existence, des anecdotes révélatrices des forces mystérieuses et ignorées qui agissent dans nos vies, dans nos histoires de famille, dans nos esprits et nos corps, dans nos âmes. En d’autres termes, des histoires vraies aux allures de fiction. »
Sur 4000 textes reçus, l’écrivain en sélectionne 172 qu’il réunit dans cette anthologie.
Que vous choisissiez de lire les textes dans l’ordre ou en les picorant, de-ci, de-là, au gré de vos envies, parcourir ce recueil est un ravissement. Parfois poétiques, parfois drôles, parfois nostalgiques, ces récits constituent un point de vue kaléidoscopique sur la réalité américaine. Paul Auster nous fait côtoyer l’intime, traque ces petits riens, ces instants où la vie quitte la banalité du quotidien pour rejoindre l’extraordinaire, sans pour autant perdre son caractère profondément humain.
Un livre à avoir à portée de main, dans sa bibliothèque, et à lire et relire sans modération.
Marisa, 28 novembre 2017
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Et si vous fondiez un club de lecture ?

Le magazine Maxi consacre cette semaine un article aux clubs de lecture. Paraît que c’est tendance ! Virginie Desvignes nous a contactées pour recueillir notre témoignage. Accédez à l’article en cliquant sur la photo où il manque encore Edith, Bérengère et Isabelle… Peut-être que ça vous inspirera pour créer votre propre groupe de lecture ?

©Sebastien Ortola/REA

Marisa, 3 novembre 2017

Snjor de Ragnar Jonasson

Grand lecteur d’Agatha Christie, de P.D. James et de Peter May, Ragnar Jónasson est la nouvelle coqueluche du polar islandais. Et nous, on lui trouve bien du talent, à ce cher Ragnar.

Un polar efficace. Prenez un jeune policier tout juste sorti de l’école de police, sympa, tout bien comme il faut, qui mène une existence banale auprès de sa blonde, à Reykjavik. Pour sa première affectation, envoyez-le dans un coin perdu, Siglufjördur (rien que le nom vous donne l’envie de fuir), ville où il ne connaît personne mais où tout le monde se connaît.
Dès son arrivée, des choses inhabituelles viennent semer le trouble dans cet endroit d’apparence bien tranquille : un vieil écrivain fait une chute mortelle, le corps d’une jeune femme est retrouvé, étendu dans la neige… Et nous on l’aime bien Ari, alors on le plaint. A peine débarqué, il est sommé de faire ses preuves. Et nous, on aimerait bien qu’il y arrive et que l’enquête soit bouclée fissa, qu’il puisse retrouver sa copine dans son appart de Reykjavik.

Même si les ficelles sont parfois un peu visibles, le scénario tient bon. La lecture de Snjór devient rapidement addictive. On se laisse embarquer sans résistance dans cette histoire qui nous happe et ne nous lâche plus. Une petite lecture sympa, et il n’y a pas de mal à cela. Sauf que…

Arnaldur Indridason a-t-il du souci à se faire ? Certes, Ari Thór n’est pas Erlendur. Mais ce jeune policier nous plaît bien. En mûrissant, le personnage de Ragnar Jónasson pourrait bien égaler la stature du héros d’Indridason. Et l’auteur raconte l’Islande, avec son âpreté et sa rudesse, comme le fait Indridason : c’est peut-être ce qui nous plaît le plus, au fond.

Il n’y a donc pas de mal à faire quelques infidélités à Arnaldur (il n’en saura rien et je pense fondamentalement qu’il s’en fout), d’autant plus que la deuxième enquête d’Ari Thór, Mörk, est sortie cette année aux éditions La Martinière…

Marisa, 30 octobre 2017 

Rêve général

Il y a quelques jours, le festival Lettres du monde a dévoilé sa programmation 2017. Conçu cette année autour de la thématique du « Rêve général ! », cet événement se déroulera du 14 au 26 novembre dans toute la Nouvelle-Aquitaine.
12 jours de rencontres, 13 pays, 20 invités, 70 rencontres placées sous le signe de l’optimisme.

Et si l’on décidait de ne plus nous recroqueviller devant le chaos du monde ? Et si l’on décidait de s’emparer de la littérature pour nous donner des forces, des rêves, de quoi tenir debout ?

Comprendre que la littérature incarne cet élan vital qui nous permet de traverser les maux propres à notre époque, prendre l’écrivain comme guide, c’est le bel espoir porté par Lettres du monde.

Quel programme réjouissant les amis ! Parmi les auteurs invités, soulignons la venue de Paolo Cognetti (Italie), auteur du très remarqué roman Les huit montagnes (Stock), Emmanuel Dongala (Congo), Kamel Daoud (Algérie) et surtout… Jean Hegland (Etats-Unis) pour son livre Dans la forêt, que nous sommes heureuses de présenter lors de deux rencontres.

Un hommage sera également rendu à Mario Rigoni Stern, écrivain italien disparu en 2008, ami de Primo Levi.

Tant d’autres auteurs à rencontrer et à (re)découvrir…

Quelques temps forts à ne pas rater :
– 22 novembre, 20h30, Rocher de Palmer : « L’homme A. » Un concert lecture avec Sandrine Bonnaire et Erik Truffaz. L’homme Atlantique, suivi de L’homme assis dans le couloir de Marguerite Duras (Minuit).
– 23 novembre, 18h30, Cour d’appel de Bordeaux : « Liberté d’expression, liberté d’écriture : où en sommes-nous ? » Un débat avec Pinar Selek (Turquie) et Kamel Daoud, écrivains, et Richard Malka, avocat à la Cour, spécialiste du droit de la presse et scénariste de bandes dessinées.
– 25 novembre, 19h, Librairie Mollat, Station Ausone : « Clotilde Coureau lit Cookie Mueller ». Lecture d’un extrait de Traversée en eau claire dans une piscine peinte en noir de Cookie Mueller (Finitude).

Ces trois événements sont soumis à réservation.

Pour plus de détails sur la programmation ou la réservation, une seule adresse : Lettres du monde.

Marisa, 28 octobre 2017

 

Dans la forêt de Jean Hegland

En janvier dernier sortait chez Gallmeister Dans la forêt, le premier roman post-apocalyptique de l’Américaine Jean Hegland. Lors de sa parution aux Etats-Unis en 1996, ce livre a connu un véritable succès et fait l’objet d’une adaptation cinématographique.

L’atmosphère. Le monde s’effondre. Dans sa chute, il entraîne tout ce que notre civilisation avait construit jusqu’alors. Le quotidien des gens, leur mode de vie, tout est voué à disparaître.
La coupure d’électricité et la pénurie d’essence compliquent considérablement les déplacements et condamnent à l’inutilité et à l’obsolescence tout ce qui fonctionnait grâce à elles.
Plus profondément, c’est la notion même de société qui touche à sa fin. Les villes se dépeuplent, les gens meurent, terrassés par les maladies, faute de soins. Les survivants fuient dans l’espoir de trouver un ailleurs où la vie semble encore possible.

Mais attendez ne partez pas encore… Lire la suite