Fantômes de Christian Kiefer

Eté 1945. Newcastle, Californie. Le sergent nippo-américain Ray Takahashi revient dans sa ville natale après avoir combattu en Europe. Il retrouve son pays, la maison de son enfance et les lieux qui lui sont chers, mais aucun membre de sa famille n’est là pour l’accueillir. Les habitants qu’il croise peinent à le reconnaître dans son uniforme de soldat américain, lui qui ressemble tant à un Japonais, lui dont le visage est devenu celui d’un étranger, d’un indésirable.

Cette histoire, c’est John Frazier qui nous la raconte. Nous sommes en 1969, et John revient lui aussi d’une guerre, celle du Vietnam. Il est vivant, alors que tant de ses frères d’arme y ont laissé leur peau. Il est vivant, mais alcoolique et drogué, hanté par les souvenirs du combat, du sang, des cris, des flammes et des avions Phantom auxquels il communique les coordonnées des troupes ennemies, afin qu’ils les bombardent. Pour chasser ses démons et ses fantômes, il trouve un travail de pompiste et se met à écrire pour survivre, comme le soldat vietnamien de Bao Ninh dans Le chagrin de la guerre que Christian Kiefer cite en exergue du livre.

Dans le cœur du soldat, la souffrance de la guerre ressemblait étrangement à celle de l’amour. C’était une espèce de nostalgie, pareille à l’infinie tristesse et un manque, une douleur capable de vous projeter brusquement dans le passé.

 
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Le fer et le feu de Brian Van Reet

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La tragédie du 11 septembre a poussé de nombreux jeunes Américains à s’engager dans l’armée, traumatisés par ce que venait de vivre leur pays, ressentant l’urgence d’agir pour défendre les Etats-Unis et l’Occident.
Parmi eux figurait Brian Van Reet, 20 ans, originaire de Houston. Il s’engage en novembre 2001 et part se battre en Irak. Il y restera quatre ans.

« Je n’avais jamais vraiment songé à rejoindre l’armée en temps de paix, mais j’ai été assez fou pour le faire quand la guerre a éclaté. Ce n’était pas tant pour venger les attentats que par inconscience. C’était une sorte d’acte autodestructeur, je voulais voir le côté sombre de la nature humaine, sentir la mort de près. Je viens d’une famille de militaires : mes deux grands-parents paternels étaient dans l’armée. »

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Le lagon noir d’Arnaldur Indridason

Un vent violent soufflait sur la lande de Midnesheidi. Venu du nord et des hautes terres désertes, il franchissait les eaux agitées du golfe de Faxafloi, puis se précipitait, glacial et mordant, sur les ondulations du paysage, saupoudrant d’une fine couche de neige les plantes rases, transies et prostrées, qui dépassaient à peine des roches […]

Compagnie K de William March

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Première Guerre mondiale. Décembre 1917. 113 soldats américains de la compagnie K combattent en France. Tour à tour convoqués par l’auteur, ils racontent le quotidien de la guerre, leur guerre, telle qu’ils la vivent, dans leur âme et dans leur chair.

Nul besoin de leçon d’histoire. En 113 courts chapitres, tout est dit. L’horreur, l’enfer des tranchées, la peur, la faim, les ordres absurdes qu’il faut exécuter, les balles qui vous frôlent, le regard du camarade qui tombe, la douleur, la mort qui vous prend, la désillusion face à un conflit qui s’enlise.
Au cœur de l’abîme, il est aussi question d’espoir, celui de survivre, de guérir, de quitter ce bourbier et la tentation, de plus en plus forte, de déserter pour sauver sa peau et ce qu’il vous reste d’humanité…Lire la suite »