22/11/63, un Stephen King tendre comme une bonne entrecôte

stephen-king-22-11-63-liseuses-de-bordeauxLe 22/11/63, l’assassinat du président Kennedy bouleversa le monde comme le firent quarante ans plus tard, les attentats du 11 septembre 2001.
Et si cette tragédie pouvait encore être évitée, effacée des livres d’histoire ? Et si les journaux de l’époque pouvaient titrer « Dallas : JFK et Jackie sains et saufs » ?

Le point de départ de 22/11/63, une fissure temporelle permettant de revenir dans le passé, semble être une idée rebattue de la littérature de science-fiction, engendrée par une imagination paresseuse. Jake Epping, professeur trentenaire sans attaches, pourrait se glisser dans cette faille temporelle et changer le passé ? Le voici parti, et nous à ses basques, dans l’Amérique du début des années soixante – cinéphiles, pensez Mad men ou Psychose, mélomanes, pensez Elvis – pour une balade tour à tour contemplative, glaçante ou effrénée, toujours passionnante. L’écriture est précise, souvent drôle, elle a le goût du détail et de la sensation. Lorsque Jake a la fièvre, vous avez froid, quand il rend son déjeuner, vous savez ce qu’il a mangé, quand il se réveille après un passage à tabac, vous ressentez sa douleur. Jake Epping, un homme comme vous et moi, aimant, souffrant, tentant de construire sa vie et… projeté dans l’Histoire.

22/11/63 est une pièce maîtresse de l’œuvre de Stephen King, auteur majeur que l’on ne peut plus réduire à Shining ou Carrie. 22/11/63 est une entrecôte saignante, mais pas taillée à même l’os sous nos yeux dans l’arrière-cuisine du boucher, c’est une belle pièce passée en cuisine 3 étoiles. Devant ce plat, vous aurez peut-être un reste de gène en pensant à la pauvre bête passée par l’abattoir – et oui, du sang et des larmes – mais vous fermerez les yeux et le délicieux fumet de viande grillée, « civilisée » par le grand cuisinier Stephen King, vous ravira.

Si vous aimez King, vous avez sans doute déjà dévoré ce roman sorti il y a un an.

Si vous pensez détester King, s’il vous dégoûte ou vous fait peur, lisez 22/11/63 et découvrez la face lumineuse de cet écrivain, son amour de l’amour, sa tendresse, son habileté de conteur et sa finesse.

Isabelle

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Une réflexion sur “22/11/63, un Stephen King tendre comme une bonne entrecôte

  1. trop forte Isabelle ! Tu sais quoi ? Je rêve d’une soupente (avec vue sur la mer ce serait un plus), boisson fraîche et trucs sympas à grignoter et des heures de lecture non stop, pour découvrir ce pavé digne d’un charolais à ce qu’il paraît …. Miam, miam,…

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