Le fils de Philipp Meyer

etats-unis texas histoire indiens mythologie violenceCow-boy solitaire et vertueux parcourant des contrées sauvages, sage indien fumant le calumet de la paix… la mythologie fondatrice du grand Ouest américain a du plomb dans l’aile.
Dans son roman Le fils paru en août dernier, Philipp Meyer s’applique à déconstruire les mythes de la conquête de l’Ouest, jetant un regard réaliste et cru sur ce pan de l’histoire américaine. Lire la suite

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Dans le grand cercle du monde

Dans le cadre du festival Lettres du Monde, nous avons rencontré Joseph Boyden, grand écrivain canadien, à la bibliothèque du Grand Parc. Un beau moment, aussi fort que son dernier roman. Dans le grand cercle du monde de Joseph Boyden … Lire la suite

22/11/63, un Stephen King tendre comme une bonne entrecôte

stephen-king-22-11-63-liseuses-de-bordeauxLe 22/11/63, l’assassinat du président Kennedy bouleversa le monde comme le firent quarante ans plus tard, les attentats du 11 septembre 2001.
Et si cette tragédie pouvait encore être évitée, effacée des livres d’histoire ? Et si les journaux de l’époque pouvaient titrer « Dallas : JFK et Jackie sains et saufs » ?

Le point de départ de 22/11/63, une fissure temporelle permettant de revenir dans le passé, semble être une idée rebattue de la littérature de science-fiction, engendrée par une imagination paresseuse. Jake Epping, professeur trentenaire sans attaches, pourrait se glisser dans cette faille temporelle et changer le passé ? Le voici parti, et nous à ses basques, dans l’Amérique du début des années soixante – cinéphiles, pensez Mad men ou Psychose, mélomanes, pensez Elvis – pour une balade tour à tour contemplative, glaçante ou effrénée, toujours passionnante. L’écriture est précise, souvent drôle, elle a le goût du détail et de la sensation. Lorsque Jake a la fièvre, vous avez froid, Lire la suite

Au revoir là-haut : on aime, on n’aime pas

Les Liseuses donnent leur avis sur ce livre nominé au Prix des Lecteurs-Escale du Livre.
lemaitre

ON AIME

Avant même l’obtention du prix Goncourt, plusieurs critiques m’avaient donné envie de lire ce livre. Et je n’ai pas été déçue. Tout y est : une écriture fine, une analyse profonde des personnages, une histoire passionnante et une trame digne d’un roman policier ( dont l’auteur est issu).

Deux soldats vont se rencontrer sur le champ de bataille à la veille de l’armistice de 1918. Blessés, ils vont se retrouver dépendants l’un de l’autre. Trop abîmés pour un retour à une vie normale et déçus par un Etat qui s’occupe plus des morts que des vivants, ils vont monter une escroquerie d’une ampleur nationale et totalement amorale.
Ce roman est le contraire de ce que j’avais déjà pu lire sur la première guerre mondiale. Il ne glorifie pas ses soldats, n’en fait pas des héros. Les gradés et les traîtres réussissent. Les soldats blessés, tant moralement que physiquement, végètent dans un après-guerre qui n’a pas besoin d’eux et qui surtout n’en veut pas.

Pierre Lemaitre m’a tenue en haleine durant tout son roman. J’ai lu quelque part qu’il écrivait également des scénarios. C’est sans doute pour cela que ce roman est aussi réaliste et rythmé.
Pour moi, un bon Goncourt.

Par Edith

ON N’AIME PAS

Je n’ai pas aimé « Au revoir là-haut »… sans doute parce que j’ai adoré « 14 » d’Echenoz.
Autant j’ai été impressionnée et émue par la concision d’orfèvre du texte d’Echenoz qui en une centaine de pages convoque toute l’horreur et le gâchis de 14/18, autant le style de Pierre Lemaitre m’a irritée.
Pierre Lemaitre ne montre pas, il démontre. Il raconte, il explique, ne laissant au lecteur aucun espace pour se projeter dans les situations vécues par ses personnages.
J’ai lu les 566 pages de son livre sans parvenir à me représenter ni Albert, ni Edouard, ni les décors, ni les atmosphères.
On parle à propos d’ « Au revoir là-haut » de roman naturaliste, d’ambition picaresque. L’écriture est effectivement datée. Il y a du Maurice Leblanc chez Pierre Lemaitre.
On trouve de bonnes idées comme l’arnaque aux monuments aux morts mais l’intrigue est cousue de fil blanc, les rebondissements tirés par les cheveux (ce qui pour un auteur de polars est embêtant).
Les méchants sont très méchants, les gentils très gentils. Tout ceci fait peut-être un roman mais un Goncourt ?
Au final, ce que je préfère, c’est l’exergue emprunté à Jean Blanchard fusillé pour traîtrise le 4 décembre 1914 et réhabilité le 29 janvier 1921 : « Je te donne rendez-vous au ciel où j’espère que Dieu nous réunira. Au revoir là-haut, ma chère épouse… ».

Par Hélène

Goncourt

Le prix Goncourt 2013 a été attribué à l’écrivain Pierre Lemaitre pour son roman Au revoir là-haut paru chez Albin Michel.
Jusqu’ici connu pour ses romans policiers, Pierre Lemaitre choisit de mettre en lumière « un angle mort » de l’histoire de la Première Guerre mondiale : la démobilisation. A travers le destin de deux jeunes soldats rentrant du front, l’auteur décrit une société qui peine à intégrer ses vétérans.
A l’aube des commémorations de 14-18, l’écrivain dénonce la fureur commémorative qui habite la France, préférant dresser des monuments à la mémoire des morts plutôt que s’occuper de ses soldats vivants, ne sachant trop qu’en faire, comme s’ils étaient devenus trop encombrants.

Marisa