Et au milieu coule une rivière

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Nous avons déjà beaucoup écrit sur Ron Rash et avions déploré à l’époque qu’on ne parle pas plus de lui en France. Avec Une terre d’ombre, élu meilleur roman noir en 2014 par le magazine Lire, cet oubli est enfin réparé. Désormais, la sortie d’un de ses romans est un événement salué par la critique et l’apparition de l’auteur américain sur la plateau de La Grande Librairie, le 21 janvier dernier, constitue un preuve supplémentaire de sa consécration.

Le chant de la Tamassee, son deuxième roman, est paru en 2004 aux États-Unis. Enfin traduit en français, il vient d’être édité aux éditions du Seuil.

Dans ce roman, Maggie Glenn, la narratrice, est photographe pour un journal de Columbia. Un fait divers tragique vient d’avoir lieu dans le comté d’Oconee dont elle est originaire et elle est dépêchée sur place pour couvrir l’événement avec son collègue Allen Hemphill.Lire la suite »

En toute franchise

en-toute-franchise-richard-ford-liseuses-de-bordeauxRichard Ford est inégalable lorsqu’il s’agit de relever des détails infimes de la vie, de raccrocher les événements qui tourmentent le monde à une vie plus ténue. Il est l’écrivain qui peut traiter avec discrétion et intelligence de sujets universels comme la vieillesse, la mort, la foi, le mariage… tout en étant caustique et politiquement incorrect.

Dans En toute franchise, Richard Ford rappelle Franck Bascombe, héros de trois de ses précédents romans, aujourd’hui âgé de soixante-huit ans. Après avoir vu l’une de ses anciennes maisons littéralement retournée par l’ouragan Sandy, Franck, ancien journaliste sportif et agent immobilier, dresse un bilan de sa vie. Ses questionnements sont assurément universels et les lecteurs y retrouveront les leurs : Que vaut une révélation dont les faits se sont passés il y a trente ans ? Quelles relations entretenons-nous avec nos enfants et notre ex-femme malade ?Lire la suite »

D’ailleurs les poissons n’ont pas de pieds

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La vie naît par les mots et la mort habite le silence. C’est pourquoi il nous faut continuer d’écrire, de conter, de marmonner des vers de poésie et des jurons, ainsi nous maintiendrons la faucheuse à distance, quelques instants.

Révélé par sa trilogie Entre ciel et terre, La tristesse des anges et Le cœur de l’homme (Folio) dont je vous conseille vivement la lecture, Jón Kalman Stefánsson nous revient avec ce roman au titre étrange : D’ailleurs, les poissons n’ont pas de pieds, servi par la traduction du talentueux Eric Boury.Lire la suite »

Kinga Wyrzykowska, lauréate du prix Plume 2015

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Le prix Plume de l’enseigne Cultura, qui couronne un premier roman jeunesse, a été remis mardi 16 juin à Paris. J’ai eu la chance d’être sur place et de discuter avec la grande gagnante : Kinga Wyrzykowska, lauréate pour son roman Memor, le monde d’après.
Son roman fantastique nous parle de deux mondes : le nôtre et Memor, « le monde d’après » où les défunts vivent en sursis, suspendus au souvenir des hommes.
Jeune garçon arrivé en France depuis peu avec sa famille, Tomek a quitté la Pologne et ses origines après la mort accidentelle de son frère Tadzio. On découvre alors une famille qui tente de se reconstruire malgré l’absence de Tadzio.
Avant de quitter la Pologne, la merveilleuse Baba Mira a confié à Tomek la Mnémosyne, une pierre qui donne à celui qui la possède le pouvoir d’appeler les morts. Or celui-ci s’aperçoit que son frère Tadzio s’efface de la dernière photo prise de lui avant l’accident. A l’aide de cette pierre, Tomek va se rendre à Memor. Commence alors une course folle pour retrouver Tadzio.Lire la suite »