Déneiger le ciel d’André Bucher

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Voilà aux éditions Sabine Wespieser un petit bonheur de lecture pour cette nouvelle année !

Vous le lirez sans doute d’une seule traite, et l’idéal serait de le lire au coin d’un feu, alors qu’il neige au dehors… Mais à défaut de montagnes et de flocons, l’auteur saura vous emmener, un 23 décembre, dans une rude nature qui confronte parfois l’homme à son histoire, ses limites et ses ressources.

L’histoire est celle d’une nuit bien insolite au fond d’une vallée reculée des Alpes… Pour la première fois depuis vingt ans, David ne partira pas déneiger les routes avec son tracteur. David est veuf. Il est seul dans sa ferme isolée et attend la visite de son « presque » fils. Le jeune homme a annoncé sa venue tardivement et a décidé de finir le trajet à pied, malgré la tempête. Le ciel n’est plus qu’un rideau de neige, le froid gèle les cascades. David s’inquiète…. Il part alors à la rencontre de ce « presque » fils, sur les chemins de silence et de glace. Lire la suite

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Station Eleven, roman post-apocalyptique

emily-saint-john-mandel-station-eleven-liseuses-de-bordeauxStation Eleven d’Emily Saint John Mandel est un roman post-apocalyptique qui m’a fait passer un bon moment, bien que je ne sois pas familière du genre.

Station Eleven commence par une fin spectaculaire : la mort sur scène d’un acteur – Arthur Leander – interprétant le Roi Lear. Un secouriste – Jeevan Chaundhary – monte sur scène pour lui porter les premiers secours, sous les yeux d’une fillette de huit ans – Kirsten Raymonde – actrice au rôle muet. Les trois personnages principaux du roman sont réunis dans cette scène, juste avant qu’une catastrophe beaucoup plus grande chamboule l’ordre du monde : une épidémie de grippe décime la population et impose une réorganisation de la société. Lire la suite

Et au milieu coule une rivière

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Nous avons déjà beaucoup écrit sur Ron Rash et avions déploré à l’époque qu’on ne parle pas plus de lui en France. Avec Une terre d’ombre, élu meilleur roman noir en 2014 par le magazine Lire, cet oubli est enfin réparé. Désormais, la sortie d’un de ses romans est un événement salué par la critique et l’apparition de l’auteur américain sur la plateau de La Grande Librairie, le 21 janvier dernier, constitue un preuve supplémentaire de sa consécration.

Le chant de la Tamassee, son deuxième roman, est paru en 2004 aux États-Unis. Enfin traduit en français, il vient d’être édité aux éditions du Seuil.

Dans ce roman, Maggie Glenn, la narratrice, est photographe pour un journal de Columbia. Un fait divers tragique vient d’avoir lieu dans le comté d’Oconee dont elle est originaire et elle est dépêchée sur place pour couvrir l’événement avec son collègue Allen Hemphill. Lire la suite

En toute franchise

en-toute-franchise-richard-ford-liseuses-de-bordeauxRichard Ford est inégalable lorsqu’il s’agit de relever des détails infimes de la vie, de raccrocher les événements qui tourmentent le monde à une vie plus ténue. Il est l’écrivain qui peut traiter avec discrétion et intelligence de sujets universels comme la vieillesse, la mort, la foi, le mariage… tout en étant caustique et politiquement incorrect.

Dans En toute franchise, Richard Ford rappelle Franck Bascombe, héros de trois de ses précédents romans, aujourd’hui âgé de soixante-huit ans. Après avoir vu l’une de ses anciennes maisons littéralement retournée par l’ouragan Sandy, Franck, ancien journaliste sportif et agent immobilier, dresse un bilan de sa vie. Ses questionnements sont assurément universels et les lecteurs y retrouveront les leurs : Que vaut une révélation dont les faits se sont passés il y a trente ans ? Quelles relations entretenons-nous avec nos enfants et notre ex-femme malade ? Lire la suite

D’ailleurs les poissons n’ont pas de pieds

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La vie naît par les mots et la mort habite le silence. C’est pourquoi il nous faut continuer d’écrire, de conter, de marmonner des vers de poésie et des jurons, ainsi nous maintiendrons la faucheuse à distance, quelques instants.

Révélé par sa trilogie Entre ciel et terre, La tristesse des anges et Le cœur de l’homme (Folio) dont je vous conseille vivement la lecture, Jón Kalman Stefánsson nous revient avec ce roman au titre étrange : D’ailleurs, les poissons n’ont pas de pieds, servi par la traduction du talentueux Eric Boury. Lire la suite