Interview d’Astrid Manfredi

Lauréate du prix du premier roman au festival de Chambéry pour La petite barbare, livre dont nous avons déjà parlé ici, Astrid Manfredi a accepté de revenir pour nous sur son écriture. Une occasion d’en savoir plus sur la fabrique de ce roman fort, très fort…

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Pourquoi avoir choisi un fait divers comme sujet de votre premier roman ?
Astrid Manfredi
  Ce n’est pas tant le fait divers qui m’a intéressée, d’ailleurs le roman ne déploie pas l’affaire du gang des barbares dans son entièreté – ça ne m’intéressait pas au regard du halo d’horreurs qui entoure cette histoire.
Ce qui m’a intéressée, c’est la jeune femme qui servait d’appât et qui était sous l’emprise du leader du gang. Et plus particulièrement, c’est la liaison de cette jeune femme avec le directeur de la prison qui m’a intéressée et que j’ai découverte dans un entrefilet d’un journal : j’ai trouvé que c’était un matériau romanesque incroyable.Lire la suite »

Minh Tran Huy ou la mémoire en héritage

voyageur-malgre-lui-minh-tran-huy-liseuses-de-bordeauxPrix de l’Escale du livre cette année pour son troisième roman, Voyageur malgré lui, Minh Tran Huy est venue rencontrer ses lecteurs lors de cette manifestation. Elle nous a parlé de son enfance durant laquelle, élevée par sa grand-mère, elle voyait le monde en vietnamien et nous a expliqué comment, au fur et à mesure, la langue et la culture se sont effacées. C’est ainsi que pour elle, nostalgie de l’enfance et nostalgie du vietnamien sont intimement liées.
Voyageur malgré lui est l’histoire du père de Minh Tran Huy, réfugié vietnamien arrivé en France comme étudiant. Line, narratrice au métier très poétique d’enregistreuse de sons, nous raconte plusieurs destins de voyageurs malgré eux, avant d’arriver à l’histoire de son père : Albert Dadas, fugueur maladif; Samia Yusuf Omar, athlète somalienne, héroïne des jeux de Pékin et noyée en mer en tentant de rejoindre l’Europe juste avant les JO de Londres; Thinh, l’oncle bizarre; Hoai, la cousine disparue.Lire la suite »

Le tort du soldat

le-tort-du-soldat-erri-de-luca-liseuses-de-bordeauxLe tort du soldat est le dernier roman paru d’Erri De Luca. Il est court, profond et sobre.

Un homme qui fut soldat dans l’armée nazie passe le reste de sa vie à craindre d’être rattrapé et jugé pour ce qu’il a fait. Après avoir fui quelque temps en Amérique latine, il revient à Vienne avec sa fille où il vit dans la peur. Il ne reniera jamais ses convictions nazies et considérera même que son seul tort est d’avoir été vaincu.Lire la suite »

Tahar Ben Jelloun – Journal indien

tahar-ben-jelloun1Cet article est paru le 17 février 2013 dans le journal italien La Repubblica. Sa traduction nous est ici proposée par Baptiste Chauveau. 

L’auteur Tahar Ben Jelloun retourne en Inde après vingt années. Il retrouve un pays encore en proie aux violences et aux injustices ‘‘mais qui cherche sa propre voie vers la modernité’’. Dans les notes de voyage que l’écrivain franco-marocain a rédigées  pour  La Repubblica, on découvre les milles contradictions de la plus grande des démocraties.

L’auteur
Tahar Ben Jelloun est né à Fez, au Maroc, en 1944 et vit à Paris depuis 1971. Il a enseigné la philosophie et la psychologie sociale. Parmi ses livres, Le racisme expliqué à ma fille.

Lost in Jaipur, notes éparses du nouveau monde. Vingt années se sont écoulées depuis mon premier voyage en Inde. J’arrivai alors en plein jour. À peine descendu de l’avion, je me souviens avoir éprouvé un choc physique : l’Inde a ses odeurs spécifiques qui accueillent le visiteur et le submergent immédiatement dans un authentique dépaysement. Odeurs d’épices, de parfums, air pollué, senteurs d’une humanité qui vit, se bat et ne s’arrête pas pour te regarder. La vie avec ses rythmes et son mouvement perpétuel. Une vie qu’on arrache avec les dents.Lire la suite »