Le lagon noir d’Arnaldur Indridason

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Un vent violent soufflait sur la lande de Midnesheidi. Venu du nord et des hautes terres désertes, il franchissait les eaux agitées du golfe de Faxafloi, puis se précipitait, glacial et mordant, sur les ondulations du paysage, saupoudrant d’une fine couche de neige les plantes rases, transies et prostrées, qui dépassaient à peine des roches et des blocs de pierre. La végétation à la merci de la mer et du vent du nord livrait une lutte incessante. Seules les plantes les plus endurcies parvenaient à survivre ici.

Ainsi commence Le lagon noir, sorti aujourd’hui en librairie. Les amis d’Erlendur vont découvrir ce nouvel opus avec joie même si, à notre avis, ce n’est pas le meilleur roman d’Indridason : il ne détrônera ni La femme en vert, ni La cité des jarres.

Deux enquêtes occupent les policiers de Reykjavík. La première commence avec la découverte du cadavre d’un homme, dans un lagon, au milieu d’un champ de lave nommé Illahraun, comprenez le Champ de lave maléfique. Son état laisse à penser qu’il a fait une chute vertigineuse avant de se fracasser au sol.

La seconde enquête est menée en catimini par Erlendur. Il n’est pas encore l’homme dépressif et seul que nous connaissons : nous sommes en 1979, Erlendur a 30 ans, il vient d’entrer à la brigade d’enquêtes criminelles et sort tout juste d’un divorce.
L’enquête qui préoccupe donc notre-bon-vieux-Erlendur-devenu-jeune est la disparition d’une jeune femme, 25 ans plus tôt. Cette affaire n’a jamais été résolue : son corps n’a jamais été retrouvé et aucun indice n’a permis d’éclaircir le mystère de sa disparition.

Elle avait disparu sans laisser de traces, comme si la terre l’avait engloutie.

Comme toujours dans ses romans, Indridason raconte, en toile de fond, l’histoire de l’Islande. Il évoque dans Le lagon noir la présence des États-Unis sur le sol islandais, choisissant comme décor principal la base américaine de Keflavik, source de tensions entre les deux pays. Si nous avons un seul reproche à faire à l’auteur, c’est celui de consacrer trop de temps à ce sujet. Ces passages sont trop longs et nuisent grandement à la fluidité du récit.

A nouveau, après Les nuits de Reykjavík, Indridason revient sur les débuts d’Erlendur. Nous aimions bien, pourtant, notre bon vieux Erlendur, traînant ses casseroles, cabossé par la vie. Car Erlendur est comme le vin, il se bonifie avec le temps. C’est une expérience troublante de retrouver ce personnage avant la chute, un peu comme si vous quittiez un copain au coin de la rue, la quarantaine, des soucis plein les bottes, pour le retrouver, quelques années plus tard, hilare, avec un bel acné.

Cher Arnaldur, par pitié, rendez-nous notre bon vieux Erlendur !

Marisa, 03/03/2016

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