Les Hautes Herbes

 

Les Hautes Herbes d’Hubert Voignier est une partition de poésie, composée de quatre mouvements : impulsif, récitatif, dérivatif et méditatif. La porte de cet univers est la jaquette, dont l’éditeur a pris soin d’agrémenter le livre. Elle est tissée, fibreuse et recouverte d’ombelles, et de nuances vertes différentes, promesses du texte à venir. A l’intérieur, les illustrations d’Estelle Aguelon sont aussi discrètes que les fleurs sauvages qu’elles représentent, pour disparaitre dans la couleur de la police utilisée, celle des champs.

En pénétrant Les Hautes Herbes, j’ai fait corps avec la Nature, dans un dialogue sensoriel et charnel. J’attendais, patiemment, son réveil. Je le redécouvrais au plus près d’elle-même, dans tous ses bruissements, des bourdonnements d’insectes au vent dans les feuilles palmées de la trolle. Je humais les odeurs multiples des fleurs, des moments de la journée, des évènements jusqu’à éternuer, submergée par le pollen. Enfin, j’ai aimé l’écriture du poète lyonnais qui est précise, savante aussi dans l’innombrable dénomination des fleurs, qui appelle à la rêverie. Le printemps revenu diffuse ses beautés, on ne peut plus naturelles, et distille un furieux désir de stopper les habitudes quotidiennes et, surtout, leur rythme cyclique et effréné. Dans ce récit, tous les verts sont tendres, à l’émotion de la sève qui monte, à croire qu’elle serait aussi notre carburant pour les mois à venir.

Bérengère, 9 août 2018

Vous pouvez aussi écouter des extraits en postcast sur France culture, lus par des membres de la Comédie française qui mettent en valeur ce texte.

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Le grand roman de l’Amérique

Ron Rash était l’invité du festival Lettres du Monde en novembre dernier. Extrait de la rencontre intitulée Le grand roman de l’Amérique, animée par Marisa à la bibliothèque Mériadeck le 19 novembre. A la suite, nous vous proposons des entretiens de Marie-Caroline Aubert, son éditrice (Le Seuil) et d’Isabelle Reinharez, sa traductrice, afin d’enrichir votre connaissance de ce grand écrivain.

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Indian Creek ou l’apprentissage de la vie sauvage

indian-creek-pete-fromm-liseuses-de-bordeauxIndian Creek de Pete Fromm est le récit charmant, empli d’humour et d’humilité d’une période d’apprentissage exceptionnelle.

Pete Fromm, alors étudiant en biologie animale, accepte de s’isoler pendant sept mois au fin fond des Rocheuses pour assurer la surveillance d’un bassin de saumons. Insouciant – et probablement aussi un peu inconscient – il part s’installer dans l’Indian Creek, à la frontière entre le Montana et l’Idaho, avec pour seul bagage sa vision romantique de la vie de trappeur et quelques livres. Lire la suite

San Miguel de T.C. Boyle

t-c-boyle-san-miguel-liseuses-de-bordeauxC’est la lecture d’un auteur américain qui m’a donné l’envie d’écrire un post. Il s’agit cette fois de T.C. Boyle, auteur dont je viens de finir le dernier roman, San Miguel. Son premier roman, America, prix Médicis étranger, m’avait fait découvrir cet écrivain à la fin des années 90.
Dans celui-ci, deux familles. Deux (et même trois) histoires de femmes. Et dans chaque histoire l’élément commun, le lieu de l’action, joue les premiers rôles.

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L’écorce qui s’écaillait dévoilait du bois couleur d’os…

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Une terre d’ombre est le dernier roman paru de Ron Rash, auteur américain, romancier et poète, originaire de Caroline du Sud.
Le titre renvoie non seulement à l’ombre tenace qui règne dans un petit vallon isolé du soleil par une haute falaise de granit, mais aussi à l’obscurantisme des habitants de la contrée qui entoure le vallon.
Nous sommes dans la chaîne des Blue Ridge dans les Appalaches, région montagneuse, isolée et grandiose.
Laurel et son frère Hank, récemment revenu de la guerre 14-18 en Europe où il a perdu une main, habitent la ferme construite par leurs parents, morts depuis, dans le vallon privé de soleil. Lire la suite