Jacques et son maître

kundera

La semaine dernière au Lieu sans Nom à Bordeaux, la Compagnie Tiberghien jouait une pièce de Milan Kundera, Jacques et son maître. Sans ancrage spatio-temporel, la pièce relate une conversation entre un valet et son maître au cours d’un voyage, à laquelle s’en ajoutent d’autres au fil de leurs rencontres et qui toutes ont un lien avec les conquêtes féminines… Mais la pièce ne saurait être que légèreté; il est également question de détermination et de destin. Les chassés-croisés entre les histoires des uns et des autres promènent les spectateurs, complices. Gilbert Tiberghien, metteur et scène, a répondu à nos questions.

Pourquoi avoir choisi Jacques et son Maître de Milan Kundera? Qu’est-ce qui vous a plu dans ce texte ?
Cette pièce de Milan Kundera est une bonne variation sur le roman de Denis Diderot Jacques le fataliste et son maître qui posait avec brio les problèmes de la création littéraire. La langue de Kundera est charpentée, le propos truculent, remarquable de vivacité. C’est du théâtre pur, quasiment du théâtre de tréteaux : espace frontal, absence de décors. Le texte a en outre une fonction pratique pour une mise en scène qui mêle amateurs et professionnels. Cette œuvre est autant un hommage au théâtre (art dramatique) qu’un hommage au roman (art narratif).

La mise en scène laisse une grande place aux acteurs…
Tous les grands auteurs, de par la qualité de leur texte, laissent une grande place à l’acteur. Nous avons suivi les didascalies et avant tout cherché à faire résonner le texte de Kundera. Le tout étant de ne pas fausser le rapport texte-acteur par des apports hasardeux de mise en scène qui risquent d’être tout à fait superflus et de parasiter l’ensemble.

La Compagnie Tiberghien fait jouer ensemble professionnels et amateurs. Quels sont les avantages, les inconvénients ?
Professionnels et amateurs n’ont pas le même rythme. On doit donc trouver lors du travail sur la pièce un équilibre pour que chacun profite du jeu de l’autre, pour que l’expérience professionnelle et l’enthousiasme de l’amateur se rencontrent et se nourrissent mutuellement. C’est ce qui est important pour moi dans ce mix professionnels/amateurs : la notion de plaisir, inhérente à l’investissement amateur devient valeur de travail à part entière.

Plus d’information sur Le Lieu sans Nom : http://lieusansnombordeaux.wordpress.com/

Florence et Marie-France

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