L’aveuglement

José Saramago (Prix Nobel de Littérature 1998)

Points, 2000

« On ne voit bien qu’avec le coeur, l’essentiel est invisible pour les yeux » Saint-Exupéry

Dans une ville qui pourrait être n’importe quelle ville, un homme qui pourrait être n’importe quel homme devient aveugle, subitement, sans raison. Petit à petit, la cécité devient épidémie. De plus en plus de gens deviennent aveugles et sont campés dans un ancien asile, coupés du monde extérieur afin d’endiguer le fléau. Curieusement, une femme est épargnée par ce « mal blanc » et va servir de guide à un petit groupe d’hommes et de femmes.

A travers ses yeux, José Saramago déroule son récit apocalyptique, métaphore d’une humanité devenue aveugle parce qu’elle n’était plus capable de voir l’essentiel.

Ce roman présente un aspect stylistique tout à fait remarquable : aucun paragraphe, aucun espace entre les dialogues, ce qui n’empêche pas la fluidité du récit mais ajoute une lourdeur dramatique et une sensation d’étouffement à cette histoire.

En plus, les personnages n’ont pas de prénoms, pas de noms, sans doute pour permettre une transposition du récit dans d’autres époques et d’autres lieux, comme un récit-parabole, allégorique.

Il est vrai que ce roman rappelle La route de McCarthy : dans ce monde déshumanisé que nous relatent ces deux auteurs, il reste un espoir, petite lueur dans le lointain qui fait avancer ces hommes, qui les fait entrevoir le meilleur à travers le pire.

Marisa

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Une réflexion sur “L’aveuglement

  1. La lecture de ce livre me restera comme une expérience marquante. Je le trouve d’une profondeur rare. Les personnages n’ont pas de nom, effectivement mais l’on n’est jamais perdu. L’auteur parle du premier aveugle, de la femme du premier aveugle, du médecin, de la jeune fille aux lunettes teintées, etc. Nous suivons un petit groupe de personnages assisté par la femme du médecin, celle qui ne devient pas aveugle. C’est un personnage à la dimension mythique des grandes figures de la tragédie. Elle est magnifique car elle doute, elle a peur mais elle avance et garde une grande humanité tout au long de cette épreuve.

    Isabelle

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