Ivan Jablonka n’est pas un auteur de roman policier, mais un historien. Sa venue sur Quai du polar est en lien avec la sortie de son livre en août 2025 au Seuil : La culture du féminicide. Nous voici à l’écouter, au Musée & théâtres romains de Lyon (ce qui en impose quand même) pour échanger avec l’épigraphiste (étude de la science des inscriptions) Élise Pampanay. Tous deux vont interroger les mécanismes, les représentations et la mémoire des violences conjugales de l’Antiquité à aujourd’hui. Des révélations aussi captivantes qu’un bon polar.
Et d’un hasard naquit la révolte… Une promenade en période de confinement réalisée dans un cimetière pour qu’elle puisse s’étirer un peu plus, une pierre tombale retraçant d’un mot nu et brutal la destinée de la défunte qui gît là, quelques coïncidences perçues comme des signes, l’entrecroisement de lieux faisant écho à la vie de l’auteure et celle-ci se décide à faire justice à Marina Chafroff-Maroutaëff, un nom qui avait tout pour marquer l’Histoire mais qui tomba tout simplement dans l’oubli. A faire justice à celle qui aurait dû devenir un personnage historique, et un peu à elle-même aussi.
Voilà la seule chose qui mérite d’exister dans les histoires comme dans la vraie vie. L’amour, l’amour offert aux enfants, aux siens comme à ceux des autres. L’amour qui fait que malgré tout ce qui existe, et tout ce qui n’existe pas, l’amour qui fait que la vie continue.
Voilà un récit aussi noir que lumineux. Un tout petit livre que vous lirez d’un seul élan, avec une émotion intense. Il méritera sans doute une deuxième lecture. Jean-Claude Grumberg nous offre une histoire dans une écriture entre conte et mythe. « Il était une fois dans un grand bois une pauvre bucheronne et un pauvre bucheron »… La faim était constante, en ces temps de guerre mondiale. Sous son manteau de neige, la nature glacée était elle-même prise de désolation. Quelques trains traversaient les champs vers des lieux dont on ne revenait pas… Vous avez compris… C’est l’histoire de l’horreur, d’un tabou et de toutes les hontes : celles de perdre le sentiment d’apparentement humain. Mais aussi celle d’un enfant, des mains pour penser et sauver la vie, et de la richesse au-delà de toutes les misères. Ce récit est simplement magnifique…
Laetitia, le 14 février 2022
La plus précieuse des marchandises, Jean Claude Grumberg, éditions du Seuil, 2019
Dans l’Ecosse Victorienne, Will Raven, jeune étudiant en médecine à Edimbourg, entre comme apprenti chez le Pr Simpson, médecin renommé en obstétrique à la pointe de la recherche sur les anesthésiants. Chez le professeur, il fait la connaissance de Sarah, jeune femme de chambre et accessoirement assistante du professeur. Au même moment, plusieurs femmes de milieu modeste sont retrouvées mortes dans des circonstances suspectes. Face à l’indifférence de la police, Will qui était proche d’une des victimes, va mener sa propre enquête avec l’aide de Sarah.
En parallèle, il va suivre le Professeur qui intervient auprès de toutes les catégories sociales, pour l’épauler pendant les accouchements. La mortalité des femmes en couche est encore très élevée. Le professeur est à la pointe de la recherche de médicaments permettant d’accoucher sans douleur. L’époque est marquée par une compétition scientifique effrénée mêlée à une grande réticence religieuse.