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Jean Echenoz, Editions de Minuit, 2012

En triant des documents suite au décès d’un proche, Jean Echenoz découvre des carnets rédigés par un appelé durant la Grande Guerre. Poussé par la curiosité, il retranscrit ces carnets, suit le mouvement des troupes sur des cartes géographiques et, de fil en aiguille, se documente sur la guerre durant de longs mois.

Tout naturellement, il décide d’en faire un roman. Après la trilogie RavelCourirDes éclairs, romans sur la vie de personnages réels, Jean Echenoz imagine l’histoire de cinq hommes partis à la guerre et d’une femme qui en attend deux d’entre eux, Anthime et son frère Charles.

Là où l’écrivain excelle, c’est dans son choix de ne pas dresser une fresque interminable sur la Grande Guerre. A l’image de son titre, le roman sera bref, concis, resserré, percutant, car « tout cela ayant été décrit mille fois, peut-être n’est-il pas la peine de s’attarder encore sur cet opéra sordide et puant ». C’est un pari réussi puisqu’en 124 pages, tout est dit.

Marisa

Marin mon cœur

de Eugène Savitzkaya

Les Editions de Minuit, 2010

Attention petit bijou ! 95 pages sous-titrées « Roman en mille chapitres dont les neuf dixièmes sont perdus » écrites par un père, le poète et romancier Eugène Savitzkaya, découvrant son premier-né, Marin. Fascination du géant pour les prodiges qu’accomplit le petit nain qui déjà prend ses aises et son autonomie.

Petit aperçu ( page 91) : « Le lion Marin secoue sa crinière dont la poussière monte devant le soleil. Chaque événement du jour lui prouve qu’il est bien le lion de la ménagerie. Les oiseaux s’envolent à son approche, les chats le craignent qui pourtant n’ont peur de rien et les chiens les plus calmes grognent sur son passage. »

Hélène

Des éclairs

de Jean Echenoz

Editions de Minuit, 2010

Il s’agit de la biographie fictive inspirée de la vie de l’ingénieur d’origine serbe Nikola Tesla (1856-1943) dont les travaux portèrent sur l’énergie électrique et les transmissions (considéré comme le créateur de la radiodiffusion). Surdoué, il parle sept langues, possède 14 doctorats, a déposé 900 brevets d’invention. Il émigre aux Etats-Unis à l’âge de 28 ans pour rejoindre l’entreprise de Thomas Edison.
On suit sa carrière fantasque, souriant de se troubles obsessionnels compulsifs et de sa seule passion avérée… des pigeons.
Ce roman s’inscrit dans une série de trois (avec Ravel et Courir). Ecriture distanciée d’Echenoz qui emmène le lecteur du réel au fantastique. Ecriture très visuelle, cinématographique, qui laisse beaucoup de traces dans la mémoire du lecteur. C’est aussi la découverte d’une époque, celle de l’industrie naissante aux Etats-Unis sur fond de prohibition.

Hélène