Marin mon cœur

de Eugène Savitzkaya

Les Editions de Minuit, 2010

Attention petit bijou ! 95 pages sous-titrées « Roman en mille chapitres dont les neuf dixièmes sont perdus » écrites par un père, le poète et romancier Eugène Savitzkaya, découvrant son premier-né, Marin. Fascination du géant pour les prodiges qu’accomplit le petit nain qui déjà prend ses aises et son autonomie.

Petit aperçu ( page 91) : « Le lion Marin secoue sa crinière dont la poussière monte devant le soleil. Chaque événement du jour lui prouve qu’il est bien le lion de la ménagerie. Les oiseaux s’envolent à son approche, les chats le craignent qui pourtant n’ont peur de rien et les chiens les plus calmes grognent sur son passage. »

Hélène

La couleur des sentiments

de Kathryn Stockett

J. Chambon, 2010

L’histoire de trois femmes dans la ville de Jackson, Mississipi, au début des années soixante. En 1962, dans la ville de Jackson, les lois raciales font autorité. Dans les familles de blancs, les bonnes sont noires. Elles font le ménage, s’occupent de la maison et des enfants.

Skeeter, une jeune femme blanche, revient de l’université et retourne dans sa famille à Jackson. Ses rêves d’avenir sont loin de ceux de ses amies qui ont déjà fondé un foyer. Elle veut écrire. Mais à son retour, la bonne de la famille, Constantine, qui l’a élevée et à laquelle elle est très attachée, ne travaille plus chez ses parents. Sa mère refuse de lui dire pourquoi. Elle va donc essayer de découvrir les raisons de son départ.Lire la suite »

L’épouse hollandaise

de Eric McCormack

Points, 2007

Un écrivain, embourbé dans l’écriture d’un roman-western (!), recueille les paroles de son voisin, un vieil homme, lors de visites à l’hôpital. C’est le début d’un récit d’aventures imbriquées vécues par ce voisin, par sa mère et surtout par son père, anthropologue passionné par les tribus « primitives ».  On voyage, on s’interroge, on essaye de comprendre. Un bon moment de lecture, qui fait « voir du pays », puisqu’on suit l’homme dans sa quête, et réfléchir sur le mystère des choix humains : pourquoi cette femme fait-elle entrer dans sa maison et dans sa vie un homme qui se présente comme son mari et ne l’est pas, pourquoi un homme part-il s’installer dans une île inhospitalière, pourquoi, pourquoi, pourquoi ?

Quelques mots sur Eric McCormack : écrivain, universitaire d’origine écossaise et vivant au Canada. Belle moustache.

Isabelle

La fille du fossoyeur

C.J. Oates est née en 1938. C’est une auteure américaine très féconde qui sort un livre par an (Les Chutes: prix Femina en 2005).

Dans ce roman, Oates dresse un portrait de femme, comme elle le fait souvent : victimes soumises au bon vouloir des hommes (autorité du père; domination sexuelle des hommes ), ballotées dans les tourmentes politiques, forcées de s’adapter aux circonstances économiques. Mais cette «fille du fossoyeur» va à sa manière prendre son destin en main et accepter d’aller vers ce qui est bon pour elle et respecte sa dignité.
«J’ai su alors qu’un homme pouvait aimer… Un homme peut être bon. Il n’est pas forcé de vous faire du mal.»
Rebecca est la fille de juifs allemands qui fuient le régime nazi et se réfugient dans une petite ville américaine.R est à la limite de deux mondes, elle naît en 1936 sur le bateau qui entre dans le port de New-York. Américaine donc. Lire la suite »