Agé de 81 ans, Tyrone Meehan revient à Killyberg, dans la maison de son père, pour y mourir. Tyrone Meehan est un traître. Il a trahi son parti, l’IRA, ses compagnons de lutte pour l’ennemi, les services secrets britanniques. Il a trahi sa cause, il s’est trahi lui-même, il a trahi sa famille, ses amis.
Tyrone Meehan nous raconte ses soixante ans de lutte, son amour pour l’Irlande, la vie dans les ghettos catholiques durant la seconde moitié du vingtième siècle, les humiliations, la prison, la mort. C’est un héros de la cause irlandaise aux yeux de toute sa communauté et de son «ami français». Et puis, il y a la trahison, longue, difficile, solitaire.
Lire la suite »
Auteur : Liseuses
14
Jean Echenoz, Editions de Minuit, 2012
En triant des documents suite au décès d’un proche, Jean Echenoz découvre des carnets rédigés par un appelé durant la Grande Guerre. Poussé par la curiosité, il retranscrit ces carnets, suit le mouvement des troupes sur des cartes géographiques et, de fil en aiguille, se documente sur la guerre durant de longs mois.
Tout naturellement, il décide d’en faire un roman. Après la trilogie Ravel, Courir, Des éclairs, romans sur la vie de personnages réels, Jean Echenoz imagine l’histoire de cinq hommes partis à la guerre et d’une femme qui en attend deux d’entre eux, Anthime et son frère Charles.
Là où l’écrivain excelle, c’est dans son choix de ne pas dresser une fresque interminable sur la Grande Guerre. A l’image de son titre, le roman sera bref, concis, resserré, percutant, car « tout cela ayant été décrit mille fois, peut-être n’est-il pas la peine de s’attarder encore sur cet opéra sordide et puant ». C’est un pari réussi puisqu’en 124 pages, tout est dit.
Marisa
Jayne Mansfield 1967

Simon Liberati, Grasset, 2011
Aux basses heures de la nuit, le 29 juin 1967, sur un tronçon de la route US 90 qui relie la ville de Biloxi à La Nouvelle-Orléans, une Buick Electra 225 bleu métallisé, modèle 66, se trouva engagée dans une collision mortelle.
Ainsi commence cet hommage fétichiste du sulfureux Simon Liberati, récompensé en 2011 par le prix Femina.
L’auteur nous avait déjà prévenu dans une interview accordée en 2009 au Nouvel Obs: Mon goût de la décapitation ne me vient pas de Marie-Antoinette, mais de la blonde Jayne Mansfield, morte décapitée dans un accident de voiture. Fixation oedipienne: enfant, j’allais avec papa à la sortie des Folies-Bergère, dans un café. Entre deux spectacles, maman sortait en peignoir. Elle était très maquillée et teinte en blonde.
Une année studieuse
Anne Wiazemsky, Gallimard, 2012
1966. Année studieuse. Anne Wiazemsky, qui a déjà tourné avec Robert Bresson, écrit une lettre enflammée à Godard, après avoir vu son film Masculin féminin.
1966, année tourmentée où l’on sent Anne Wiazemsky déroutée par la passion que lui voue Godard, incapable de s’engager, hésitant à braver les conventions sociales d’une famille bourgeoise menée par la figure tutélaire de son grand-père, François Mauriac. Quelques mois plus tard, dans le plus grand secret, elle choisit d’épouser Jean-Luc Godard, celui qui l’initie à l’amour, au cinéma, à la vie. Ils divorceront en 1979.
