Jayne Mansfield 1967

Jayne Mansfield – DR

Simon Liberati, Grasset, 2011

Aux basses heures de la nuit, le 29 juin 1967, sur un tronçon de la route US 90 qui relie la ville de Biloxi à La Nouvelle-Orléans, une Buick Electra 225 bleu métallisé, modèle 66, se trouva engagée dans une collision mortelle.
Ainsi commence cet hommage fétichiste du sulfureux Simon Liberati, récompensé en 2011 par le prix Femina.

L’auteur nous avait déjà prévenu dans une interview accordée en 2009 au Nouvel Obs: Mon goût de la décapitation ne me vient pas de Marie-Antoinette, mais de la blonde Jayne Mansfield, morte décapitée dans un accident de voiture. Fixation oedipienne: enfant, j’allais avec papa à la sortie des Folies-Bergère, dans un café. Entre deux spectacles, maman sortait en peignoir. Elle était très maquillée et teinte en blonde.

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Une année studieuse

anne wAnne Wiazemsky, Gallimard, 2012

1966. Année studieuse. Anne Wiazemsky, qui a déjà tourné avec Robert Bresson, écrit une lettre enflammée à Godard, après avoir vu son film Masculin féminin.
1966, année tourmentée où l’on sent Anne Wiazemsky déroutée par la passion que lui voue Godard, incapable de s’engager, hésitant à braver les conventions sociales d’une famille bourgeoise menée par la figure tutélaire de son grand-père, François Mauriac. Quelques mois plus tard, dans le plus grand secret, elle choisit d’épouser Jean-Luc Godard, celui qui l’initie à l’amour, au cinéma, à la vie. Ils divorceront en 1979.

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Harlan Coben chez Mollat : j’y étais !

Photo Philippe Taris

Je n’ai jamais lu Harlan Coben. J’avais entendu parler de lui, bien entendu, probablement dans les Carnets de route de Busnel, et lu un portrait que lui avait consacré le magazine Lire. Je savais également qu’un de ses livres était à l’origine du film de Guillaume Canet, Ne le dis à personne.

Intriguée par cet auteur américain dont on parle beaucoup, j’ai décidé de rendre à la rencontre dédicace de l’écrivain à la librairie Mollat. Quel personnage ! Lire la suite »

Une partie de chasse

Repêché pour vous dans Le Monde des livres du 12 octobre dernier, l’excellent article de Jean Birnbaum dont je vous livre quelques morceaux choisis :

« …Agnès Desarthe entraîne son lecteur dans une battue tragi-comique. On y entend la complainte intérieure d’un lapin qui a eu le malheur de quitter son gîte : « Je suis si petit, si mignon. Quel dommage. L’homme qui me ramasse me ressemble. Nous nous regardons. Son pouce est sur mon cœur qui bat encore. Il pleure. » Mais aussi les mots que Tristan, son bourreau involontaire, murmure pour le réconforter : « petit lapin, tu ne connaîtras jamais la victoire sur l’absurde, celle que nous accomplissons chaque jour, à chaque seconde de notre existence ». Et puis enfin, les grossièretés dont l’abreuvent ses camarades de chasse pour l’intégrer à leur confrérie de mensonges et de vanité…Tristan, voilà un héros pascalien. Profondément inadapté, il n’est nulle part chez lui, et c’est contraint et forcé qu’il finit lui aussi par creuser son terrier, par faire son trou… »

On retrouve dans cet opus d’Agnès Desarthe – dont on aime tous les livres- les phrases courtes, vives, l’humour et la sagesse. Un regard tendre et lucide sur nos contemporains et leurs dérisoires travers.

Hélène