Cliché, vous avez dit cliché ?

La Vérité sur l’affaire Harry Quebert de Joël Dicker a reçu le Goncourt des lycéens en 2012 et c’est la seule raison qui m’a poussé à le lire jusqu’au bout. Pour comprendre pourquoi un prix aussi prestigieux lui avait été attribué… Joël Dicker décortique le procédé d’écriture d’un roman tout en racontant, en parallèle, l’histoire […]

Des havanes à la Maison-Blanche

styronConstitué de quatorze essais, ce recueil posthume de William Styron a été publié en 2011 grâce à sa veuve Rose et son biographe.
En plus de constituer un témoignage intéressant sur son époque, ce livre présente l’intérêt de mieux appréhender l’oeuvre de cet auteur américain connu du grand public pour Les confessions de Nat Turner ou Le choix de Sophie, tous deux sujets à polémique.

Fumeur de havanes aux côtés de JFK en plein embargo sur les produits cubains, patient traité pour syphilis dans un hôpital militaire en 1944, intellectuel invité à la cérémonie d’investiture de François Mitterrand, William Styron revient sur les sujets qui lui sont chers : l’esclavage et la ségrégation raciale, la sexualité dans une société puritaine, la guerre, l’appréhension de sa propre mort.Lire la suite »

Secret absolu de W. Wilkie Collins

collinsDans un coin d’Angleterre pas très attirant – mais si bien décrit qu’on l’imagine sans problème – se noue, entre personnes de rangs différents, des liens qui seront (ou pas) à l’origine de leur perte.
Paru en France en 1858, un Secret absolu raconte la descente en enfer d’une dame de chambre, Sarah Leason, qui est la seule à connaître un secret mettant en cause la haute société victorienne.
J’avoue : cette écriture du 19ème siècle très alambiquée m’a gonflé au début. Et leur secret, je le voyais venir gros comme une pastèque ! Il n’empêche, je me suis laissé emporter par cette intrigue. Pas étonnant quand on sait que Collins était le mentor d’Hitchcock et considéré comme l’inventeur du thriller moderne (n’en déplaise à son ami et rival Dickens).
Ayez donc le courage de lire ces presque 500 pages, les dernières étant comme du chocolat qui vous fond dans la bouche : un pur bonheur. Au-delà de la découverte du secret, on avance petit à petit vers une description de l’âme humaine à « la recherche du bien, s’il se pouvait qu’il cohabite avec le mal dans le cœur des gens ».
Par Isa G.

Philippe Labro, l’homme pressé

J’ai assisté dernièrement à une conférence donnée par Philippe Labro à l’occasion de la sortie de son livre On a tiré sur le Président, édité chez Gallimard.  Je n’ai jamais lu un seul livre de lui, mais le sujet, l’assassinat de JFK, me passionne.
La salle est comble, la moyenne d’âge avoisine… les 80 ans.
A son arrivée, Philippe Labro est assez froid. On a peine à croire à de la timidité. Il grimace, se plaint de grésillement émis par les deux micros disposés sur la table. On se rappelle alors qu’il est journaliste depuis plusieurs décennies, que c’est un pro.
Lorsque l’animateur l’interroge, Philippe Labro l’interrompt pour rectifier ses propos. Il montre un certain agacement devant ses imprécisions, on se rappelle qu’il a l’habitude de cela, que les interviewes, il connaît cela, il en a lui-même fait des centaines. On le sent peut-être légèrement blasé.

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