L’humour nous sauvera

toutLe prix de Flore (distinction littéraire créée par Frédéric Beigbeder en 1994) a été décerné hier à Monica Sabolo, rédactrice en chef des pages culture du magazine Grazia, pour son livre Tout cela n’a rien à voir avec moi publié chez JC Lattès. Ce prix est récompensé par un chèque de 6 100 euros et 365 verres de Pouilly servis dans un verre gravé au nom de l’auteur à consommer au café de Flore.
Il se trouve qu’une amie m’a prêté ce livre la semaine dernière en me disant d’un air gourmand « Tu vas voir, c’est génial ». J’ai ouvert le livre et ….. l’ai refermé une heure plus tard (il est assez court, écrit gros et rempli de photos). Un ovni littéraire donc mais tendre, drôle, émouvant, surprenant, très, très habile et habité. On sent qu’il y a du vécu là-dedans.
L’histoire banale d’une femme qui tombe éperdument amoureuse d’un homme qui ne tombera jamais amoureux d’elle. Erreur d’évaluation fatale pour elle, aventure finalement encombrante pour lui. Je ne vous en dis pas plus, juste un conseil : lisez-le de toute urgence avant que les médias livrent les délicieuses surprises qu’il renferme.
Le genre de livre qu’on offre à ses amies et qui nous fait verser une petite larme sur nos amours mortes…..

Par Hélène

Dans la brume électrique… allumez la lumière

burkeNew Iberia, Louisiane. Deux femmes sauvagement assassinés sont retrouvées, victimes d’un tueur en série. Dans un marécage, un corps momifié ressurgit, entravé par des chaînes. Dave Robicheaux, inspecteur de police, mène l’enquête.

Décrit de la sorte, le roman policier de James Lee Burke pourrait passer pour un polar « classique », mais il n’en est rien.
En choisissant la Louisiane du Sud comme décor, l’auteur nous plonge dans l’obscurité des bayous, marécages à la végétation luxuriante.
« Devant notre fenêtre de chambre, les pacaniers étaient immobiles et gris, trempés d’humidité sous la fausse aurore. Puis les premières rougeurs du soleil vinrent percer la cime des arbres du marais, telle une allumette phosphorée qu’on aurait frottée contre le ciel« .
L’oeil n’est pas le seul sens éprouvé dans ce récit. Avec beaucoup de finesse, James Lee Burke parvient à restituer jusqu’aux odeurs fétides dégagées par ces corps en décomposition, baignant dans des eaux saumâtres et stagnantes….
Lorsque l’inspecteur Robicheaux est victime d’hallucinations, des troupes de soldats confédérés morts depuis des lustres apparaissent dans ce décor, rendant l’atmosphère encore plus oppressante, encore plus fantomatique.
Mais je ne vous en dirai pas plus…
Un livre à lire de toute urgence, de préférence en plein jour.

Par Marisa