Cliché, vous avez dit cliché ?

dickerLa Vérité sur l’affaire Harry Quebert de Joël Dicker a reçu le Goncourt des lycéens en 2012 et c’est la seule raison qui m’a poussé à le lire jusqu’au bout. Pour comprendre pourquoi un prix aussi prestigieux lui avait été attribué…

Joël Dicker décortique le procédé d’écriture d’un roman tout en racontant, en parallèle, l’histoire d’un écrivain pris dans une affaire où se mêlent meurtre et pédophilie dans un petit coin tranquille des Etats-Unis, et s’interroge sur ce qui fait un roman à succès. Tous les ingrédients du succès commercial sont réunis : un meurtre à résoudre, une affaire de pédophilie, un peu d’amour, des héros jeunes et beaux et un quasimodo, avec pour toile de fonds une Amérique de carte postale avec maisons blanches, côte sauvage et puritanisme. La facilité est de mise, jusque dans la simplicité de l’écriture : des mots simples, des phrases faciles, un enchainement d’idées éculées …

Cliché, vous avez dit cliché ? Assurément. Et il faut reconnaître que l’auteur les maîtrise très bien d’un bout à l’autre du livre. Mais il manque quelque chose, un peu plus d’ironie et de distance probablement, pour que le lecteur sente l’auteur prendre de la distance avec cette fabrique de roman à succès et prenne lui aussi ses distances avec ce genre. L’ironie de certaines situations/métaphores donne de la profondeur aux propos de l’auteur mais pas suffisamment : Nola, la jeune héroine dont il est dit qu’elle « parle si bien de l’amour« , alors qu’elle ne fait que répéter des « je t’aime« , l’analogie entre un frigo vide et la solitude de son propriétaire, les mouettes – oiseaux emblématiques de ce roman …

Florence

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4 réflexions sur “Cliché, vous avez dit cliché ?

  1. Lesécritsvains, vous avez trouvé les mots juste pour décrire ce que j’ai ressenti en lisant ce roman: il manque une prise de distance de l’auteur avec les procédés utilisés qui permette de jouer avec les clichés. Car la qualité est là, à mon avis. C’est de distance qu’il s’agit :-). Florence

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  2. Evasion ou qualité ?
    Ce livre j’ai moi aussi fini par le lire alors qu’on m’en parlait depuis des mois comme « THE livre à lire » : rien de tel pour me repousser ! et pourtant j’ai abdiqué …. et adoré (argghhhhhhhh). Tombée dans le piège ? je ne sais pas. Je suis assez d’accord avec tes propos Florence, simplicité de l’écriture, gros clichés, et pourtant ce livre m’a vraiment embarqué. Je suis peut être (parfois) plus à la recherche d’évasion que de qualité. Isa G.

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  3. Si l’auteur maîtrise très bien les clichés, on peut regretter qu’il n’en joue pas. Au contraire, j’ai trouvé qu’il y avait beaucoup de naïveté dans ce roman, aucune ironie, aucune prise de distance par rapport à ses propres procédés… Si je l’avais lu (pour les mêmes raisons que vous) d’une traite, j’avais été très déçue par l’ensemble !

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  4. Après le coup de cœur pour Canada de Richard Ford, un coup de griffe pour les Etats-Unis de Joël Dicker… Merci Florence pour tes critiques argumentées.

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