Petit-déjeuner avec Philippe Delerm

Les participants de ce petit-déjeuner littéraire avec Philippe Delerm étaient admiratifs. Chacun avait une anecdote ou un compliment à lui faire. Nathalie a toujours un Delerm sur sa table de nuit : elle dit avec humour « mon Delerm ». Certains connaissent l’actualité de Philippe, Martine et Vincent sur le bout des doigts. Caroline apprécie les textes de Philippe Delerm pour leur justesse dans le vocabulaire, sur les choses du quotidien auxquels nous ne faisons plus attention. « Cela permet de se reconnecter avec la réalité » dit-elle.

Philippe Delerm est loquace ce dimanche matin au festival Lire en poche. Il aime parler, échanger avec ses lecteurs. Il parle de lui avec humour et sincérité, retrace ses débuts d’écrivain et de prof.

J’ai rencontré Martine à la fac à Nanterre, puis nous avons eu la chance de partir en Normandie pour enseigner. Après cette vie en région parisienne, être en province, nous a donné le sentiment d’avoir une vie avec du temps. La denrée rare était le temps. Très vite, nous avons décidé de prendre des temps partiels alors que nous ne gagnions pas beaucoup d’argent avec l’édition. Cette sérénité que l’on peut avoir en retrouvant des petits moments, je ne les ai pas. J’arrive à donner cette sensation aux autres mais mon épouse vous le dirait : je suis tout sauf serein ! Je passe mon temps à m’angoisser pour tout. J’ai envie de ce que je n’ai pas.

Comment fait-il pour déceler ces petits moments à partir desquels il va écrire ses textes ?

Je remarque des choses et je me dis que cela pourrait être l’occasion d’avoir une philosophie de vie mais comme je ne l’ai pas pour ma part, j’ai d’autant plus envie de l’écrire. Parce que l’écriture c’est toujours une compensation de quelque chose. L’écriture est la marque d’une fêlure. Si on était en parfaite harmonie avec la vie, on n’aurait pas envie de créer. Si on a envie de créer c’est qu’il manque quelque chose. C’est totalement contradictoire, comme les humains peuvent l’être d’ailleurs. Je me félicite de transmettre ce bonheur de prendre le temps, de disséquer chaque instant qui apporte aux lecteurs une pause littéraire dans la vie trépidante où nous sommes pris.

Philippe Delerm dit n’avoir aucune jubilation à écrire. Il est content d’avoir une idée, de la faire sortir mais c’est un travail quand même. « C’est un accouchement » dit-il en souriant !

J’ai été émue de ce partage intime sans artifice, où le rire était souvent présent même si les propos pouvaient parfois être graves. Je remercie chaleureusement les organisateurs de Lire en poche de continuer à nous faire confiance pour animer ces moments uniques que sont les cafés littéraires.

Babeth, novembre 2022

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