L’île des âmes, de Piergiorgio Pulixi

Depuis plusieurs décennies maintenant, des corps de jeunes filles sont retrouvés sur d’anciens sites sacrés. Ils ne sont jamais demandés et encore moins identifiés. Leur souvenir plane sur la ville de Cagliari, où se déroule l’intrigue du livre, et reste pour Moreno Barrali, une épine dans sa carrière de policier mais aussi dans sa vie. En effet, il est atteint d’un cancer qui ne lui laisse que très peu de temps à vivre. Toutefois, il choisit de ne plus recevoir de traitement médical, pour se consacrer entièrement à la résolution de ces meurtres qui le hantent encore et toujours. Un espoir apparaît quand deux inspectrices, Mara Rais et Eva Croce, sont mutées au tout nouveau département des “crimes non élucidés” de la police de la ville sarde. Puis, la découverte d’une nouvelle victime les place, tous les trois, au cœur d’une enquête semée autant d’embûches que de mauvais augures.

Dans ce contexte, deux histoires se font face : une intrigue policière de Mara Rais et Eva Croce secondées de Moreno Barrali, mais aussi l’histoire d’une famille de paysans, les Ladu. Ces derniers ont un mode de vie ancestral, et respectent des rites et des croyances archaïques. Ils vivent à l’intérieur de la Sardaigne, une région nommée par les Romains, la Barbagia, isolée pendant très longtemps des côtes car très difficile d’accès.

L’auteur joue habilement avec les différentes histoires : à la fois les intrigues du livre, à la fois les époques historiques. Pour décrire les crimes sacrificiels, l’auteur évoque la période nuragique de l’île, une des plus anciennes civilisations du bassin méditerranéen, qui s’est développée en Sardaigne dès l’âge du bronze. Loin d’être rébarbative, la période historique en est fascinante sous la plume de l’auteur. Entremêlée à l’époque contemporaine, autant celle de Moreno Baralli et celle de l’enquête des deux inspectrices, la trame du roman est une tresse qu’on a plaisir à suivre, tant on a faim de l’histoire elle-même !

L’île est aussi un personnage à part entière. A l’intérieur, la Barbagia vit de sa nature rude et mystérieuse ; lui répondent les côtes sur lesquelles vivent les deux inspectrices, Mara Rais et Eva Croce. Le roman est un roman femme, comme le décrit lui-même Piergiorgio Pulixi. Entre la Barbagia et les deux femmes, se crée un dialogue empreint de réalité et de spiritualité, à la fois rude, cruel et beau car la pulsion de vie est et sera toujours là, à transcender l’horreur. Cette rudesse se retrouve aussi dans la relation qu’entretiennent Mara Rais et Eva Croce, sans concession. C’est un des points forts du texte car leurs échanges pimentent l’histoire et la rendent plus savoureuse.

J’ai ADORE ! Tout d’abord, la couverture choisie par Gallmeister m’a happée. J’ai adoré ce roman féminin, féministe, bien loin des clichés mielleux de sororité. J’ai adoré tout l’apport historique qui rend le texte si mystérieux et addictif, je dois l’avouer. J’ai adoré le polar dont la fin m’a surprise et m’a beaucoup touchée. J’ai adoré !

Bérengère, le 21 septembre 2021

L’île des âmes, de Piergiorgio Pulixi, traduit de l’italien par Anatole Pons-Reumaux, 2021, éditions Gallmeister. 

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