Les larmes de l’ETA, de Michel Sandoli

Pays basque et liberté. Voilà la définition de l’ETA. Se basant sur son expérience professionnelle à la police judiciaire, l’auteur Michel Sandoli nous livre un roman noir qui replace avec précision le dessein des groupes terroristes au pays basque. C’est un roman en deux parties.

La première nous plonge dans les années 80. Blanchard est alors chef du groupe de répression de la fausse monnaie. On lui demande d’abandonner une enquête alors qu’il s’apprête à mettre à jour un trafic de faux dollars. Au pays basque un berger français, Inaki Garaikoetxea, qui prône un peuple basque unissant français et espagnol, est froidement assassiné par un agent du GAL (groupe antiterroriste de libération). 

La seconde partie du roman nous entraîne 20 ans plus tard. Le frère d’Inaki, Anton, sort de la prison de Gradignan après avoir purgé sa peine pour l’assassinat du meurtrier présumé de son frère. Blanchard, qui a rejoint la brigade criminelle, accompagné de deux collègues vont le mettre sous protection après une tentative d’enlèvement. L’ETA a bien déposé les armes mais leur trésor de guerre n’a jamais été trouvé. Quel est le rapport avec ce berger ? Pour le savoir il faut lire les larmes de l’ETA.

Les éditions Sud Ouest ont commandé, à plusieurs auteurs, des romans noirs avec comme point commun le lieu de l’action : le Sud Ouest de la France. Ces livres sont distribués en maisons de la presse et sur le site SORoman.

J’ai beaucoup apprécié lire une intrigue qui se situait dans des lieux où j’avais soit vécu soit connu en vacances (région bordelaise, les landes et le pays basque). D’autre part c’est un récit extrêmement bien documenté sur le fonctionnement de la police, des services de renseignement en France et en Espagne et sur l’histoire contemporaine du pays basque. Un bon roman pour cet été.

Babeth le 14 juillet 2022

Les larmes de l’ETA, de Michel Sandoli, éditions Sud Ouest

Les promises, de Jean-Christophe Grangé

Berlin, 1939. Une série de meurtres viennent entacher l’image parfaite de l’Allemagne qui s’apprête à attaquer la Pologne. Des femmes tuées, saignées et vidées comme des animaux. Toutes sont des patientes du nonchalant psychanalyste Simon Kraus. Sa spécialité : l’analyse des rêves. Il enregistre ses séances, couche avec les plus belles patientes, et tant qu’à faire, les fait chanter. Les points communs des victimes : elles sont toutes des épouses de personnalités des hautes sphères nazies et elles font partie du même club mondain. Les femmes de l’Adlon font le même rêve : elles sont effrayées par un homme de marbre.

A la Gestapo, Franz Beewen est chargé de l’enquête. Il s’y connaît en meurtres mais lui est un professionnel, un assassin pragmatique et non un meurtrier cinglé. Franz est un nazi hanté par une jeunesse compliquée. Il vient d’une famille de paysans crevards. Son père a été gazé en 1917 pendant la Grande Guerre. Il en revient traumatisé et ivre de haine. En 1939, ce père devenu fou est interné à l’asile psychiatrique de Brangbo. La directrice s’appelle Minna von Hassel, une riche héritière, qui s’occupe de ses malades comme s’il s’agissait de ses propres enfants. Cette femme alcoolique qui haït ouvertement les SS va accepter d’aider Franz dans son enquête. Le gestipiste va également intégrer dans son équipe ce nabot de Simon. Ce trio improbable va trouvé un coupable, puis un autre puis découvrir que les victimes ne sont pas des coquettes superficielles inoffensives.

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L’île des âmes, de Piergiorgio Pulixi

Depuis plusieurs décennies maintenant, des corps de jeunes filles sont retrouvés sur d’anciens sites sacrés. Ils ne sont jamais demandés et encore moins identifiés. Leur souvenir plane sur la ville de Cagliari, où se déroule l’intrigue du livre, et reste pour Moreno Barrali, une épine dans sa carrière de policier mais aussi dans sa vie. En effet, il est atteint d’un cancer qui ne lui laisse que très peu de temps à vivre. Toutefois, il choisit de ne plus recevoir de traitement médical, pour se consacrer entièrement à la résolution de ces meurtres qui le hantent encore et toujours. Un espoir apparaît quand deux inspectrices, Mara Rais et Eva Croce, sont mutées au tout nouveau département des “crimes non élucidés” de la police de la ville sarde. Puis, la découverte d’une nouvelle victime les place, tous les trois, au cœur d’une enquête semée autant d’embûches que de mauvais augures.

Dans ce contexte, deux histoires se font face : une intrigue policière de Mara Rais et Eva Croce secondées de Moreno Barrali, mais aussi l’histoire d’une famille de paysans, les Ladu. Ces derniers ont un mode de vie ancestral, et respectent des rites et des croyances archaïques. Ils vivent à l’intérieur de la Sardaigne, une région nommée par les Romains, la Barbagia, isolée pendant très longtemps des côtes car très difficile d’accès.

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Le Dernier Rêve de la raison

Dans le cœur d’Ilya Ilyassov, le vendeur de poisson tatare, deux êtres cohabitent : Aïza la belle Tatare, et un silure, immense poisson de rivière que le vieil homme abrite dans un aquarium sous son comptoir, au magasin collectif. Mais son amoureuse s’est noyée il y a 50 ans, et son ami aquatique vient d’être tué par un collègue alcoolique. Ce meurtre imbécile sera le déclencheur d’une première métamorphose d’Ilya en poisson, qui sera suivie de nombreuses autres.

Au centre de ce récit à la folie salutaire, l’Amour. Un amour qui ne veut rien céder à la mort et qui dans son désir fou d’exister, entraîne réincarnations et multiples enfantements.

Ancré dans la Russie d’aujourd’hui, rude pour les hommes et brutale avec son environnement, sur fond de bâtiments tristes, de dépotoirs et d’étangs où l’on espère encore trouver de la vie, ce roman s’inscrit dans la tradition du réalisme fantastique. On y découvre des humains englués dans une société aux règles et habitudes délétères. L’auteur, Dmitri Lipskerov, n’épargne ni les médecins, ni les policiers, ni les journalistes, ni aucun de ceux qui obéissent sans mettre la distance nécessaire entre les ordres qu’on leur donne et leurs propres actes. Dans Le Dernier Rêve de la raison, la nature semble se venger de tant de bêtise et de soumission en provoquant des événements tour à tour merveilleux et cauchemardesques, mais toujours surprenants pour le lecteur.

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