Le fils de Philipp Meyer

etats-unis texas histoire indiens mythologie violenceCow-boy solitaire et vertueux parcourant des contrées sauvages, sage indien fumant le calumet de la paix… la mythologie fondatrice du grand Ouest américain a du plomb dans l’aile.
Dans son roman Le fils paru en août dernier, Philipp Meyer s’applique à déconstruire les mythes de la conquête de l’Ouest, jetant un regard réaliste et cru sur ce pan de l’histoire américaine.

Pour dresser cette fresque de presque 700 pages, l’auteur choisit de mêler les récits de trois personnages d’une dynastie texane : Eli McCullough (né en 1836), le patriarche, surnommé le Colonel, enlevé par les Comanches à l’âge de 11 ans, Peter son fils maudit (né en 1870), conscience morale et figure centrale du livre, et Jeanne Anne, son arrière petite-fille (née en 1926), héritière d’un colossal empire pétrolier.
La construction de ce roman choral témoigne de la virtuosité de Philipp Meyer. Chaque personnage intervient à son tour, nourrissant le récit de l’autre, menant le lecteur dans les méandres de l’histoire du Texas. Savamment orchestré, ce roman est le fruit d’un long travail de recherche. L’auteur a lu plus de 350 ouvrages documentaires sur le sujet et expérimenté la vie sauvage en apprenant à chasser avec un arc, tuant et dépeçant des animaux, allant parfois jusqu’à goûter le sang animal pour mieux s’accorder avec la nature.

Tout le long de ce roman, Phlipp Meyer pose une question fondamentale : où se situe la frontière entre le bien et le mal ? Où réside la morale ? Du côté des colons européens venus civiliser des contrées sauvages, au péril de leur vie ? Du côté des Amérindiens, pacifistes et sages ?

Transmis de génération en génération, le récit de cette conquête a été aseptisé pour devenir l’histoire respectable d’une Amérique triomphante.  Ce que l’auteur veut démontrer, c’est que la violence et la barbarie étaient présentes dans les deux camps, et même avant l’arrivée des colons. La violence est à l’origine des Etats-Unis, comme de toute nouvelle société ou peuple qui naît au détriment d’un autre.

Sans compromis, sans pitié, Philipp Meyer porte un coup à l’Amérique, mais l’origine de sa démarche repose sans nul doute sur un profond amour pour son pays. J’en tiens pour preuve ces magnifiques passages où l’auteur décrit les paysages texans, d’une beauté à couper le souffle…

Marisa 22/01/2015

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Une réflexion sur “Le fils de Philipp Meyer

  1. Je partage ton enthousiasme Marisa. J’ai adoré ce livre dense qui laisse plein d’images et pour longtemps. Je l’ai beaucoup offert à Noël …

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