Impressions d’Escale

© Bordeaux Quartiers

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Nos jeunes romancières se portent bien, elles sont belles, elles ont de la classe, de celle que procurent l’intelligence et la liberté de pensée. Elles sont d’une bienveillante simplicité.
De cette journée et demie passée à arpenter le gazon de Sainte Croix, à écouter lectures et interviews, c’est cette image qui perdure. Ce qui bien sûr ne retire rien à leurs homologues masculins présents à l’Escale.

Il y eut tout d’abord Valentine Goby : c’est son dernier roman Kinderzimmer qui me l’a fait découvrir. Très impressionnée par sa façon de traiter un thème à priori inconcevable, celui d’une pouponnière à Ravensbrück, je me suis plongée dans la lecture d’autres romans. Banquises par exemple. Il s’agit certes d’un tout autre univers, mais là aussi la finesse de l’évocation de l’âme humaine jointe à l’intérêt de l’auteur pour les thématiques de notre époque n’ont fait que renforcer ma curiosité pour cette jeune écrivaine. J’avais hâte de l’entendre à l’Escale. Je n’ai pas été déçue : la jeune romancière est une femme qui déborde de vie, de sensibilité et d’intelligence. Dans son récit de la genèse de Kinderzimmer, elle nous a fait part de son questionnement quant à la légitimité d’aborder par la fiction une des pages les plus cruelles de notre histoire récente sans pour cela trahir la mémoire de ceux qui en ont été victimes. Que de questions j’aurais aimé lui poser, mais elle était très entourée, inutile de la monopoliser…

Et puis , d’autres événements littéraires nous attendaient …

Il y eut Véronique Ovaldé qui de sa voix bien timbrée de conteuse nous fit une lecture en musique d’extraits de son dernier roman La grâce des brigands. Durant cette heure de lecture, l’héroïne Maria Cristina eut à mes yeux la beauté brune et la grâce pulpeuse de son auteur.

Et je n’étais pas au bout de mes petits bonheurs :  allant d’un bon pas assister à l’entretien croisé Lola Lafon – Brigitte Giraud, j’ai découvert cette dernière dont je n’avais encore rien lu. Elle a parlé du corps, corps de la femme, thème de son dernier livre avec beaucoup de simplicité et d’élégance naturelle. Encore un ouvrage à ajouter à ma bibliothèque …

Laquelle s’était enrichie depuis peu d’un nouvel élément prometteur La petite communiste qui ne souriait jamais de Lola Lafon. J’avais aimé le rythme rapide de la phrase au service des voltiges éblouissantes de la petite gymnaste. En toile de fond, le rapport Est-Ouest qui s’inscrit dans le dialogue fictif entre la narratrice et Nadia adulte, émigrée aux USA. Dans cet échange, pas de manichéisme. Les clichés sont à dure épreuve, chaque bloc en prend pour son compte.

Ne connaissant pas Lola Lafon, j’avais envie d’en savoir plus sur son rapport à la Roumanie et sur sa vision du  monde issu de la chute du rideau de fer. L’opportunité pouvait se présenter le soir, à l’issue de sa performance musicale  sur la petite communiste.

Ce spectacle fut un pur plaisir : Lola L. est certes romancière, elle est aussi chanteuse, musicienne, danseuse. Dans cette performance, elle met tous ses dons au service du texte de son roman, alternant les passages lus avec des textes chantés d’une voix pleine et mélodieuse, certains en français, d’autres en roumain et même en bulgare. Elle possède la grâce aérienne, un rien mutine de sa petite gymnaste qu’elle fait évoluer devant nous au rythme d’un slam à peine esquissé. Le public est conquis par cette longue fée blonde aux gestes mesurés. Il en redemande. On lui en redonne. A quoi bon les questions. Elles ne sont plus de mise, restons ce soir dans le ravissement.
A suivre … Absolument. Elle et toutes les autres…
Ces jeunes femmes douées, bien dans leur peau, ouvertes sur le monde, n’ont pas fini de nous étonner.

Marie-France
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