Marguerite Duras et Yann Andréa : une passion dévorante

Le 21 janvier, Claire Simon présentait en avant-première, au Jean Eustache de Pessac, son nouveau film Vous ne désirez que moi avec Swann Arlaud et Emmanuelle Devos. C’est une œuvre adaptée de l’entretien Je voudrais parler de Duras paru en 2016 éditions Pauvert / Fayard. 

En 1982, alors que cela fait 2 ans que Yann Andréa vit une relation passionnelle avec Marguerite Duras, il ressent le besoin de se confier et demande à une amie journaliste, Michèle Manceaux, de venir chez eux pour enregistrer ses confidences. C’est à partir de ces cassettes, que possédait après sa mort la sœur de Yann Andréa, qu’a été écrit Je voudrais parler de Duras ; cassettes qui ont aussi servi de matière première à la réalisatrice Claire Simon.
Une archive dans l’archive. la réalisatrice ne souhaitait pas que Marguerite Duras soit jouée par une actrice. Technique souvent utilisée par Claire Simon, ce film utilise des archives audiovisuelles pour garder intacte l’image de Duras. Elles viennent incarner les pensées de Manceaux et les confessions d’Andréa.

Yann, qui a 38 ans de moins que Marguerite, raconte comment il est tombé en amour, d’abord pour l’écrivaine puis pour la femme. Ils resteront 16 ans ensemble, pourtant il souffre.
« Je vous aime, tais-toi. » M. Duras.

Une conversation, ce ne sont pas des têtes parlantes, il y a aussi des silences, des gestes et donc pour faire de ces entretiens un film, il fallait percevoir l’histoire racontée. Il fallait raconter cette introspection.

Lire la suite »

Les éditions L’Apprentie

Les 7 étudiantes de L’Apprentie, par Claire Lafargue

Sept étudiantes en licence professionnelle à l’IUT Bordeaux Montaigne ont fondé, dans le cadre de leurs études, une maison d’édition, L’Apprentie. Une belle initiative qui a suscité notre curiosité. Nous avons voulu en savoir plus…

Comment avez-vous eu l’idée de fonder votre propre maison d’édition ?
Ce projet nous a été proposé au début de notre année de licence professionnelle par un de nos enseignants, qui est également éditeur. Cette aventure a été menée dans le cadre de notre projet tuteuré, un long projet professionnel à développer sur l’ensemble de l’année. Lorsque l’on nous a proposé de nous aider à trouver un financement afin de monter, non pas fictivement comme la plupart des projets tuteurés, mais bien réellement notre maison d’édition, nous n’avons pas hésité une seconde avant de saisir cette opportunité.
Nous étions 7 jeunes femmes, 7 apprenties en licence professionnelle, 7 étudiantes emportées par l’idée de cette expérience inédite. Ce fut le projet un peu fou de notre année !
__________
Quels sont les principales difficultés auxquelles vous vous êtes confrontées ?
Il a fallu monter notre maison, et ceci était déjà un défi administratif pour nous. Il a fallu faire une demande de SIRET, demander la création d’un compte en banque, etc. Mais je pense que notre principale difficulté concerne la traduction de la nouvelle d’Edith Wharton. Impossible de contacter la traductrice, celle-ci étant décédée, aucune mention d’ayant droit, les éditions en charge de l’ancienne édition avaient disparu… Après moult appels et mails, nous avons réussi à obtenir les droits auprès des éditions Fayard. Après avoir bien entendu connu le stress de se voir refuser la cession de ces droits par une maison d’édition de cette taille, et donc de voir notre projet remis en question. Heureusement pour nous, cela n’a pas été le cas et notre Xingu a pu voir le jour.
Une autre difficulté à mentionner, mais que l’on imagine moins facilement, a été de systématiquement se mettre d’accord toutes les sept. Mener un seul projet commun, arriver à intégrer toutes les idées et à satisfaire tout le monde… et surtout réussir à réunir tout le monde lorsque l’on n’est pas en apprentissage dans les mêmes villes ! Pas aussi évident qu’on ne le pense, mais nous avons tout fait pour porter ce superbe projet qui nous tient toutes à cœur.
_______
Xingu ou l’Art subtil de l’ignorance, par Edith Wharton
________
Xingu, le premier titre édité par L’Apprentiesort justement ce 7 juin. Pouvez-vous nous en dire plus ?
Il s’agit d’une nouvelle d’Edith Wharton, une auteure majeure du XXe siècle. Elle est également la première femme a avoir gagné le prix Pulitzer. La nouvelle que nous avons choisie a été en quelque sorte un coup de cœur. Il s’agit d’une satire de femmes bourgeoises écrite par une femme autour des thèmes de la culture et des clubs de lecture. Elle qui nous a immédiatement plu pour sa moquerie, sa dérision, tout en restant drôle et tout à fait actuelle, plus de 100 ans après avoir été écrite. Et puis, nous étions une promotion composée exclusivement de femmes ! Pourquoi nier une telle évidence lorsque les similitudes ne font qu’accroître notre désir de la publier ?
Allez-vous continuer l’aventure après la publication de cet ouvrage ?
L’Apprentie a été créée pour perdurer, aussi la maison d’édition sera reprise par les futurs étudiants de notre université. Mais pour nous 7, malheureusement, l’aventure ne peut durer indéfiniment. Nous nous destinons à des chemins divers, certaines d’entre nous poursuivront leurs études en master d’édition, d’autres projettent de se lancer dans le milieu éditorial professionnel.
La promotion 2019-2020 prendra le relais de la maison dès septembre et éditera un, voire deux ouvrages au cours de l’année à venir. Et nous suivrons son évolution avec le plus grand intérêt !

 

Propos recueillis par Marisa, le 5 juin 2019
Crédit photo Claire Lafargue

Les bookfaces de Mollat

C’est désormais un rendez-vous incontournable sur Instagram : tous les lundis, la librairie Mollat publie sur son compte un bookface, sorte de selfie imaginé à partir d’une couverture de livre. Un jeu littéraire qui compte des fans dans le monde entier. Rencontre avec David Pigeret, responsable du rayon Beaux-Arts, qui, m’a-t-on dit, y est pour quelque chose…

Bookface Mollat

Comment est né le projet des bookfaces ? Il y a quelques années, mon collègue et moi nous sommes amusés à faire des photos en nous inspirant du procédé des sleevefaces, selfies imaginés à partir de pochettes de disques vinyles. Nous avons eu l’idée de faire la même chose avec des couvertures de livres, ce qui permettait d’être plus créatifs, car les formats sont très variés. Nous faisions ces photos pour nous, sans les diffuser, on trouvait cela amusant.Lire la suite »

Lost in Laos d’Olivier Ka

Si vous n’avez pas pu assister au touchant spectacle sonore et graphique d’Olivier Ka ce week-end à l’Escale du livre (quel dommage…), tout n’est pas perdu. Un très beau petit livre racontant ce voyage va sortir aux Editions Elytis le 3 mai prochain.
C’est en traversant l’Asie en famille qu’Olivier a ressenti quelque chose de très fort. Il décide donc de se donner deux mois, et part seul au Laos.
« J’avais un rendez-vous » dit-il.
Il enregistre des sons, dessine des croquis et avance au gré des rencontres. Il ne sait pas où se trouve son rendez-vous ni quelle est sa nature. Olivier n’a prévu aucun itinéraire, aucun point de chute. Mais il finit par découvrir ce qui l’attendait.
Avec ce livre broché, vous n’aurez pas les sons de ce récit de voyage. Mais vous aurez les mots et les dessins et très certainement toute l’émotion que cet auteur au grand cœur sait partager, que l’on soit petit ou grand.
____________________
Babeth, 9 avril 2018