Le grand sommeil de Raymond Chandler

Bogart-300x225Dans les entretiens qu’ils accordent à la presse, les écrivains américains contemporains citent souvent deux ou trois auteurs qu’ils considèrent comme majeurs, comme Mark Twain ou William Faulkner. Le nom de Raymond Chandler apparaît souvent, considéré avec Dashiell Hammett comme l’un des fondateurs du roman noir.

Curieuse de lire cet auteur afin d’en comprendre la filiation, j’ai entrepris la lecture de son roman Le grand sommeil, traduit par Boris Vian en 1948. Le choix de ce livre me paraissait évident parce qu’il était le premier roman de Chandler et qu’il marquait la première apparition du détective privé Philip Marlowe, plus tard sublimé à l’écran par Humphrey Bogart.

Aborder ce roman nécessitait à mes yeux de resituer l’œuvre/l’auteur dans le contexte de l’époque afin de ne pas jeter un regard trop « moderne » sur le texte. Ecrit en 1939, dans la noirceur des années 30, le roman policier tel que le réinvente Chandler n’est plus le roman policier classique : plus sombre, il accorde plus d’importance à la psychologie des personnages et au contexte social dans lequel les individus évoluent.
Philip Marlowe, qui mène l’enquête, est un détective privé désabusé, lassé par la corruption policière. Il boit, il fume et aime les jolies femmes (on pense aux femmes des romans de James Ellroy). Le héros n’est pas lisse comme Hercule Poirot ou Miss Marple, il est complexe, politiquement incorrect et enquête dans des milieux douteux gangrenés par la corruption.

L’histoire ne présente pas à mes yeux un grand intérêt (peut-être un peu datée), mais le décor et l’ambiance de certaines scènes m’ont profondément marquée. Marquée parce que l’on comprend à quel point le cinéma hollywoodien s’est inspiré de l’oeuvre de Chandler, comme il l’avait fait dans ses adaptations des romans de D. Hammett. Rues sombres, vieilles voitures, femmes fatales, scènes de crime… on pense aux photographies de Weegee, aux films d’espionnage en noir et blanc.

Ce roman date un peu sans doute, mais il faut le lire si l’on veut comprendre le socle fondateur sur lequel se sont appuyés une génération d’auteurs et de scénaristes.
A noter la parution prochaine chez Gallimard, dans la collection Quarto, de l’intégralité des romans de Chandler, Les 7 enquêtes de Philip Marlowe.

Par Marisa

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