Lectures éclectiques (suite)

Hélène a dévoré les livres cet été. Sylvain Tesson, Julie Orringer, Alice Zeniter… En plus elle partage !!!

Dans les forêts de Sibérie de Sylvain Tesson
Sylvain Tesson, écrivain, membre de la société des explorateurs français, s’est fait connaître par un remarquable récit de voyage L’axe du loup : de la Sibérie à l’Inde sur les pas des évadés du goulag (éd. Robert Laffont) paru en 2004.
Dans les forêts de Sibérie raconte la retraite que l’auteur a choisi de vivre pendant six mois dans une cabane de trois mètres sur trois, située au bord du lac Baïkal en Sibérie.
Avec pour seule compagnie ses caisses de livres, de cigares et de vodka, notre aventurier fait l’expérience du dépouillement et de la solitude.
Servi par une écriture ample et sensible, cet essai rend grâce à la rigueur, à la splendeur et à la générosité des lieux.
L’auteur dompte peu à peu sa frénésie d’agir, découvre la lenteur et le moment présent. Il en ressort apaisé, plus libre, plus conscient de la vie qu’il a envie de vivre.
C’est pour le lecteur une invitation à ralentir, à apprécier la vie. Une petite philosophie à méditer : « Nous sommes seuls responsables de la morosité de nos existences. Le monde est gris de nos fadeurs. La vie paraît pâle ? Changez de vie, gagnez les cabanes. Au fond des bois, si le monde reste morne et l’entourage insupportable, c’est un verdict : vous ne vous supportez pas ! prendre alors ses dispositions. »

Le pont invisible de Julie Orringer
Passionnant de bout en bout, le roman de Julie Orringer nous embarque au côté de son héros Andras Levi, juif hongrois, au moment où il quitte Budapest pour tenter sa chance à Paris.
L’Ecole Spéciale d’Architecture lui a octroyé une bourse d’études et tous les espoirs s’ouvrent à lui.
Malheureusement, nous sommes en 1937 et le destin d’Andras va subir les affres de la montée du nazisme et de la guerre.
Une saga bouleversante dans laquelle on s’attache à chacun des personnages.
Le livre refermé, on comprend que le récit s’est construit à partir de l’histoire familiale de l’auteur et l’on retient son souffle en pensant à ceux qui n’ont pas survécu.
Un grand roman.

Jusque dans nos bras d’Alice Zeniter
Lauréate du Livre Inter pour Sombre dimanche (que j’ai adoré), Alice Zeniter (aujourd’hui, normalienne, excusez du peu) est une surdouée de l’écriture. Elle n’avait que seize ans lorsque son premier livre Deux moins un égal zéro a été publié.

Jusque dans nos bras est son deuxième opus, récit vraisemblablement autobiographique d’un étrange mariage qui amène l’auteur à s’interroger sur la question des origines, de la tolérance, de l’amitié. Au travers des portraits graves et tendres de sa génération, elle plaide pour une humanité plus fraternelle, pour une France moins xénophobe.
Un souffle d’air frais, un talent incroyable, une écriture limpide et exigeante. Du grand art !

Par Hélène

Publicités

Vous voulez réagir à ce post ?

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s