Les heures silencieuses de Gaëlle Josse

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Je m’appelle Magdalena van Beyeren. C’est moi, de dos, sur le tableau. […] J’ai choisi d’être peinte, ici, dans notre chambre où entre la lumière du matin.

Nous avons découvert Gaëlle Josse par la lecture de son roman Le dernier gardien d’Ellis Island, livre qui avait provoqué beaucoup d’enthousiasme parmi nous. Cette fois-ci, à tour de rôle, Lætitia et Marisa partagent leur coup de cœur pour son premier roman, écrit en 2011, Les heures silencieuses.

L’histoire. Delft, 1667. Au moment où sa vie est traversée par un terrible drame, Magdalena, femme d’un riche armateur, commence la rédaction de son journal intime.Lire la suite »

Un homme, ça ne pleure pas

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Le titre est éloquent et évoque, d’emblée, quelques tabous sociétaux et les places bien séparées des hommes et des femmes. Faïza Guène nous offre ici un superbe roman dans lequel nous suivons pas à pas le chaos d’une famille algérienne, empêtrée dans des conflits intergénérationnels nés de l’acculturation.
Un père, ancien cordonnier, analphabète, tente de s’adapter à d’autres destins pour ses enfants. Une mère, une mère « pieuvre », dévorante d’amour autant que nourricière, agrippée à ses propres repères de femme. Des enfants qui grandissent et dont la liberté fait peur.
C’est une jolie histoire de destins croisés, et de frères et sœurs si différents… Le texte est léger, semé d’humour, un texte qui ne juge pas.

Et puis de très beaux passages…

Les joues de ma mère sont douces et encore bien rebondies. Ses rides, ce sont les lignes du livre qu’elle n’a jamais pu écrire. C’est l’histoire de sa vie qui se dessine dans le coin de ses yeux. Les plis sur son front, ce sont autant d’inquiétudes, d’attentes à la tombée de la nuit…

Laetitia, 19/02/2016

Crash-test de Claro

crash-test-claro-liseuses-de-bordeauxDans les années 1970, les mannequins de silicone n’existaient pas encore. Alors, pour effectuer des tests d’accidents de voitures, les entreprises utilisaient des corps de personnes mortes et non réclamées. L’un des personnages de Claro est un manutentionnaire d’une de ces entreprises. Toute la journée, il manipule des corps désarticulés et sans vie. Il déshumanise ces êtres et s’oublie lui-même, il n’est plus qu’un pantin qui tente d’articuler sa propre vie.
Comment continuer à avancer si c’est en faisant toujours face à la mort ?
Et puis, il y a cette strip-teaseuse, elle aussi est confrontée à d’autres corps dont le mouvement cherche à exercer une pression sur elle. Elle articule ses membres et se crée une échappatoire.
Le troisième et dernier personnage est un adolescent qui découvre les mystères de son corps à travers les bandes dessinées pour adultes, cachées dans la penderie de sa mère.
D’une écriture ciselée et tranchante, Claro décrit trois vies, leur quotidien banal voire pathétique. Mais il laisse transparaître une vraie tendresse pour ses personnages car ce qu’ils vivent est dur et douloureux : ils cherchent une dignité d’être humain en vie.

Berengère, 22/08/2015