Singe savant tabassé par deux clowns

singe-savant-tabasse-par-deux-clowns-georges-olivier-chateaureynaud-liseuses-de-bordeauxLes nouvelles de Georges-Olivier Châteaureynaud sont de petits bijoux qui pourraient chacun faire l’objet d’un court-métrage extraordinaire. Dans Singe savant tabassé par deux clowns, couronné du Goncourt de la nouvelle en 2005, l’auteur nous transporte de la réalité à l’insolite, par un glissement subtil et parfaitement maîtrisé du récit.

Sous la plume de cet auteur naît une kyrielle de personnages étranges : une prostituée au front mystérieusement tatoué, une petite fille fantomatique surgissant du brouillard, sans compter les sœurs Ténèbre, trio infernal né de l’esprit d’un producteur de cinéma… Quelques inventions aussi, telles ces machines à fusiller automatiques installées à Écorcheville ou ces aïeuls ressuscités grâce à l’extraction de souvenirs…

Chaque histoire est l’occasion pour l’auteur d’interroger la réalité qui nous entoure. Gorgées d’humour, ces nouvelles nous hantent longtemps, longtemps, bien après avoir refermé le livre….

A lire de toute urgence.

Marisa,  2 juin 2016

Jeune vieillard assis sur une pierre en bois de Georges-Olivier Châteaureynaud

L’art de la nouvelle !!!!
Ce livre est un recueil de huit nouvelles qui prennent racine dans le quotidien. Le héros est un homme ordinaire, souvent enseignant ou brocanteur, à qui il arrive quelque chose d’extraordinaire. Un peu comme à l’époque de « La quatrième dimension »…. Une imagination débordante doublée d’une écriture fine font de ces nouvelles un voyage fantastique que l’on ne peut s’empêcher d’accompagner. Et on y croit. La quatrième de couverture parle de contes. C’est exactement ça : des contes d’aujourd’hui. Je ne saurais dire quelle nouvelle j’ai préférée, je les ai toutes aimées !!

Edith

Pour entendre l’auteur parler de cet ouvrage :

Dans la brume électrique… allumez la lumière

burkeNew Iberia, Louisiane. Deux femmes sauvagement assassinés sont retrouvées, victimes d’un tueur en série. Dans un marécage, un corps momifié ressurgit, entravé par des chaînes. Dave Robicheaux, inspecteur de police, mène l’enquête.

Décrit de la sorte, le roman policier de James Lee Burke pourrait passer pour un polar « classique », mais il n’en est rien.
En choisissant la Louisiane du Sud comme décor, l’auteur nous plonge dans l’obscurité des bayous, marécages à la végétation luxuriante.
« Devant notre fenêtre de chambre, les pacaniers étaient immobiles et gris, trempés d’humidité sous la fausse aurore. Puis les premières rougeurs du soleil vinrent percer la cime des arbres du marais, telle une allumette phosphorée qu’on aurait frottée contre le ciel« .
L’oeil n’est pas le seul sens éprouvé dans ce récit. Avec beaucoup de finesse, James Lee Burke parvient à restituer jusqu’aux odeurs fétides dégagées par ces corps en décomposition, baignant dans des eaux saumâtres et stagnantes….
Lorsque l’inspecteur Robicheaux est victime d’hallucinations, des troupes de soldats confédérés morts depuis des lustres apparaissent dans ce décor, rendant l’atmosphère encore plus oppressante, encore plus fantomatique.
Mais je ne vous en dirai pas plus…
Un livre à lire de toute urgence, de préférence en plein jour.

Par Marisa

La femme changée en renard

renardEdité en 1922, ce curieux objet littéraire est un vrai bijou. Dans la préface de ce livre publié dans la très bonne collection Les Cahiers Rouges de Grasset, on s’interroge sur la nature exacte de ce récit. S’agit-il d’un roman, d’un conte ou plutôt d’une fable philosophique ? Le livre David Garnett commence à la manière d’un livre pour enfant :
Les faits merveilleux ou surnaturels ne sont pas aussi rares qu’on le croit…
Un couple se promène dans la forêt lorsque se produit un phénomène pour le moins étrange : la femme se transforme en renard.
A l’endroit où sa femme avait été un instant plus tôt, il vit un petit renard d’un rouge très vif.
Désespéré, l’homme rentre de promenade avec sa femme-renarde, tentant de reprendre la vie comme si rien ne s’était passé. Mais l’instinct animal rattrape sa femme qui perd progressivement ce qui lui restait d’humain. 
Comment continuer à vivre avec celle qu’il aime alors qu’elle est devenue animal ? 
Avec humour, poésie, souvent avec tendresse, l’écrivain David Garett interroge notre rapport à l’animalité et analyse la frontière, parfois fine, séparant l’homme du règne animal.
Très beau livre qui ne fait qu’une centaine de pages.
Par Marisa