Nous avons toujours vécu au château

Nous avons toujours vécu au château est un roman insolite dont « l’inquiétante étrangeté » m’a immédiatement captivée. Shirley Jackson, spécialiste du roman fantastique, l’a écrit en 1965.

D’emblée, le lecteur est plongé dans une atmosphère étrange, quelque peu anxiogène. On y voit la jeune narratrice, Mary Katherine Blackwood, effectuer sa sortie hebdomadaire au village pour se ravitailler à l’épicerie. Elle est en butte à l’hostilité plus ou moins déclarée des gens du village. Mais sa condition sociale ( très assumée par ailleurs) – elle est issue d’une famille de hobereaux et habite le manoir qui jouxte le village – peut-elle à elle seule expliquer certaines remarques ? En tout cas, la demoiselle n’est pas dépourvue d’imagination et sait opposer à l’inimitié des villageois un masque imperturbable sans rien dévoiler des sentiments violents qui l’animent. Lire la suite

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Lumikko

Lire un livre d’un auteur scandinave, c’est toujours, pour moi, entrer dans une réalité très loin de la mienne, et j’adore ça : la Scandinavie me fascine ! Aujourd’hui, c’est la Finlande qui est à l’honneur avec Pasi Ilmari Jääskeläinen, auteur de Lumikko.

Ce roman a des allures de conte saupoudré de fantastique.

Il était une fois, dans un petit village finlandais, une société littéraire présidée par Laura Lumikko, reine de la littérature pour enfants. Elle sélectionne de futurs talents dès l’enfance et leur transmet l’art de l’écriture. Neuf membres sont déjà sociétaires. Une dixième vient d’être choisie : Ella Milana, professeure de finlandais remplaçante.

En pénétrant le fonctionnement de la société, nous découvrons que les relations de ces écrivains sont basées sur les règles d’un jeu complexe leur permettant de s’arracher la vérité à tour de rôle. Toutefois, la disparition de Laura Lumikko plane sur cette nouvelle intronisation et un mal étrange s’empare des livres du village, faisant dévier l’histoire originale.

Ce roman mêle à la douceur de la neige les ombres de la mythologie nordique, ce qui m’a intriguée et happée, je dois bien l’avouer. De plus, l’auteur s’interroge sur l’origine de l’inspiration. Seraient-ce des muses qui apportent idées et pensées neuves pour abreuver la prose des poètes et écrivains ? Ou ne serait-elle qu’une supercherie ?

Aux côtés du personnage principal, Ella Milana, nous menons l’enquête avec pour cobayes les différents auteurs que composent la société littéraire du roman. C’est aussi, pour moi, l’occasion de sonder l’âme finlandaise en abordant des personnages avec des caractères différents qui représentent ses multiples facettes.

Enfin, l’auteur nous livre une réflexion sur l’écriture, son rôle dans notre vie et sa construction à travers l’observation du monde, de l’humanité et de la vie.

Bérengère, 26 février 2018

Le nuage d’obsidienne d’Eric McCormack

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Dans Le nuage d’obsidienne, j’ai retrouvé avec bonheur l’univers bien particulier des romans d’Eric McCormack, auteur écossais que j’ai découvert il y a quelques années avec L’épouse hollandaise, un roman singulier et captivant.

C’est la découverte d’un vieux livre du 19e siècle dans une petite librairie d’une ville mexicaine qui constitue le point de départ de ce roman. Cet ouvrage intrigue le héros – et narrateur – du roman de McCormack, Harry Steen : il le renvoie à une époque reculée de sa vie, lorsque, très jeune homme et amoureux, il vivait dans une petite localité des Uplands en Ecosse, Duncairn, se préparant à exercer le métier d’enseignant. Harry a été marqué précocement par la mort accidentelle de ses parents, il le sera encore plus à Duncairn par le rejet inexplicable de la part de la jeune fille qu’il aime.

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Singe savant tabassé par deux clowns

singe-savant-tabasse-par-deux-clowns-georges-olivier-chateaureynaud-liseuses-de-bordeauxLes nouvelles de Georges-Olivier Châteaureynaud sont de petits bijoux qui pourraient chacun faire l’objet d’un court-métrage extraordinaire. Dans Singe savant tabassé par deux clowns, couronné du Goncourt de la nouvelle en 2005, l’auteur nous transporte de la réalité à l’insolite, par un glissement subtil et parfaitement maîtrisé du récit.

Sous la plume de cet auteur naît une kyrielle de personnages étranges : une prostituée au front mystérieusement tatoué, une petite fille fantomatique surgissant du brouillard, sans compter les sœurs Ténèbre, trio infernal né de l’esprit d’un producteur de cinéma… Quelques inventions aussi, telles ces machines à fusiller automatiques installées à Écorcheville ou ces aïeuls ressuscités grâce à l’extraction de souvenirs…

Chaque histoire est l’occasion pour l’auteur d’interroger la réalité qui nous entoure. Gorgées d’humour, ces nouvelles nous hantent longtemps, longtemps, bien après avoir refermé le livre….

A lire de toute urgence.

Marisa,  2 juin 2016

Jeune vieillard assis sur une pierre en bois de Georges-Olivier Châteaureynaud

L’art de la nouvelle !!!!
Ce livre est un recueil de huit nouvelles qui prennent racine dans le quotidien. Le héros est un homme ordinaire, souvent enseignant ou brocanteur, à qui il arrive quelque chose d’extraordinaire. Un peu comme à l’époque de « La quatrième dimension »…. Une imagination débordante doublée d’une écriture fine font de ces nouvelles un voyage fantastique que l’on ne peut s’empêcher d’accompagner. Et on y croit. La quatrième de couverture parle de contes. C’est exactement ça : des contes d’aujourd’hui. Je ne saurais dire quelle nouvelle j’ai préférée, je les ai toutes aimées !!

Edith

Pour entendre l’auteur parler de cet ouvrage :