Après avoir lu ce roman, je me suis interrogée sur ce choix de titre par Franck Courtès « Le petit cosmonaute ». Est-ce parce que ce costume porté enfant, protégeait le héros du manque d’amour maternel, lui permettant d’avoir un regard sur l’extérieur sans jamais interagir avec lui ?
Ne vous fiez pas à la couverture bleu outremer ni au titre de ce roman. Rien d’angélique dans cette histoire. En 127 pages, Laure Beaudonnet nous entraîne dans l’âme perturbée d’un enfant. C’est glaçant et incisif. Avec ce premier roman très réussi, l’auteure s’intéresse à la naissance des psychopathes. Journaliste, elle a étudié la psychologie et s’interroge sur ce qui entraîne un être à basculer pour devenir un meurtrier. La mère d’Arthur aurait préféré avoir une fille, elle a dû subvenir seule à l’éducation de son enfant et a entretenu une relation nocive avec son fils lorsqu’il était petit. Mais rien qui justifie l’engendrement d’un monstre en devenir. Laure Beaudonnet utilise la troisième personne ce qui permet de comprendre le point de vue de chaque protagoniste :
Jérôme et Mylène, ce sont les parents. Thadée, Zachée et Ysé : leurs enfants. La famille parfaite selon Mylène.
« J’ai enfanté des titans quand tant d’autres se contentent de pondre leurs gniards »
Jérôme partage l’avis de sa femme et pousse ses fils à développer leurs qualités athlétiques et leur intellect. Ysé ne ressemble pas à ses frères, peu sportive ni volubile, mais tout autant adorée et considérée comme la surdouée de la famille. A 20 ans, Zachée s’apprête à intégrer Centrale ou Polytechnique, et son cadet vient de finir avec brio sa première année de médecine. Tout semble merveilleux dans cette famille jusqu’aux drames qui viennent faire voler en éclats cet apparent bonheur. Passionnés de surf, les deux frères partent à la Réunion pour mettre en pratique leur technique (amateurs de ce sport, vous serez servis en vocabulaire de spécialiste).
Le roman démarre sur une mauvaise rencontre avec un requin. Cela peut paraitre inquiétant, mais ce n’est rien à côté des horreurs successives qui sont décrites au fur et à mesure de la lecture. Chacun se dévoile sous son vrai visage. L’un d’entre eux plus particulièrement, que l’on découvre pervers, jaloux et malveillant. Plus on avance dans le roman et plus nous sommes happés par ces personnages qui prennent la parole les uns après les autres pour donner leur ressenti sur le reste de la famille. On ne peut pas dire que ce soit l’amour de l’autre qui les réunisse contrairement à ce que l’on pouvait croire au début. Le seul gentil dans l’histoire va mal finir et comme le dit Ysé « Les bons n’ont aucun mérite à l’être, vu que la bonté coule d’eux comme une source ». Pour certains, les ressorts du plaisir sont l’humiliation, le mépris des faibles ou la domination. Comme dans un thriller, on ne souhaite qu’une chose : que le méchant soit puni, et là on atteint le summum de la vengeance.
Le nouveau nom est le titre du second volume de la saga napolitaine d’Elena Ferrante, auteure italienne dont on ne sait pas grand chose si ce n’est qu’elle désire rester dans l’anonymat…
Nous avons déjà évoqué le premier tome de ce vaste récit intitulé L’amie prodigieuse. Pour rappel, ces romans peuvent se lire comme la chronique d’un quartier populaire de Naples dans la deuxième moitié du 20e siècle. Ils déroulent le quotidien de petites gens, ouvriers et artisans, confrontés aux problèmes de pauvreté et de promiscuité, dont la vie est réglée par les valeurs traditionnelles de la famille, soumise aux lois du patriarcat.Lire la suite »