Les dents de lait, de Hélène Bukovski.

C’est un bien étrange récit que nous livre la jeune autrice allemande, Hélène Bukovski, dans son premier roman intitulé Les dents de lait et publié début 2021 chez Gallmeister. Le récit est relativement bref, le nombre des protagonistes limité et essentiellement féminin.
L’intrigue repose sur une grande simplicité et se déroule sur fond de dérèglement climatique. Une atmosphère envoûtante, une histoire prenante, imprégnée de poésie, une sorte de conte où cohabitent magie et réalisme : dans cette histoire, il tombe des mouettes mortes du ciel, les arbres fleurissent, mais ne donnent plus de fruits, les chats disparaissent…
Le récit peut s’inscrire dans la lignée des romans post-apocalyptiques – on pense par exemple à Dans la forêt de Jean Hegland (Gallmeister) ou encore Le mur Invisible de Marlen Haushofer (Actes-sud) ; mais la catastrophe passée ou à venir demeure floue, sans contours précis, les questions restent sans réponse. Une menace plane sur la région et cette menace pousse les habitants du coin à faire sauter le pont qui mène au monde extérieur.

«Et puis, il y a eu les animaux. Des oiseaux, parfois des cerfs et des sangliers. Ils étaient malades, ils s’égaraient et se retrouvaient ici. On savait qu’ils venaient de la mer, alors on a décidé de faire sauter le pont en béton. De couper le seul accès et de nous protéger définitivement de ce qui risquait d’arriver.»

Depuis, le climat s’est brusquement déréglé : après la brume et le froid , un soleil implacable, une chaleur insupportable se sont installés, faisant blanchir le pelage des animaux et fuir les oiseaux. La terre desséchée produit à grand peine les fruits dont, jadis, les hommes tiraient abondamment leur subsistance.

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Des libraires à l’honneur : Clotilde et Marion au Vrai Lieu, à Gradignan

La librairie « Espace livre » à Gradignan a changé de propriétaires l’été 2021 et est devenue « Le Vrai Lieu ». Ce sont deux jeunes femmes dynamiques, Clotilde Papinot et Marion Spaier qui ont repris avec leur énergie positive ce lieu que tous les Gradignanais souhaitaient conserver. Clotilde a accepté de répondre à mes questions, Marion n’étant pas présente ce jour là mais, comme elle le dit,  » Rien n’empêche que vous ne croisiez que l’une d’entre nous : nous sommes un binôme bien rôdé, rencontrer l’une, c’est rencontrer l’autre !« 

Comment vous êtes-vous connues ?

Clotilde, de la librairie Le Vrai Lieu, répond aux questions des Liseuses de Bordeaux
Marion de la librairie Le Vrai Lieu

Nous nous sommes rencontrées à la librairie Gallimard boulevard Raspail à Paris, où nous avions des postes importants. Nous formions un très bon binôme en littérature. Après les grèves et le confinement, on a trouvé que c’était le moment de partir et monter notre propre librairie. Nous avons vu l’annonce pour reprendre celle de Gradignan. Après une longue période de négociation, nous avons eu les clés fin juillet.

Pourquoi avoir choisi Gradignan ?

On cherchait à se rapprocher de nos familles (Marion vient de Charente et Clotilde des Landes). Côté confort de vie, Paris n’était plus vivable, et on avait besoin aussi d’un nouveau challenge. Nous sommes des femmes d’action !

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Le parfum des cendres, de Marie Mangez

C’est une drôle de rencontre : celle d’Alice, une jeune thésarde joyeuse et d’un thanatopracteur taciturne. Sylvain n’est pas un embaumeur normal. Il sent les morts. Cela peut paraître bizarre, mais il a le don de sentir des particules olfactives jaillies du néant. 

Le parfum des cendres, Marie Mangez, Finitude

«A leur contact la voix bourrue et sèche de l’embaumeur devenait enveloppante comme celle d’un conteur et Alice se laissait bercer, transporter par ce son grâce auquel, sous leurs yeux, les chairs figées reprenaient couleur et vie. »

Alice a grandi aux côtés d’une mère sourde dont elle était les oreilles. La musique est omniprésente dans sa vie, et elle en fait bénéficier (lors des trajets en camionnette) son maître de stage. Ah oui, j’ai oublié de vous dire qu’Alice écrit une thèse sur les thanatopracteurs. C’est donc dans ce but qu’elle accompagne Sylvain dans ses déplacements et le regarde travailler. On ne peut pas dire qu’il apprécie sa compagnie, ni ses commentaires ou ses questions. Alice est d’une nature spontanée. Elle a pour habitude de nouer facilement des relations par sa curiosité bienveillante et sincère. Elle ne s’impose pas.

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Nancy Huston présente «Arbre de l’oubli» dans le cadre de Lettres du Monde. Retour sur un moment intense.

Jeudi 25 novembre, grâce au festival Lettres du monde, nous avons eu la joie d’écouter Nancy Huston à la médiathèque du Bouscat. Elle présentait son roman Arbre de l’oubli sorti cette année chez Actes Sud. Nancy Huston parle très bien français. Canadienne de naissance, ayant vécu une partie de sa vie aux Etats-Unis, elle est arrivée en France à l’âge de 20 ans pour ses études (elle travaille alors sous la direction de Roland Barthes à l’Ecole des hautes études en sciences sociales) et écrit un mémoire sur les jurons, Dire et interdire, publié en 1980. Elle a reçu de nombreux prix dont : en 1996, le prix Goncourt des lycéens et le prix du livre Inter pour Instruments des ténèbres ; en 1998, le grand prix des lectrices de Elle pour L’Empreinte de l’ange ou en 2006 le prix Femina pour Lignes de faille. Elle est musicienne, et la musique est une source d’inspiration pour cette grande autrice.

Nombre de ses romans sont écrits dans sa langue maternelle mais elle s’est rendue compte que de traduire elle-même ses romans en français lui permettait d’améliorer la première version. Ce roman Arbre de l’oubli va suivre trois personnages en parallèle, à différentes époques. Peu de ces romans suivent l’ordre chronologique.

 « Dans la vie, on est obligés de vivre la vie en ordre chronologique, on n’a pas le choix. Quand on a le choix, autant inventer autre chose. »

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