Incandescences de Ron Rash

ron-rash-incandescences-liseuses-de-bordeauxImpossible pour moi de ne pas suivre assidûment la production littéraire de Ron Rash. Après les romans Le monde à l’endroit (2012) et Une terre d’ombre (2014) commentés sur ce blog, voici Incandescences, un recueil de nouvelles paru en mai dernier au Seuil et récompensé lors de sa sortie aux États-Unis (2010) par le prestigieux Frank O’Connor International Short Story Award.

De la Guerre de Sécession à nos jours, Ron Rash s’attarde sur le quotidien d’hommes et de femmes marqués par la misère et le manque. Manque d’argent, de nourriture, de drogue, en proie à des croyances et des superstitions, les (anti-)héros de ces nouvelles s’avèrent capables du pire pour sauvegarder le peu qu’il leur reste, profitant de la faiblesse des autres pour gagner en force et assurer leur survie.Lire la suite »

L’écorce qui s’écaillait dévoilait du bois couleur d’os…

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Une terre d’ombre est le dernier roman paru de Ron Rash, auteur américain, romancier et poète, originaire de Caroline du Sud.
Le titre renvoie non seulement à l’ombre tenace qui règne dans un petit vallon isolé du soleil par une haute falaise de granit, mais aussi à l’obscurantisme des habitants de la contrée qui entoure le vallon.
Nous sommes dans la chaîne des Blue Ridge dans les Appalaches, région montagneuse, isolée et grandiose.
Laurel et son frère Hank, récemment revenu de la guerre 14-18 en Europe où il a perdu une main, habitent la ferme construite par leurs parents, morts depuis, dans le vallon privé de soleil.Lire la suite »

L’aveuglement

José Saramago (Prix Nobel de Littérature 1998)

Points, 2000

« On ne voit bien qu’avec le coeur, l’essentiel est invisible pour les yeux » Saint-Exupéry

Dans une ville qui pourrait être n’importe quelle ville, un homme qui pourrait être n’importe quel homme devient aveugle, subitement, sans raison. Petit à petit, la cécité devient épidémie. De plus en plus de gens deviennent aveugles et sont campés dans un ancien asile, coupés du monde extérieur afin d’endiguer le fléau. Curieusement, une femme est épargnée par ce « mal blanc » et va servir de guide à un petit groupe d’hommes et de femmes.

A travers ses yeux, José Saramago déroule son récit apocalyptique, métaphore d’une humanité devenue aveugle parce qu’elle n’était plus capable de voir l’essentiel.Lire la suite »