La vérité est-elle toujours bonne à dire ?

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Catherine Millet ©AFP

Il y a foule pour la rencontre avec Catherine Millet chez Mollat, ce jeudi 13 février 2015. De nombreuses personnes appartiennent à la tranche d’âge de l’auteur mais je m’étonne de voir autant d’étudiants. L’un d’eux m’explique que le conférencier est leur professeur d’université : Jean-Michel Devésa.

L’auteur du livre La vie sexuelle de Catherine M. me surprend presque par sa simplicité. Légèrement distante, elle écoute tout autant les questions qui lui sont posées que les bruits de la rue. Cette distance, je la ressentais déjà en lisant ses récits autobiographiques, comme si elle n’était pas concernée mais devenait soudain un objet d’étude. Finalement, tout se recoupe et on reconnaît vite en elle la critique d’art et la femme libérée qui parle de masturbation comme d’autres parleraient de recette de gâteau. J’aime ça et c’est un peu pour cette raison que je suis venue. Elle est intéressante pour avoir osé parler de ses expériences sexuelles dans le détail, ou encore du sentiment de jalousie qui l’a dévoré pendant des années, dans Jours de souffrance.

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Quattrocento de Stephen Greenblatt

Très tôt, les hommes ont cherché à éviter la transgression. Quand celle-ci émerge, dès l’Antiquité, la répression agit. Les Romains n’acceptent pas Epicure et encore moins ses idées qui remettent en cause les dieux. Les chrétiens lui collent une image de débauché, de dépravé… Et ses idées tombent dans l’oubli au fond de vieux monastères où […]

Une enfance de rêve

Dans Une enfance  de rêve, Catherine Millet reconstitue avec précision le cadre dans lequel s’est déroulée son enfance dans les années cinquante, un milieu petit bourgeois de la Garenne Colombes. Le titre, volontairement ambigu, renvoie à la personnalité de la fillette qui traverse son enfance en observatrice du réel : « la vie dédoublée suppose non […]

Enquête et drame amoureux – La Garçonnière d’Hélène Grémillon

helene-gremillon

Argentine. Hiver 1987.
Peu de temps après la fin de la dictature militaire.
Lisandra, l’épouse du psychiatre Vittorio Puig est retrouvée morte en bas de chez elle. Est-elle tombée ? L’a-t-on poussée ? Qui l’a tuée ? Est-ce l’un des patients de Vittorio ? Ou le psychiatre lui-même ?
Eva Maria a beaucoup d’estime pour Vittorio qui la suit depuis trois ans. Elle veut l’aider, et, alors qu’il est arrêté, elle mène son enquête. Mais qui est vraiment Vittorio ? Quels étaient ses liens avec les services secrets de la junte militaire ?
Eva Maria est une des Mères de la place de mai. Elle a une santé mentale fragile depuis la disparition de sa fille. Son fils Estéban vit à côté d’elle sans qu’elle ne le voie. Les découvertes de cette femme vont-elles permettre de sauver son psychiatre ?
J’avais déjà beaucoup aimé Le confident d’Hélène Grémillon. De la même façon, j’ai été happée par cette histoire qui vient creuser dans les failles de l’âme humaine. Jusqu’aux dernières pages on ne sait pas qui est le meurtrier, on doute. A la limite du thriller c’est aussi une réflexion sur le couple et l’inquiétude du sentiment amoureux qui disparaît.

Isa G.
Photo ©Baltel-Sipa

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