Un peu de délicatesse …

La délicatesse de David Foenkinos, Gallimard, 2009

Il est dit dans le Sud-Ouest du 13 novembre 2011, que David Foenkinos est le grand perdant de cette rentrée littéraire dans la mesure où son dernier livre Les souvenirs donné favori pour le Goncourt sort bredouille de la grande foire aux prix…. Que celles et ceux qui n’ont pas encore découvert cet auteur se précipitent sur La délicatesse … vrai plaisir de lecture que ce livre dans lequel chacun, chacune peut se reconnaître. Une histoire d’amour pas banale dont je ne dévoilerai rien si ce n’est le ton léger et grave, drôle et …délicat…qui nous laisse une envie de courir pieds nus dans la rosée…. (enfin, vous verrez bien !)

Hélène

La solitude des nombres premiers

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Il s’agit du premier roman de l’auteur qui l’a écrit à 26 ans.

C’est l’histoire de deux solitudes. Leur rencontre peut être illustrée par une formule mathématique. Les nombres premiers ne sont divisibles que par 1 et eux-même. Certains possèdent un jumeau dont ils ne sont séparés que par un nombre pair.

Mattia, surdoué et génie de mathématique, est traumatisé par la disparition de sa soeur jumelle dont il se sent responsable.
Alice est anorexique , handicapée d’une jambe à la suite d’un accident de ski.
Ils se rencontrent au lycée. Aucun n’est intégré au groupe.
Ils se comprennent sans trop se parler, mais aucun d’entre eux n’arrive à mener une vie dite normale. Lui se plonge dans les maths, elle dans la photo et ils vivent ainsi dans le monde qu’ils se sont créé. La vie les éloigne l’un de l’autre, puis les fait se retrouver plus tard sans que rien n’ait vraiment changé.
Le climat de ce roman est noir et froid, mais les émotions passent quand même sans qu’on tombe jamais dans le mélo.

Marie-France

Solaire

Ian McEwan

Gallimard, 2011

Ian McEwan est un écrivain anglais, connu en France pour d’autres romans comme : Expiation, Délire d’amour, Samedi

Son univers romanesque est toujours un peu angoissant. Dans ses oeuvres, il s’interroge aussi sur les grands problèmes du monde moderne.

Quand on lit Solaire, on peut se demander s’il s’agit d’un roman sur le réchauffement climatique et les énergies propres. Ou bien si c’est un roman scientifique qui expose différentes théories de physique. L’ensemble est en effet très bien documenté, parfois même un peu ardu.
En fait, toutes ces questions servent de toile de fond aux aventures et mésaventures rocambolesques du personnage principal. Solaire est un roman comique qui met en scène MICHAEL BEARD, ancien Nobel de physique qui n’a plus rien fait depuis qu’il a obtenu le prix et vit sur sa réputation. C’est un homme vieillissant, chauve et corpulent, égocentrique, attaché à ses petites habitudes, hypocrite, cynique et opportuniste; la liste n’est pas close… Ce personnage peu sympathique est un horrible coureur de jupons et semble avoir a priori la faveur des femmes.
L’intrigue est cocasse : marié cinq fois, M  Beard a trompé toutes ses femmes, la cinquième le trompe de retour avec un maçon pas commode. Beard est nommé directeur d’un centre de recherches sur les énergies renouvelables.Lire la suite »

Les solidarités mystérieuses

A travers l’histoire de Claire, Pascal Quignard écrit un récit polyphonique sur l’amour et la solitude.

Tandis que dans Villa Amalia (2006) Juliette quittait tout pour recommencer une nouvelle vie, l’héroïne de ce récit, Claire, retourne à ses origines, dans ce lieu où elle a passé son enfance. Elle renoue avec son passé, son premier amour Simon et son frère, Paul.

Pour la première fois, Pascal Quignard décrit les relations liant un frère à sa sœur. Ce qui l’intéresse, ce sont les liens unissant ces deux êtres, liens anciens qui remontent à la plus tendre enfance. Solidarité mystérieuse est ce lien de fratrie unissant Paul et Claire, solidarité mystérieuse aussi, mais différente, qui lie Claire à son premier amour, Simon.

En choisissant de revenir sur les lieux de son enfance, Claire est comme happée par ces paysages, ces chemins qu’elle a arpentés enfant. Petit à petit, au fil du récit, elle se fond dans la lande, les rochers, la mer. Elle fait corps avec les éléments.

Encore une fois, le style de Pascal Quignard sublime ce récit magnifique. Dans la dernière partie du livre, l’auteur choisit de donner la parole à différents personnages, « voix sur la lande », voix murmurant l’histoire de Claire, la femme élément.

Marisa