Tahar Ben Jelloun – Journal indien

tahar-ben-jelloun1Cet article est paru le 17 février 2013 dans le journal italien La Repubblica. Sa traduction nous est ici proposée par Baptiste Chauveau. 

L’auteur Tahar Ben Jelloun retourne en Inde après vingt années. Il retrouve un pays encore en proie aux violences et aux injustices ‘‘mais qui cherche sa propre voie vers la modernité’’. Dans les notes de voyage que l’écrivain franco-marocain a rédigées  pour  La Repubblica, on découvre les milles contradictions de la plus grande des démocraties.

L’auteur
Tahar Ben Jelloun est né à Fez, au Maroc, en 1944 et vit à Paris depuis 1971. Il a enseigné la philosophie et la psychologie sociale. Parmi ses livres, Le racisme expliqué à ma fille.

Lost in Jaipur, notes éparses du nouveau monde. Vingt années se sont écoulées depuis mon premier voyage en Inde. J’arrivai alors en plein jour. À peine descendu de l’avion, je me souviens avoir éprouvé un choc physique : l’Inde a ses odeurs spécifiques qui accueillent le visiteur et le submergent immédiatement dans un authentique dépaysement. Odeurs d’épices, de parfums, air pollué, senteurs d’une humanité qui vit, se bat et ne s’arrête pas pour te regarder. La vie avec ses rythmes et son mouvement perpétuel. Une vie qu’on arrache avec les dents.Lire la suite »

La vie impossible d’Eduardo Berti

Actes Sud, 2003images

La vie impossible d’Eduardo Berti est un recueil de micro-fictions, ces récits courts allant d’une phrase à 3 pages maximum. Le superflu n’y a pas cité, l’écriture allant à l’essentiel. Genre plutôt récent, Eduardo Berti s’explique sur son goût pour les histoires courtes : « J’ai grandi en lisant des nouvelles. J’aime la forme courte depuis toujours. Et je n’aime pas qu’on considère que les nouvelles sont au roman ce que les court-métrages sont parfois aux long-métrages : un moyen d’apprentissage. Je sens que j’ai une tendance naturelle aux textes assez courts : en fait, mes romans ne sont pas très longs et, parfois, ils sont même composés de fragments ou de petits chapitres. »

Tantôt absurdes, tantôt fantastiques, toujours pleines d’imagination, les histoires racontées dans La vie impossible laissent au lecteur la possibilité d’en imaginer la genèse, ou la fin, c’est selon. Elles peuvent déconcerter ou faire sourire. A lire pour se faire surprendre.

Florence

No country for old men

cormacLe titre de ce post aurait pu être Non, ce pays n’est pas pour le vieil homme., comme le traduisent les Editions de l’Olivier, mais je trouve ce titre tellement mauvais que je préfère revenir à l’original.

Nous avions déjà discuté du célébrissime roman de McCarthy La route, couronné par le prix Pulizer en 2007, l’année même où sort l’adaptation de ce roman, No country for old men. Là encore, le regard porté sur la condition humaine est assez désespéré.

Alors qu’il chasse l’antilope à la frontière du Mexique, Llewelyn Moss voit aux jumelles des cadavres et des voitures abandonnés en plein désert. Les corps sont criblés de balles, un homme gît à l’agonie, une cargaison d’héroïne remplit un des coffres.  Plus loin, il découvre une serviette en cuir pleine de billets de cent dollars qu’il emporte.
S’ensuit alors une véritable chasse à l’homme. Des trafiquants de drogue, un tueur à gages, un shérif, un ancien officier des Forces spéciales, tous se mettent à la recherche de Moss, pour le protéger ou lui faire la peau.
C’est là que se révèle le talent de McCarthy.  Une écriture brute, sans fioritures. La justesse des dialogues. Ce brin de nostalgie, aussi, lorsque le vieux shérif, le viel homme du titre, se remémore l’Amérique de ses ancêtres. Et le personnage de Chigurh, le tueur à gages, sans conteste notre personnage préféré.

Marisa