Dans la brume électrique… allumez la lumière

burkeNew Iberia, Louisiane. Deux femmes sauvagement assassinés sont retrouvées, victimes d’un tueur en série. Dans un marécage, un corps momifié ressurgit, entravé par des chaînes. Dave Robicheaux, inspecteur de police, mène l’enquête.

Décrit de la sorte, le roman policier de James Lee Burke pourrait passer pour un polar « classique », mais il n’en est rien.
En choisissant la Louisiane du Sud comme décor, l’auteur nous plonge dans l’obscurité des bayous, marécages à la végétation luxuriante.
« Devant notre fenêtre de chambre, les pacaniers étaient immobiles et gris, trempés d’humidité sous la fausse aurore. Puis les premières rougeurs du soleil vinrent percer la cime des arbres du marais, telle une allumette phosphorée qu’on aurait frottée contre le ciel« .
L’oeil n’est pas le seul sens éprouvé dans ce récit. Avec beaucoup de finesse, James Lee Burke parvient à restituer jusqu’aux odeurs fétides dégagées par ces corps en décomposition, baignant dans des eaux saumâtres et stagnantes….
Lorsque l’inspecteur Robicheaux est victime d’hallucinations, des troupes de soldats confédérés morts depuis des lustres apparaissent dans ce décor, rendant l’atmosphère encore plus oppressante, encore plus fantomatique.
Mais je ne vous en dirai pas plus…
Un livre à lire de toute urgence, de préférence en plein jour.

Par Marisa

Goncourt

Le prix Goncourt 2013 a été attribué à l’écrivain Pierre Lemaitre pour son roman Au revoir là-haut paru chez Albin Michel.
Jusqu’ici connu pour ses romans policiers, Pierre Lemaitre choisit de mettre en lumière « un angle mort » de l’histoire de la Première Guerre mondiale : la démobilisation. A travers le destin de deux jeunes soldats rentrant du front, l’auteur décrit une société qui peine à intégrer ses vétérans.
A l’aube des commémorations de 14-18, l’écrivain dénonce la fureur commémorative qui habite la France, préférant dresser des monuments à la mémoire des morts plutôt que s’occuper de ses soldats vivants, ne sachant trop qu’en faire, comme s’ils étaient devenus trop encombrants.

Marisa

Canada de Richard Ford : deux Liseuses s’affrontent

canadaON N’AIME PAS

Canada de Richard Ford ou comment achever un pavé de 476 pages

Au départ, ce roman n’est qu’une nouvelle de 20 pages, écrite en 1989. Sans doute parce qu’il ne se sent pas prêt à l’écrire, Richard Ford la met de côté, dans une enveloppe.  Entre temps, d’autres romans prennent vie et le mènent au succès, notamment en 1996 où il remporte le prix Pulitzer de la Fiction et le PEN/Faulkner Award pour son roman Independance.Lire la suite »