L’appel de Fanny Wallendorf

L’appel de Fanny Wallendorf est un roman galvanisant, parfait pour débuter l’année avec vigueur et optimisme.

Dans les années 60, Richard Fosbury est un adolescent dégingandé et fantasque. Sportif, il s’entête à faire du saut en hauteur sa spécialité bien qu’il peine à franchir la barre en appliquant la technique du ciseau, seule homologuée par les autorités de l’époque. Au point que ses entraîneurs se félicitent quand le jeune Richard passe la barre par en-dessus… Mais Richard est mu par une force intérieure qui le pousse à s’améliorer. Instinctivement, au cours d’un meeting scolaire, il efface la barre en position dorsale, et non en ciseau. Stupéfaction et incompréhension s’en suivent.

L’appel n’est pas la biographie d’un homme qui a laissé une trace dans l’histoire du sport, même si les faits sportifs sont authentiques et bien documentés. Fanny Wallendorf décortique le processus créatif de Richard Fosbury. Malgré les interrogations et le rejet suscités par son premier saut en position dorsale, Richard s’obstine. Son corps ne peut pas passer la barre en ciseau. Il la passera autrement. Introverti, il puise en lui-même pour se comprendre, comprendre comment fonctionne son corps ; sportif, il s’entraîne avec régularité et persévérance. Il essaie. Il teste. Il ose. Parfois avec succès. Souvent, c’est un échec.

 Tout ce que je sais, poursuit Richard, c’est que j’ai toujours éprouvé un vrai plaisir à faire ce que je fais.

Humble et passionné, tel est le Richard Fosbury décrit par Fanny Wallendorf. Sincère, il évolue sans rivalités. Personnage hors de tout cadre, il se laisse porter par ses désirs et suit son instinct. C’est un rêveur travailleur qui se plonge dans un état méditatif pour avancer. L’appel, c’est la course qui précède le saut en hauteur. C’est aussi le temps qu’il faut à Richard pour visualiser son saut et ne faire qu’un avec les éléments, pour être appelé par le saut.

L’écriture de Fanny Wallendorf est sobre. Concise quand il s’agit de la vie quotidienne, elle devient poétique et analytique quand il est question de saut en hauteur. Elle rend attachant ce personnage décalé qui gagnera une médaille d’or aux Jeux olympiques de Mexico en 1968.

L’appel est un bon roman sur le dépassement de soi et l’accomplissement personnel, ainsi que sur la différence et le regard des autres. De quoi bien commencer l’année !

Florence, 25 janvier 2019

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